Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon en charge de l'ESS, répond aux questions de pro-bono.co et nous livre sa vision du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences).

C’est autour du projet de la Probono Factory, dont la première édition lyonnaise s’est tenue en 2018 sur le thème du « Bien manger et bien vieillir » que l’équipe du Lab rentre en contact avec Dounia Besson. Une collaboration qui ouvre de belles perspectives : Dounia Besson prévoit de lancer un plaidoyer sur la thématique du Bien manger au service du bien vieillir, et elle a bien l’intention de suivre la seconde édition de la Pro Bono Factory lyonnaise, qu’elle qualifie de « format original et dynamique, qui correspond bien aux besoins des porteurs de projets, mais aussi aux contraintes des personnes ressources, qui souhaitent de plus en plus s’engager de manière ponctuelle et souple, en dehors des canaux traditionnels ».

Elle répond aujourd’hui aux questions de pro-bono.co et nous livre sa vision du pro bono.

Quelle est votre mission, en tant qu’Adjointe au Maire de Lyon déléguée à l’ESS et en tant que Vice-Présidente du RTES ?

Ma délégation regroupe le développement durable et l’économie sociale et solidaire. Elle embrasse les questions de commande publique responsable, de jardins partagés… Sur le Développement Durable, je suis comme une cheffe d’orchestre d’un ensemble d’actions qui concernent tous les services municipaux, pour rendre la ville plus verte, plus apaisée, plus résiliente et plus solidaire. Sur l’ESS, j’ai fait adopter une délibération-cadre en début de mandat qui définit notre politique de promotion de l’entreprendre autrement, et de soutien aux structures de l’ESS : chaire ESS de l’université Lyon 2, CRESS AURA, incubateurs d’innovation sociale, CAE, etc. La politique que je coordonne se focalise sur la consommation responsable, avec en particulier l’alimentation durable : démocratiser le bio, l’équitable, le local, les circuits-courts… Notre principal étendard est le label municipal qualitatif « Lyon, Ville Equitable et Durable », un club qui regroupe déjà 250 structures emblématiques de notre territoire.

Je suis également vice-présidente du RTES, le réseau national des collectivités engagées pour l’ESS, dans lequel je travaille en particulier sur le lien entre ESS et Politique de la Ville.

Quelle est votre vision du pro bono, de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) en tant qu’élue ? 

J’échange au quotidien avec des structures de l’ESS qui sont dans des périodes de mutation, qui répondent à des problématiques nouvelles, doivent changer d’échelle ou de modèle économique, et qui n’ont pas forcément en interne l’expertise nécessaire, ou les outils adéquats. Les collectivités locales ne peuvent pas répondre à toutes les demandes, tout subventionner, tout solutionner. Non seulement nous n’en avons pas les moyens, mais surtout, ce n’est pas notre rôle. De nouveaux modèles sont à inventer, d’autant plus que les entreprises privées traditionnelles sont également en train de bouger, avec la montée en puissance de la RSE. L’important, c’est que l’identité de chacun soit respectée, et les collectivités locales ont un rôle à jouer pour faciliter de nouveaux partenariats.

Sur quoi souhaiteriez-vous et comment pourriez-vous agir pour promouvoir et développer cette pratique ?

Des coopérations sont à étudier ensemble avec le réseau de nos 250 labellisés « Lyon, Ville Equitable et Durable », dont certains ont déjà bénéficié du dispositif. Par ailleurs, des agents de notre collectivité ont également des compétences mobilisables en soutien à des projets d’innovation sociale.

Je pense que nous avons à travailler tous ensemble à la valorisation des expériences les plus réussies, les coopérations gagnant-gagnant sur notre territoire. Ce qui ne signifie pas qu’il faille occulter les difficultés.

▷ Source : pro-bono.co, février 2018.
▷ Auteur : Elsa Chaucesse, responsable de la communication et des RP de Pro Bono Lab & responsable du projet pro-bono.co

Les collectivités locales ne peuvent pas répondre à toutes les demandes, tout subventionner, tout solutionner. Non seulement nous n’en avons pas les moyens, mais surtout, ce n’est pas notre rôle. De nouveaux modèles sont à inventer.

Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l'ESS