Ils font le pro bono - Bertrand, Les Petites Cantines

« S’il n’y avait pas eu cette journée [pro bono], s’il n’y avait pas eu ces participants pour cadrer le projet et aller jusqu’à son terme, je pense qu’on n’y serait pas arrivés tout seuls. »

 

> Pour en savoir plus sur Les Petites Cantines et l’action de Bertrand au quotidien. 


Le Beese project, ou comment réduire le chômage des jeunes en Europe par le pro bono

Réduire le chômage des jeunes en Europe ? Recréer du lien entre les mondes académiques, privés et publics ? Ce sont les objectifs du programme européen Beese, lancé en septembre 2018 et soutenu par Erasmus +.

Un programme lancé dans 5 pays européens

Le 20 avril 2019, 9 étudiants bulgares se rassemblaient autour des ONG Générations Together, Factory for Ideas et Alzheimer Bulgaria Association pour améliorer leurs communication et marketing digital. Ils étaient entourés de 3 professionnels du secteur de la communication.

Le 24 avril, à Porto cette fois-ci, ce sont une dizaine d’étudiants, un avocat du cabinet Vieira de Almeida & Associados et deux enseignants d’une école de droit qui se sont regroupés pour travailler sur les problématiques économique et juridique de l’association Mundo a Sorrir.

Le 27 avril, à Paris, même expérience, rassemblant des étudiants de Sciences Po et des professionnels autour des associations EIAPIC et Plastic Odyssey.

Etudier, s’engager pour le bien public et côtoyer des professionnels, tout ça en même temps, est-ce donc possible ? C’est en tout cas le pari que fait le consortium – constitué de 5 universités, une association d’étudiants et 4 intermédiaires du pro bono (membres du Global Pro Bono Network) –  à la source du Beese project (Boosting Employability and Empowering Social Commitment through Pro Bono). Développé à l’échelle européenne, et soutenu par Erasmus +, ce programme se déploie dans 5 pays : la Bulgarie, la Hongrie, la France, l’Espagne et le Portugal.

L’objectif ? Utiliser le pro bono pour remédier au chômage des jeunes européens tout en leur donnant les moyens de s’engager pour le bien public.

Remédier au chômage par le pro bono, mais pas que

Selon Eurostat, en décembre 2018, le taux de chômage au sein de l’Union Européenne était de 6,6%. Ce chiffre est multiplié par deux chez les jeunes. Parallèlement, les organisations à finalité sociale ne font pas le poids dans la “course aux talents” menée actuellement : elles n’ont pas assez de ressources pour être compétitives face à des sociétés privées de plus en plus soucieuses du bien-être de leurs collaborateurs.

Pour remédier à cela, le Beese project propose aux étudiants de mettre leurs compétences au service d’organisations à finalité sociale lors de missions pro bono encadrées par des professionnels. Et l’impact est multiple. Pour les étudiants, qui consolident leurs compétences, en développent de nouvelles, et se créent un réseau, renforçant ainsi leur employabilité… et leur engagement – celui-ci est d’ailleurs reconnu puisque les missions réalisées sont traduites en crédit ECTS. Pour les structures à finalité sociale, qui ont accès à des compétences et des services en pro bono, gratuitement. Et pour les professionnels, qui peuvent mettre du sens dans leur travail et améliorer l’image (et l’attractivité) de leur société auprès de futurs jeunes talents.

Dans une société de plus en plus fragmentée, n’oublions pas l’un des enjeux essentiels de cette démarche : la création de lien social entre différentes tranches de la population.

L’objectif : que tous puissent s’emparer du sujet

Après une phase de recherche sur les motivations des étudiants qui voudraient s’engager au pro bono, lancée en septembre 2018, l’expérimentation est en pleine phase pilote : plusieurs programmes, et différentes méthodologies, sont développés dans chacun des établissements d’enseignement supérieur impliqués en Bulgarie, Hongrie, France, Espagne et Portugal.

Au terme de ce programme, en juillet 2021, des guides seront diffusés en open source à tous les établissements d’enseignement supérieur en Europe. Tous pourront ainsi, à leur tour, mettre en place des programmes de la sorte.

« Dans un monde aussi mouvant qu’aujourd’hui, le pro bono apparaît comme une évidence pour mettre ses connaissances théoriques en pratique et développer les compétences transversales qui permettront de s’adapter au monde de demain. D’ailleurs, certaines écoles l’ont très vite intégré à leur cursus en développant leur propre tissus associatif étudiant mais cela reste encore trop peu diffusé et valorisé. Je suis ravie que nous puissions mener cette expérimentation au niveau européen. » Marine Pichon, Responsable des Programmes et de l’Evaluation d’Impact, Pro Bono Lab.

▷ Source : pro-bono.co, mai 2018.
▷ Auteurs : Elsa Chaucesse, responsable communication et RP chez Pro Bono Lab

"Dans un monde aussi mouvant qu’aujourd’hui, le pro bono apparaît comme une évidence pour mettre ses connaissances théoriques en pratique et développer les compétences transversales qui permettront de s’adapter au monde de demain."

Marine Pichon, Responsable des Programmes et de l’Evaluation d’Impact, Pro Bono Lab


Mettons toutes les compétences des entreprises mécènes au service de la reconstruction de Notre-Dame de Paris et de l’intérêt général

Mettons toutes les compétences des entreprises mécènes au service de la reconstruction de Notre-Dame de Paris et de l’intérêt général.

Après le drame de la destruction partielle de Notre-Dame de Paris, dès aujourd’hui la générosité s’organise pour penser sa reconstruction. De nombreux individus et de nombreuses entreprises ont d’ores et déjà manifesté leur intention de s’engager dans ce vaste chantier collectif, pour la réhabilitation d’un bien public inestimable.

Parmi ces entreprises, Pro Bono Lab salue les initiatives de ses partenaires entreprises dont celle de Vinci, qui a proposé une union de toutes les entreprises du BTP par le mécénat de compétences :  » cette opération de mécénat de compétences, menée par une profession toute entière, pourrait s’organiser sous l’égide de la Fondation du patrimoine et permettrait d’engager sa reconstruction dans les plus brefs délais, afin que Paris retrouve sa cathédrale ». Souhaitons que les entreprises qui pratiquent l’engagement par le partage de compétences et plus globalement toutes les entreprises mécènes en France s’y engagent massivement et collectivement pour mettre toutes leurs compétences, en pro bono, au service de ce bien public.

Admical – qui porte le développement de la pratique du mécénat des entreprises et des entrepreneurs – et Pro Bono Lab, qui porte en France le développement de la pratique de l’engagement pro bono, par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) – associent leurs voix et encouragent l’ensemble de leurs partenaires/membres « entreprises et institutions » à rejoindre ce mouvement de solidarité.

« Admical et Pro Bono Lab sensibiliseront, accompagneront et favoriseront l’action de toutes les entreprises qui souhaiteront s’engager en pro bono à travers l’animation d’un groupe de partenaires dédié afin que cet élan de solidarité se pérennise à d’autres patrimoines en danger, et surtout à toutes les causes d’intérêt général. Cette catastrophe doit être un déclencheur d’engagement des entreprises au-delà de Notre-Dame de Paris, via le mécénat et le pro bono, pour organiser très rapidement des mouvements de générosité face à ce type de drames nationaux. » Sylvaine Parriaux, Déléguée Générale d’Admical et Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab.

 

Ils s’engagent par le partage de compétences pour Notre-Dame de Paris : 

Air France, Altrad, Bouygues Construction, Campanistes de Laumaillé-Lussault, Charlois, Conseil National de l’Ordre des Architectes, Groupe Duval, EDF, Hegelmann France, LVMH, Orange, L’Oréal, Saint-Gobain, Société Générale, Syntec Numérique, Vinci, Verspieren…

▷ Source : pro-bono.co, février 2018.
▷ Auteur : pro-bono.co


Dossier Jurisassociations "Intérêt Général : un concept en mutation ?"

Le numéro 595 de Jurisassociations nous propose un dossier "Intérêt Général : un concept en mutation ?", coordonné par Charles-Benoît Heidsieck, co-fondateur du RAMEAU. Découvrez sa tribune de conclusion.

Lorsque nous avons collectivement lancé la réflexion sur les mutations de l’intérêt général en 2014 sur l’invitation d’Hubert Allier, le diagnostic était déjà posé : la crise financière avait entraîné une crise économique mondiale, aux conséquences sociales lourdes ayant engendré un début de crise politique… qui risquait de se transformer en une crise de confiance profonde pouvant remettre en cause les fondements mêmes de nos démocraties. Cinq ans après, toutes nos prévisions se sont malheureusement révélées exactes. Nous aurions aimé nous tromper, mais l’aveuglement face à l’ampleur de la transformation à engager a eu les résultats prévisibles que nous avions anticipés.

Nous ne pouvons plus fermer les yeux, voire pire : vouloir accélérer alors que nous nous rapprochons dangereusement du mur et que nous n’avons pas sérieusement investigué les moyens de l’éviter. Un seul moyen : prendre le temps parce que, justement, nous n’en avons plus ! En France, nous ne manquons ni d’idées, ni de projets, ni de talents, ni même de moyens pour agir. Alors, pourquoi cette situation ? Tout simplement parce que nous ne nous faisons pas confiance. Nous ne savons pas voir et encore moins apprécier la force de notre collectif. Ce manque de confiance s’est traduit par une perte de sens, non seulement de nos valeurs communes – au premier rang desquelles la fraternité –, mais plus encore d’un cap commun à partager.

Alors, comment (re)créer la confiance ? Il suffit de « prendre soin » de soi, des autres et du monde en s’assurant d’une réelle cohérence entre les trois. En anglais, prendre soin se traduit par care. Ces quatre lettres ouvrent un chemin pertinent : pour être en confiance, il faut accepter l’Altérité. Pour croire en cette dernière, il faut Respecter les différences, voire les aimer car elles sont source de richesses. Pour atteindre cette sagesse, il faut savoir Écouter. Certes, mais qui écouter ?

Notre postulat collectif repose sur une erreur : la fragilité n’est pas une faiblesse, mais une force collective ! Nous pensons, souvent dans un élan de générosité, qu’il convient d’aider les plus fragiles, qu’il s’agisse des personnes ou des territoires.
Nous nous trompons : en fait, ce sont eux qui nous aident à voir l’essentiel, l’essence même de notre capacité à « faire société ». Nous devons les écouter attentivement. Il ne faut pas seulement agir par empathie et bienveillance, mais aussi par souci de pertinence. La fragilité invite au bon sens. Elle oblige à développer une intelligence de la frugalité et de la solidarité, la vraie : celle qui partage et non celle qui donne. Le lien redevient alors une évidence pour agir, voire réagir. Le lien commun prime alors sur le bien commun, replaçant l’homme au cœur de la relation, quelle que soit sa fragilité.

C’est bien parce que nous sommes fragiles que nous avons besoin des autres, et c’est bien parce que nous avons besoin des autres que nous pouvons faire humanité. Collectivement, nous pouvons réussir ce qui est impossible pour chacun d’entre nous. L’histoire nous l’a montré à de nombreuses reprises : il suffit parfois de la détermination de quelques-uns pour que s’invente un monde meilleur pour tous. Sachons donc nous mettre collectivement à l’écoute des plus fragiles d’entre nous. N’ayons pas peur : ils nous montreront des chemins que nous ignorons encore mais qu’eux ont déjà compris et, ensemble, nous réussirons à relever les défis de ce début de XXIe siècle.

Après 12 ans de recherche empirique sur la co-construction du bien commun, ce chemin n’est pas une utopie mais un parcours apprenant que nombre de territoires et d’organisations ont tenté. Personne n’est encore au bout du chemin et il serait faux de faire croire que toutes les preuves sont déjà là. Pourtant, les phases déjà achevées nous prouvent que la dynamique est déjà à l’œuvre et que les « preuves de concept » ne demandent qu’à être étayées, enrichies et partagées. Sachons les voir, les écouter et les reconnaître, surtout lorsqu’elles proviennent de l’engagement de ceux dont la fragilité fait la force.

L’enfer, c’est d’avoir perdu l’espoir. Alors, partageons ce qui peut nous en donner. Ce dossier regorge de « pousses d’espoir ». Face à ces germes d’une capacité collective à transformer nos défis d’aujourd’hui en force collective pour demain, nous n’avons qu’un pas à faire : celui du « pari de la confiance » !

Contenu du dossier « Intérêt Général : un concept en mutation » extrait de Jurisassociations n°595 du 15 mars 2019.

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▷ Source : Juris Associations 595, Dossier Intérêt général : un concept en mutation, 15 mars 2018.
▷ Auteur : Charles-Benoît Heidsieck, président-fondateur du RAMEAU.

Nous pensons, souvent dans un élan de générosité, qu’il convient d’aider les plus fragiles, qu’il s’agisse des personnes ou des territoires.
Nous nous trompons : en fait, ce sont eux qui nous aident à voir l’essentiel, l’essence même de notre capacité à « faire société ».

Charles-Benoît Heidsiek, président-fondateur du RAMEAU


Dounia Besson répond aux questions de Pro Bono Lab pour pro-bono.Co et nous livre sa version du pro bono, de l'engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences)

3 questions à Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l'ESS

Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon en charge de l'ESS, répond aux questions de pro-bono.co et nous livre sa vision du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences).

C’est autour du projet de la Probono Factory, dont la première édition lyonnaise s’est tenue en 2018 sur le thème du « Bien manger et bien vieillir » que l’équipe du Lab rentre en contact avec Dounia Besson. Une collaboration qui ouvre de belles perspectives : Dounia Besson prévoit de lancer un plaidoyer sur la thématique du Bien manger au service du bien vieillir, et elle a bien l’intention de suivre la seconde édition de la Pro Bono Factory lyonnaise, qu’elle qualifie de « format original et dynamique, qui correspond bien aux besoins des porteurs de projets, mais aussi aux contraintes des personnes ressources, qui souhaitent de plus en plus s’engager de manière ponctuelle et souple, en dehors des canaux traditionnels ».

Elle répond aujourd’hui aux questions de pro-bono.co et nous livre sa vision du pro bono.

Quelle est votre mission, en tant qu’Adjointe au Maire de Lyon déléguée à l’ESS et en tant que Vice-Présidente du RTES ?

Ma délégation regroupe le développement durable et l’économie sociale et solidaire. Elle embrasse les questions de commande publique responsable, de jardins partagés… Sur le Développement Durable, je suis comme une cheffe d’orchestre d’un ensemble d’actions qui concernent tous les services municipaux, pour rendre la ville plus verte, plus apaisée, plus résiliente et plus solidaire. Sur l’ESS, j’ai fait adopter une délibération-cadre en début de mandat qui définit notre politique de promotion de l’entreprendre autrement, et de soutien aux structures de l’ESS : chaire ESS de l’université Lyon 2, CRESS AURA, incubateurs d’innovation sociale, CAE, etc. La politique que je coordonne se focalise sur la consommation responsable, avec en particulier l’alimentation durable : démocratiser le bio, l’équitable, le local, les circuits-courts… Notre principal étendard est le label municipal qualitatif « Lyon, Ville Equitable et Durable », un club qui regroupe déjà 250 structures emblématiques de notre territoire.

Je suis également vice-présidente du RTES, le réseau national des collectivités engagées pour l’ESS, dans lequel je travaille en particulier sur le lien entre ESS et Politique de la Ville.

Quelle est votre vision du pro bono, de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) en tant qu’élue ? 

J’échange au quotidien avec des structures de l’ESS qui sont dans des périodes de mutation, qui répondent à des problématiques nouvelles, doivent changer d’échelle ou de modèle économique, et qui n’ont pas forcément en interne l’expertise nécessaire, ou les outils adéquats. Les collectivités locales ne peuvent pas répondre à toutes les demandes, tout subventionner, tout solutionner. Non seulement nous n’en avons pas les moyens, mais surtout, ce n’est pas notre rôle. De nouveaux modèles sont à inventer, d’autant plus que les entreprises privées traditionnelles sont également en train de bouger, avec la montée en puissance de la RSE. L’important, c’est que l’identité de chacun soit respectée, et les collectivités locales ont un rôle à jouer pour faciliter de nouveaux partenariats.

Sur quoi souhaiteriez-vous et comment pourriez-vous agir pour promouvoir et développer cette pratique ?

Des coopérations sont à étudier ensemble avec le réseau de nos 250 labellisés « Lyon, Ville Equitable et Durable », dont certains ont déjà bénéficié du dispositif. Par ailleurs, des agents de notre collectivité ont également des compétences mobilisables en soutien à des projets d’innovation sociale.

Je pense que nous avons à travailler tous ensemble à la valorisation des expériences les plus réussies, les coopérations gagnant-gagnant sur notre territoire. Ce qui ne signifie pas qu’il faille occulter les difficultés.

▷ Source : pro-bono.co, février 2018.
▷ Auteur : Elsa Chaucesse, responsable de la communication et des RP de Pro Bono Lab & responsable du projet pro-bono.co

Les collectivités locales ne peuvent pas répondre à toutes les demandes, tout subventionner, tout solutionner. Non seulement nous n’en avons pas les moyens, mais surtout, ce n’est pas notre rôle. De nouveaux modèles sont à inventer.

Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l'ESS


Le pro bono vu par Véronique d'Estaintot de l'association Parents et Talents

Dans le cadre du Panorama du pro bono*, Véronique d'Estaintot, co-fondatrice de l'association Parents et Talents, nous livre sa vision et son expérience du pro bono.

Pouvez-vous nous présenter l’association Parents et Talents ?

Notre association existe depuis 2016 et propose des ateliers pour les parents, en entreprise et dans les collectivités. Notre objectif est d’aider les parents à devenir plus acteurs de leur équilibre de vie en développant une relation parent-enfant de qualité. Quand cette relation se passe bien c’est énergisant, quand elle se passe mal ça rejaillit sur la vie, le travail. Les thèmes proposés concernent les moments-clés et les problématiques de la vie de parent. Les ateliers sont proposés par l’entreprise, ce qui permet de montrer qu’elle voit aussi ses employés en tant que parents. Nous organisons également des conférences.

Quelle est votre vision du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences) ?

C’est un concept vraiment intéressant et puissant pour remettre à plat les problématiques, les choix, et progresser dans l’activité. Les missions apportent un éclairage nouveau sur des questions stratégiques et pratiques, avec des recommandations opérationnelles nous permettant de choisir des orientations et d’avancer concrètement ensuite. Elles nous ont permis de structurer notre discours, de valider notre vision et nos objectifs et de répondre à nos besoins au fil du temps. Les livrables restent longtemps pertinents et exploitables, nous les ressortons souvent. Peut-être qu’au niveau de la mise en œuvre, les associations auraient besoin d’un plan d’action séquentiel pour les aider ou d’un groupe rattaché à la structure d’accompagnement pour prendre le relais. Mais ce qui est sûr, c’est que d’une mission à l’autre, on mesure le chemin parcouru.

Quel est votre besoin actuel en termes de compétences et d’accompagnement ?

En ce moment on a besoin d’aide en marketing et en changement d’échelle. On aimerait un accompagnement sur du plus long terme, une mission de 6 mois par exemple, avec des points d’avancement réguliers. Certaines structures proposent des accompagnements bénévoles dans la durée, mais nous ne correspondons pas à leurs critères. Le bénévolat et le mécénat de compétences nous ont aidés, apportant des compétences complémentaires aux nôtres ; cependant, le format qui associe étudiants et salariés pourrait être amélioré car les étudiants manquent parfois d’expérience. Peut-être serait-il intéressant qu’ils puissent accompagner la mise en œuvre de certaines recommandations en effectuant des tâches concrètes relevant de leurs compétences ?

Quelle est votre perception des rapports entre entreprises et ESS (économie sociale et solidaire) ?

On perçoit parfois, dans les entreprises, un questionnement sur le sérieux des projets associatifs. J’ai constaté que, pour certains salariés, la rencontre avec une association est une vraie découverte, une immersion dans un univers inconnu. Les participants sont étonnés de ce qu’ils découvrent, ça leur apporte une certaine fraîcheur. Ils réalisent que les compétences développées dans le cadre professionnel peuvent être mises au service de projets porteurs de sens, avec un enjeu de société. Les participants semblent heureux de mettre leur professionnalisme au service de projets d’intérêt général et sont parfois impressionnés par la qualité du travail accompli par l’association. La démarche du pro bono permet aux entreprises de fédérer en interne leurs équipes et c’est super de voir qu’elle se développe en région. Il y a un vrai potentiel et il faut convaincre les gens, même si c’est encore difficile pour les TPE-PME à mettre en place.

 

* L’étude de référence sur l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) réalisée une seconde fois par Pro Bono Lab avec le soutien de la Fondation Deloitte, la Fondation Société Générale, la Fondation Schneider Electric, la Fondation Groupe ADP, et en partenariat avec Le RAMEAU, Admical et l’Ifop

 

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▷ Source : Panorama du pro bono, avril 2019.
▷ Auteurs : Tatiana Heinz, responsable de la recherche et des partenariats internationaux de Pro Bono Lab.

Pour certains salariés, la rencontre avec une association est une vraie découverte, une immersion dans un univers inconnu [...] Ils réalisent que les compétences développées dans le cadre professionnel peuvent être mises au service de projets porteurs de sens, avec un enjeu de société [...] et sont parfois impressionnés par la qualité du travail accompli par l’association.

Véronique d'Estaintot, co-fondatrice de Parents et Talents


Dieynaba Sall nommée Directrice des Opérations et de l'Accompagnement de Pro Bono Lab

D’abord chargée, puis responsable Conseil et Formation de Pro Bono Lab depuis début 2018, Dieynaba Sall est officiellement devenue Directrice des Opérations et de l’Accompagnement de Pro Bono Lab. Sarah Belkattal (anciennement chez Bolloré) prend sa suite, Louise Block (en provenance de la Ruche) intègre également l'équipe.

En 2018, suite à l’arrivée de Céline Laurichesse à sa présidence, puis de Sylvain Reymond, nommé au poste de Directeur Général, Pro Bono Lab a redéfini l’ensemble de ses fondamentaux stratégiques. Spécialiste de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) partout en France comme dans 30 autres pays du monde via le Global Pro Bono Network, Pro Bono Lab a choisi de se projeter à travers une nouvelle vision : « Toute compétence est un bien public. » et incarnée par le Manifeste www.toutecompetenceestunbienpublic.org.

L’occasion pour l’association de réaffirmer son rôle d’opérateur social et de porter au coeur de son activité une ambition : que chaque structure à finalité sociale ait accès aux compétences dont elle a besoin pour se développer durablement et générer le plus vaste impact social. Pour cela, l’association crée la Direction des Opérations et de l’Accompagnement, dont Dieynaba Sall prend la tête, en avril 2019.

Elle sera épaulée par Sarah Belkattal, anciennement Chargée de projet mécénat au sein du Groupe Bolloré – également passée par l’Adie et Positive Planète – qui prend sa suite en tant que Responsable Conseil et Formation. Louise Block, arrivée en mars dernier en provenance de la Ruche, complète l’équipe en tant que Chargée de « Conseil et Formation » du Lab. A travers cette activité, Pro Bono Lab accompagne les entreprises et institutions dans la conception stratégique et mise en oeuvre de leurs politiques d’engagement par le partage de compétences. Dieynaba Sall dirigera une équipe de 10 personnes au niveau national et sera rattachée au Directeur Général de Pro Bono Lab.


Qui est Dieynaba Sall ? 

Diplômée d’un Master en Diplomatie et Négociations Stratégiques et d’une Licence en Droit/Langues approfondies, Dieynaba appréhende pour la première fois le mécénat sous toutes ses formes au sein de l’agence Hopening dans laquelle elle sera assistante chef de projet. Elle contribuera à la mise en place concrète de campagnes de communication et de fundraising (mécénat d’entreprise et grands donateurs notamment). En 2017, elle intégre le réseau Les Entreprises pour la Cité en tant que chargée de projets « mécénat et investissements citoyens ». Elle y accompagnera les entreprises du réseau dans la conception stratégique et mise en œuvre de politiques de mécénat, d’investissements citoyens/RSE.

En février 2018, Dieynaba rejoint l’équipe de Pro Bono Lab en tant que Chargée de développement et partenariats internationaux, pour accompagner le déploiement de la nouvelle stratégie du Lab. Elle sera progressivement impliquée sur les missions de conseil stratégiques et opérationnelles et formations sur l’engagement par le partage de compétences et devient Responsable de l’offre en octobre.


« Pro Bono Lab à travers sa Direction des Opérations et de l’Accompagnement replace son rôle d’opérateur social au centre de chacune des actions et l’impact social au coeur du modèle. Le rôle de cette Direction sera de renforcer l’accompagnement des communautés qui font le Lab sur l’ensemble de nos territoires d’ancrage : structures à finalité sociale et volontaires engagés, et d’imaginer avec nos partenaires des programmes d’envergure et à forte valeur pour engager toutes les parties prenantes du pro bono. »
Dieynaba Sall – Directrice des opérations et de l’accompagnement de Pro Bono Lab.

« Au-delà de son rôle institutionnel et de sa vocation de « laboratoire du bien public », Pro Bono Lab est d’abord un opérateur social. Nous accompagnons les entreprises/institutions dans l’élaboration et la mise en oeuvre de programmes d’engagement par le partage des compétences autant que les structures à finalité sociale dans leur développement via nos Grands Programmes. C’est cette mission première qui sera désormais orchestrée, portée et incarnée par Dieynaba et son équipe. La Direction des Opérations et de l’Accompagnement qui lui est confiée constitue le coeur du nouveau projet du Lab. »
Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab.

▷ Source : Pro Bono Lab, février 2018.
▷ Auteur : Nina Danet, chargée des relations presse et des relations publiques de Pro Bono Lab

Pro Bono Lab, à travers sa Direction des Opérations et de l'Accompagnement, replace son rôle d'opérateur social au centre de chacune des actions et l'impact social au coeur du modèle.

Dieynaba Sall, Directrice des Opérations et de l'Accompagnement


Le pro bono au sein de la Fondation Deloitte : entretien avec Guilène Bertin-Perri et Cyrielle Sénéchal-Chevallier

Dans le cadre du Panorama du pro bono*, Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte & Cyrielle Sénéchal-Chevallier, consultante et responsable du pro bono au sein de la Fondation Deloitte, nous livrent leur vision du pro bono.

En quoi l’engagement par le partage de compétences est-il un sujet essentiel pour la Fondation Deloitte ?

Il y a presque 20 ans, c’est pour répondre à l’envie exprimée par certains collaborateurs de s’engager que Deloitte lance ses premières actions de mobilisation. Dès le départ, Deloitte choisit d’agréger les compétences de ses collaborateurs sur les programmes qu’il opère directement, autour de projets d’éducation, puis autour de l’entrepreneuriat social. Le contact direct entre collaborateurs et bénéficiaires fait, encore aujourd’hui, toute la spécificité du modèle d’engagement proposé par la Fondation Deloitte, pleinement opératrice, à ses salariés.

La priorité depuis toujours, c’est ainsi l’accompagnement direct et l’impact social généré. Pour ce faire, bien au-delà de la question du financement, c’est toute la culture et les métiers de Deloitte qui sont mis au service des projets : cartographier les besoins, les définir, identifier les personnes et leurs compétences et mettre le collaborateur en posture d’accompagnateur. Tout cela est dans nos gènes. Sur notre axe éducation, le parrainage des élèves et le recours aux soft skills des collaborateurs deviennent la norme. Sur l’axe entrepreneuriat social, des missions pro bono et la transmission de compétences métiers permettent de booster des projets vraiment innovants.

Naturellement et progressivement, ces actions permettent à notre entreprise de s’ouvrir sur l’extérieur et d’avoir un rôle clef au cœur de ses écosystèmes d’ancrage. Les motivations des collaborateurs : être plus utiles, donner du sens à leurs compétences, à leurs métiers. Ces actions, même si ce n’est pas leur vocation première, contribuent pleinement au développement et à l’épanouissement des ressources humaines du groupe.

Décrivez-nous le programme d’actions de mobilisation des collaborateurs mis en place par l’entreprise.

Au fil du temps, c’est tout un parcours d’engagement que la Fondation Deloitte a mis en place et consolidé afin de répondre à toutes les envies d’engagement. A ce jour, ce parcours permet de mobiliser près de 3 500 collaborateurs par an et représentent près de 24 000 heures d’action au bénéfice de 14 000 bénéficiaires :

  • L’Impact Day qui mobilise chaque année et en moyenne 500 salariés du groupe (nouveaux entrants) et associés dans le cadre d’une opération d’intégration solidaire d’un jour. Ces collaborateurs mettent ainsi leurs premiers instants au sein du Cabinet au service de causes telles que le handicap ou l’exclusion, en compagnie de lycéens des établissements partenaires de la Fondation ;
  • Des accompagnements « à la carte » et différents parcours d’engagements en mécénat de compétences, selon les besoins du projet, individuels ou par équipes, dans la durée ou ponctuelles destinés à des entrepreneurs sociaux et associations ;
  • Des actions de mobilisations menées dans le cadre de programmes internationaux tels que World Class pour l’Education dans le Monde. Dans ce cadre les collaborateurs Deloitte de différents pays mettent leurs compétences au service de cette cause ;
  • Des actions de mobilisation directes à La Défense les samedis : les collaborateurs du groupe prodiguent directement des cours de soutien scolaire aux élèves de terminale du lycée Braque d’Argenteuil. Deloitte ouvre ainsi régulièrement ses locaux et accueille régulièrement les jeunes, ce qui leur permet de s’approprier le monde de l’entreprise.

Et demain ? Quelles nouvelles logiques de mobilisation par le partage de compétences selon vous ?

Nous croyons en l’idée que l’entreprise est un écosystème propice au développement de projets à très fort impact social et que notre rôle sera d’animer encore cet écosystème. C’est pour cela que nous continuons et continuerons à perfectionner le parcours d’accompagnement pro bono que nous proposons et à l’optimiser en définissant des formats très complémentaires, adaptés à toutes les aspirations à l’engagement. C’est aussi pour cela que nous misons sur l’idée de faire entrer les porteurs de projets et les bénéficiaires au cœur même de l’entreprise ; nous allons continuer à ouvrir les portes de l’entreprise car c’est le symbole même du décloisonnement des mondes au sein d’un même écosystème. Notre manière d’ouvrir des perspectives communes par le partage de compétences. Hier, le pro bono consistait à détacher des collaborateurs au sein d’associations, demain, ce seront les associations et entrepreneurs sociaux qui pourront s’épanouir au sein même de l’entreprise, au contact de tous les talents qu’elle réunit. Enfin, nous croyons aux logiques collectives et interentreprises. Notre participation à la dernière Probono Factory, en tant que partenaire officiel, a permis à nos collaborateurs de transmettre leurs compétences en plus de celles d’autres salariés d’entreprises du quartier d’affaires de la Défense. Ces combinaisons de compétences multiples et cette diversité de métiers permet et permettra de démultiplier toujours plus l’impact des actions soutenues.

 

* L’étude de référence sur l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) menée pour la seconde fois en 2019 par Pro Bono Lab avec le soutien de la Fondation Deloitte, la Fondation Société Générale, la Fondation Schneider Electric, la Fondation Groupe ADP, et en partenariat avec Le RAMEAU, Admical et l’Ifop

 

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▷ Source : Panorama du pro bono, avril 2019.
▷ Auteurs : Tatiana Heinz, responsable de la recherche et des partenariats internationaux de Pro Bono Lab.

Hier, le pro bono consistait à détacher des collaborateurs au sein d’associations, demain, ce seront les associations et entrepreneurs sociaux qui pourront s’épanouir au sein même de l’entreprise, au contact de tous les talents qu’elle réunit.

Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte & Cyrielle Sénéchal-Chevallier, consultante et responsable du pro bono au sein de la Fondation Deloitte


Combiner ses études et l'engagement pro bono : entretien avec Marin de la Rochefordière, étudiant à Paris

Dans le cadre du Panorama du pro bono*, Marin de la Rochefordière, étudiant à Paris, nous livre sa vision et son expérience du pro bono.

Quelle est votre vision du pro bono, de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) ?

Le pro bono, c’est avant tout un engagement associatif, à finalité sociale. C’est le fait de donner de son temps pour accompagner une structure ou des personnes qui ont des besoins inassouvis. C’est aussi un engagement intellectuel, en apportant ses compétences sur des sujets tels que la communication, la stratégie, l’organisation juridique, la gestion et la planification financière, pour permettre à une association d’être plus efficace.

Dans les petites structures, les sujets sont tous imbriqués et supposent diverses compétences. Pour moi, deux sont vraiment importantes : la finance et le droit. Ce sont des thèmes qui, je trouve, reviennent constamment, et s’appliquent à tous les domaines et à toutes les échelles. En tant que volontaire, le pro bono m’a permis de pouvoir faire des choses plus concrètes et plus utiles socialement que le simple fait d’être étudiant. J’ai réfléchi à des questions de structuration, de gestion des associations, à des problématiques opérationnelles. Cela ouvre l’esprit : c’est très différent des cours ! Ces différents engagements m’ont amené à me poser des questions sur ce que j’aimerais faire ensuite. Je veux vraiment trouver un métier qui fasse sens pour moi, comme beaucoup d’étudiants je pense ! Je crois que les établissements d’enseignement supérieur devraient favoriser le pro bono des étudiants, sans rendre l’engagement obligatoire et contraignant pour autant. Chacun doit pouvoir s’engager à son échelle ; mais il faut pouvoir développer une sensibilité aux questions sociales et environnementales, et c’est le rôle de l’école.

Le mécénat de compétences ne doit pas être une caution sociale pour les entreprises. Je serais mal à l’aise d’intégrer une entreprise qui ne correspond pas à ma vision du monde, mais propose du mécénat de compétences. Dans l’absolu, c’est louable : cela sert une association, et les salariés découvrent de nouvelles situations, valorisent leurs compétences autrement et réalisent des choses différentes. Mais de telles initiatives ne doivent pas occulter le cœur de métier de l’entreprise en question.

Je serais donc plus tenté de faire du bénévolat de compétences, pour dissocier mon engagement professionnel de mon engagement associatif. Néanmoins, si on me propose une opportunité de mécénat de compétences, j’irai !

Comment avez-vous expérimenté l’engagement pro bono ?

Je suis étudiant à Sciences Po Paris. J’ai commencé par donner des cours d’alphabétisation au sein d’une association de quartier à Paris, Montparnasse Rencontres. Je me suis engagé chez Junior Consulting Sciences Po plus tard. Via son Fonds Pro Bono, nous avons accompagné deux associations pendant quelques mois : Montparnasse Rencontres et Prométhée Education. J’ai aussi participé à l’édition 2018 du Marathon Probono de Sciences Po pour soutenir l’association Réseau Alpha. A l’étranger, j’ai eu deux expériences plus ou moins comparables, l’une aux Philippines à Manille, dans le cadre d’un projet d’entreprenariat social pendant un mois et demi pour construire des maisons dans un bidonville. Et l’autre à Medellin en Colombie où j’ai passé cinq mois à participer à l’organisation d’un forum sur le développement durable et l’urbanisme en Amérique latine.

Concernant le pro bono au sein de Sciences Po, j’ai soutenu ces différentes associations sur des sujets d’organisation voire de réflexion stratégique, en tentant de les aider à se poser les « bonnes questions ». C’est surtout un regard extérieur que je peux apporter, celui d’un étudiant qui a encore un peu de naïveté mais qui malgré tout peut donner son avis sur des sujets relativement généraux, en essayant d’être à l’écoute et curieux, tout en faisant preuve d’humilité face à l’action d’une association.

 

* L’étude de référence sur l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) réalisée une seconde fois par Pro Bono Lab avec le soutien de la Fondation Deloitte, la Fondation Société Générale, la Fondation Schneider Electric, la Fondation Groupe ADP, et en partenariat avec Le RAMEAU, Admical et l’Ifop

 

En savoir plus

▷ Source : Panorama du pro bono, avril 2019.
▷ Auteurs : Tatiana Heinz, responsable de la recherche et des partenariats internationaux de Pro Bono Lab.

Je crois que les établissements d’enseignement supérieur devraient favoriser le pro bono des étudiants [...] Chacun doit pouvoir s’engager à son échelle ; mais il faut pouvoir développer une sensibilité aux questions sociales et environnementales, et c’est le rôle de l’école.

Marin de la Rochefordière, étudiant à Paris


Le pro bono ou engagement par le partage de compétences (mécénat/bénévolat de compétences) en Hauts-de-France par Hager Khezami

ESS et pro bono en Hauts-de-France : entretien avec Hager Khezami, directrice de la CRESS HDF

Dans le cadre de l'étude territoriale "Comment les entreprises s'engagent-elles en faveur du territoire des Hauts-de-France ?", restituée par Pro Bono Lab en janvier 2019, Hager Khezami, directrice de la CRESS Hauts-de-France, nous livre sa vision du pro bono sur le territoire.

Quelle est la mission de la CRESS (Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire) ?

La Chambre Régionale de l’Économie Sociale et Solidaire poursuit 3 missions : représenter et porter la parole des acteurs de l’ESS en région, informer, communiquer et promouvoir l’ESS, et enfin favoriser et accompagner le développement économique territorial.

À la suite d’un « ESS tour » dans les Hauts-de- France, et après avoir sondé plus de 250 personnes, nous avons publié le « Livre Blanc 2018 #ESSHDF » avec 3 axes clairs : promouvoir, sensibiliser, susciter des vocations ; monter en connaissances et en compétences, sécuriser, impulser ; et enfin développer des bonnes pratiques sur les territoires.

Quelle est votre vision du pro bono, de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) ?

L’axe 2 du Livre Blanc révèle que les besoins en compétences des acteurs de l’ESS sont principalement en fonction employeur RH (ressources humaines), veille réglementaire, modèle économique, fonds européens et commande publique. Les structures sont demandeuses d’un accompagnement beaucoup plus personnalisé, au plus près de leurs besoins.

Mon prédécesseur à la CRESS a travaillé sur la création d’un pôle Mécénat et Bénévolat de Compétences. Il est pour le moment composé de 3 structures, mais sera à l’avenir ouvert à d’autres structures, toujours dans cette volonté qu’a la CRESS de structurer les acteurs pour mieux mailler le territoire et apporter l’offre de services partout en région.

Quels sont pour vous les impacts, limites, et/ou axes d’amélioration du pro bono ?

La pratique du pro bono constitue une énorme opportunité pour le territoire, surtout à l’heure où l’on a une destruction des représentations de l’État, notamment en-dehors de Lille. Quand une opportunité de marché se crée, il y a toujours des résistances.

Les priorités sont de faire connaitre le bénévolat et le mécénat de compétences, d’expliquer comment on peut en faire bénéficier et à quel titre ; et d’en faire la promotion, y compris auprès des pouvoirs publics, pour que des agents puissent aussi en faire !

Quelle est votre perception des rapports entre entreprises et ESS en Hauts-de-France ?

Il y a la représentation opérationnelle, celle au quotidien, où l’on a des structures de l’ESS qui collaborent parfaitement avec des entreprises classiques, par exemple dans l’insertion. Il y a en parallèle une représentation plus idéologique de certaines organisations, en lien avec leurs valeurs, qui peuvent être plus réticentes à collaborer avec des entreprises. De manière générale, on veut éviter « l’ESS washing ».

Sur la question de l’ESS, il y a des disparités dans la région. Par exemple, l’Aisne est un territoire d’expérimentation, où les acteurs de l’ESS se sont structurés. L’Oise est à l’image du Pas-de-Calais, avec une vraie volonté du Département d’investir cette question.

 

Cet entretien a été réalisée dans le cadre de l’étude territoriale « Comment les entreprises s’engagent-elles en faveur du territoire des Hauts-de-France ? ». Il fait partie des études de cas présentées dans l’étude complète

 

▷ Source : Etude territoriale « Comment les entreprises s’engagent-elles en faveur du territoire des Hauts-de-France ? », janvier 2019.
▷ Auteur : Ségolène Bunel, directrice territoriale de l’antenne Hauts-de-France de Pro Bono Lab

"Les priorités sont de faire connaitre le bénévolat et le mécénat de compétences, d’expliquer comment on peut en faire bénéficier et à quel titre ; et d’en faire la promotion, y compris auprès des pouvoirs publics, pour que des agents puissent aussi en faire !"

Hager Khezami, directrice de la CRESS Hauts-de-France

Pro bono, engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences), que penses Hager Khezami, directrice de la CRESS Hauts-de-France, de ces sujets ?