Face à « l’urgence des solidarités » : la mobilisation générale des principaux acteurs du bénévolat/mécénat de compétences.

Face à « l’urgence des solidarités » : la mobilisation générale des principaux acteurs du bénévolat/mécénat de compétences.

La semaine dernière, je vous écrivais pour vous redire à quel point Pro Bono Lab, spécialiste du bénévolat/mécénat de compétences, restait mobilisé à vos côtés en cette période, partout en France. Nous poursuivons également nos discussions avec les membres du Global Pro Bono Network pour y puiser de nouvelles réponses.

Avec la majeure partie des opérateurs du bénévolat/mécénat de compétences en France, avec tous nos plus proches partenaires du secteur de l’engagement citoyen et en lien étroit avec le Gouvernement, nous avons ainsi fait le choix du collectif et de la convergence des initiatives, avant-même d’adapter nos propres actions, nos offres d’accompagnement et nos programmes.

En ces temps de catastrophe nationale, alors que l’urgence demeure et qu’en première ligne, des bénévoles et volontaires luttent contre les impacts du virus, les initiatives solitaires ne suffisent plus : jamais de tels combats ne peuvent se gagner en solitaire. C’est pourquoi, nous relayons ce jour un double appel à la mobilisation générale des solidarités.

À nos 110 entreprises et institutions publiques partenaires, aux milliers de collaborateurs qui les composent, aux 660 structures à finalité sociale et milliers de permanents/bénévoles qui les animent avec courage, aux 6 000 volontaires de notre communauté, continuez à prêtez main forte, autrement :

  • #TousSolidaires en relayant, proposant des missions ou en vous engageant dans le cadre de la Réserve Civique lancée hier soir par le Gouvernement, et dont la mise en place a été coordonnée par le Cofondateur de Pro Bono Lab, Yoann Kassi-Vivier.
  • #TousMobilisés en relayant, proposant des missions ou en vous engageant à distance auprès des principales associations qui portent le bénévolat/mécénat de compétences, unies au sein d’un même portail digital : benevolat.frUne initiative construite en concertation avec le Gouvernement.

Pro Bono Lab est extrêmement fier d’avoir été associé, comme tous les acteurs du secteur, à la mise en place de cette plateforme. Extrêmement fier de voir notre cofondateur porter une initiative aussi vitale dans cette phase d’urgence absolue.

Je tiens à remercier les opérateurs et intermédiaires du bénévolat/mécénat de compétences qui font comme nous le choix du collectif : BenenovaFrance BénévolatLatitudesPasserelles et CompétencesTous BénévolesWebAssoc. Face à l’urgence des solidarités, cette mobilisation générale est, plus qu’une responsabilité partagée, une obligation. Nous continuerons à valoriser en parallèle, sur pro-bono.co et via nos réseaux sociaux notamment, toutes les autres initiatives qui permettent à la solidarité d’exister, malgré tout.

Pro Bono Lab se projette également, avec chacun.e d’entre vous, dans la phase d’après : le temps de la reconstruction, collective elle aussi. Dès les prochains jours, nous poursuivrons autrement nos réflexions, via notre Club du pro bono notamment. N’hésitez pas à nous contacter d’ici là, pour envisager ensemble l’avenir, via nos 3 Hotlines.

Restez chez vous, prenez soin de vous, et rejoignons-nous autrement.

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteur : Sylvain Reymond, Directeur Général, Pro Bono Lab


L'intérêt général a/aura plus que jamais besoin de vos compétences

Compte tenu de l'incertitude à laquelle nous sommes toutes et tous confronté.e.s face à l'épidémie de COVID-19, je voulais vous tenir informé.e.s des mesures que nous avons prises avec Céline Laurichesse, notre Présidente, nos administrateurs et l’équipe de Pro Bono Lab.

Report de nos temps forts 

Au-delà des opérations et missions d’accompagnement que nous menons chaque semaine dans vos entreprises ou structures à finalité sociale, le programme de nos activités et les dates de nos temps forts évoluent : 

  • Sommet International du Pro Bono – Global Pro Bono Summit reprogrammé du 12 au 14 octobre.
    Le Global Pro Bono Summit 2020 devait réunir à Paris des centaines de professionnels du bénévolat/mécénat de compétences, venus de 30 pays du monde, du 13 au 15 mai. Il sera déplacé en octobre prochain, du 12 au 14. 
  • Report du Pro Bono Day début 2021.
    La 3ème édition du Pro Bono Day sera repositionnée en date anniversaire du Lab. Ce Pro Bono (Birth)Day réservera de grandes surprises à chacun.e d’entre vous, et mettra à l’honneur celles et ceux qui ont marqué l’histoire du pro bono… et du Lab depuis ses 10 ans d’existence.

Le Lab maintient ses activités partout en France… 

Cette épidémie est un coup dur pour les activités courantes d’une association comme le Lab, dont la vocation première est de rassembler des collectifs de volontaires, de partager en présentiel, partout en France et dans le monde, des compétences au bénéfice d’associations qui en ont besoin. 

Demain, le Conseil d’Administration du Lab se réunira pour évaluer les risques qui pèsent sur notre association. Si les prochains mois s’annoncent durs pour le Lab comme beaucoup d’autres acteurs de l’ESS, je ne suis pas inquiet pour autant. Ils vont nous permettre d’aller au bout de chantiers internes décisifs pour l’avenir du Lab, d’innover pour mieux vous accompagner, notamment via la Tech. Nous poursuivrons en parallèle nos échanges avec les membres du Global Pro Bono Network pour partager, s’inspirer des initiatives innovantes qui émergent à travers le monde face à cette situation, renforcer la coopération au sein du réseau de manière virtuelle… et préparer le Sommet International du pro bono (Paris, octobre 2020).

Partout en France, nous avons fait le choix de maintenir une grande partie des activités des équipes (en télétravail, évidemment) pour cela. 

… et appelle tous les opérateurs du bénévolat/mécénat de compétences à unir leurs forces, autour du Gouvernement

En ces temps de crise majeure, conformément à ses principes, Pro Bono Lab prône l’Union Nationale et la convergence des initiatives en matière de pro bono (bénévolat/mécénat de compétences). Nous encourageons l’ensemble des acteurs de l’accompagnement et opérateurs du pro bono à se coordonner autour des initiatives lancées par le Gouvernement et à faire corps. Le Lab contribuera ainsi, comme eux, à l’émergence d’une méta-plateforme de l’engagement à l’échelle de l’Etat français : une réserve civique dédiée au COVID 19, vouée à venir en aide aux personnes les plus impactées. Coordonnée par notre cofondateur Yoann Kassi-Vivier, aux côtés de Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Education Nationale et de la Jeunesse, nous saluons cette dynamique et lui apporterons notre soutien maximal.

L’intérêt général a/aura plus que jamais besoin de vos compétences

Cette épidémie est rude, car peu à peu, physiquement, elle semble nous éloigner les uns les autres. C’est à court terme une nécessité. Alors #Restez chez vous, mais rejoignons-nous pour réfléchir et agir autrement. Nos réseaux sociaux et outils digitaux nous permettront de vous proposer de nouvelles réflexions mais aussi de partager et soutenir les belles initiatives qui prennent forme face à l’urgence.

Les besoins des structures que nous accompagnons – et parmi elles certaines qui luttent contre la propagation du virus aujourd’hui même – vont se renforcer. Car en temps de crise, les acteurs de l’intérêt général sont toujours en première ligne. Nous nous préparons à y répondre à notre manière, partout en France.

Le secteur de l’ESS a toujours besoin de vos expertises et compétences. Il en aura d’autant plus besoin dans les semaines et mois à venir, pour se reconstruire. 

Une fois cette rude période passée, le Lab sera là, plus prêts que jamais, pour orchestrer vos plus beaux formats d’engagements citoyens collectifs partout en France, en Europe et dans le monde. Pour assouvir ce besoin vital de se retrouver et de “faire ensemble”, pour le bien public, par le bénévolat/mécénat de compétences. 

Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteur : Sylvain Reymond, Directeur Général, Pro Bono Lab


2019 : avec Pro Bono Lab, l’engagement par le partage de compétences se démocratise à l’échelle de tous les territoires

Il y a deux ans, Sylvain Reymond était nommé Directeur Général de Pro Bono Lab par Céline Laurichesse, Présidente de l’association de référence en matière d’engagement par le partage de compétences. En cette fin d’année, il dresse le bilan de ces 24 premiers mois à la tête du Lab, qui auront vu la structure se développer comme jamais (+ 160% de croissance) et le pro bono se répandre partout en France.

Lors de notre Assemblée Générale de juin dernier, à Lyon, Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab résumait ainsi l’année 2018 : « au-delà d’avoir été une période de forte croissance, d’intensification de son impact et de consolidation de ses fonds propres avec l’arrivée de 60 nouvelles entreprises partenaires, 2018 restera dans l’histoire de Pro Bono Lab comme une année de référence et de renouveau ». L’ensemble du Conseil d’Administration du Lab se réjouissait de voir s’ouvrir de « nouvelles grandes perspectives de développement du pro bono et, conjointement, de Pro Bono Lab partout en France ». Si 2018 fut l’année du renouveau de son projet stratégique national, 2019 restera comme l’année de la confirmation, de la maturité, de l’action concrète au cœur des territoires.

La dernière Probono Factory – programme territorial de démocratisation du mécénat/bénévolat de compétences par les territoires, pour les territoires, porté dans 5 régions avec 30 entreprises ou institutions partenaires – incarne ce succès : 2 nouvelles régions couvertes (Méditerranée et Hauts-de-France), près de 600 personnes mobilisées et 3 000 heures de bénévolat/mécénat de compétences réalisées dans 5 villes en seulement 5 jours.

20 propositions pour « démocratiser la pratique », un Pro Bono Day pour « rassembler les acteurs »

Dès janvier 2019, le Lab avait fait part de son ambition de « démocratiser la pratique du pro bono partout en France ». Tant par l’intermédiaire d’organisations engagées (entreprises, acteurs publics ou de l’ESS), qui adressent les compétences de leurs ressources humaines, que par le concours des individus qui transmettent directement leurs compétences à des structures à finalité sociale. Le Manifeste « Toute compétence est un bien public. », texte fondateur réaffirmant la vision originelle des cofondateurs du Lab, a réunit en janvier 20 propositions, co-construites par nos différentes parties prenantes, pour développer l’engagement par le partage de compétences en France et dans le monde. Dès sa publication et la visite officielle de Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Education Nationale, nous avons porté et défendu ces 20 propositions. Encore récemment dans le cadre d’auditions ministérielles ou parlementaires, à l’Assemblée Nationale comme au Sénat, elles nous auront permis de préserver le cadre exceptionnel du mécénat de compétences en France, passé très proche d’une suppression, du fait d’un certain nombre de dérives notamment.

Avec Céline Laurichesse et Elsa Chaucesse, Responsable des partenariats, nous poursuivons sur cette voie, au sein de la Mission Ministérielle confiée par Gabriel Attal à Charles-Benoît Heidsick, Président-Fondateur du RAMEAU, et à la députée Cathy Racon-Bouzon comme de la dynamique 10%, coalition d’entreprises engagées impulsée par Christophe Itier, que nous soutenons depuis le premier jour. Nous continuerons à valoriser les pratiques exemplaires en matière de pro bono et de mécénat de compétences pour inspirer de nouveaux acteurs et accompagner leur montée en puissance. Nous continuerons aussi à dénoncer celles qui ne respectent pas la finalité sociale de ces dispositifs, leur vocation d’intérêt général, en confiant aux 35 membres de notre Club de Partenaires de nouvelles réflexions structurantes sur la valorisation du pro bono. Celles-ci seront restituées dans le cadre de la 3èmeédition du Pro Bono Day en octobre 2020.

La deuxième édition du Pro Bono Day, placée en 2019 sous le signe de la « raison d’être des entreprises… et des individus », était d’ailleurs vouée à rassembler toutes celles et ceux qui partagent ces convictions pour un bénévolat/mécénat de compétences plus exigeant, mieux encadré, à impacts positifs sur les associations accompagnées. Plus de 30 intervenants (dirigeants économiques ou politiques, sociologues, économistes, experts, institutionnels, Ministres, bénévoles, etc.) et 200 participants étaient réunis pour ouvrir, à leur tour et collectivement, de nouvelles perspectives de démocratisation du pro bono. C’est à cette occasion que Céline Laurichesse a pu, en présence de Gabriel Attal, réaffirmer les fondamentaux de ce pro bono (bénévolat/mécénat de compétences) « à la française ». 

Plus de 100 entreprises fédérées autour de nos programmes ou formats d’engagement… partout en France

En 2019, comme depuis presque 10 ans, ce sont notre expérience et nos connaissances du terrain qui nous inspirent ces propositions nouvelles et actions de plaidoyer. Cette année, au sein de nos nouveaux écosystèmes d’ancrage comme au niveau national, nous avons plus que jamais « fait connaissance », dans les deux sens du terme. L’étude territoriale Hauts-de-France, restituée en début d’année, venait conforter notre choix d’implantation au sein de ce territoire. En à peine une année, la région des Hauts-de-France est devenue un véritable « laboratoire du bien public » comme ce fut le cas préalablement en Méditerranée, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Ile-de-France. Fin 2019, c’est la région Grand Ouest et la dynamique qui actuellement s’y met en place, grâce à l’accueil des acteurs locaux et le travail de notre nouvelle Directrice, Claire Bertin, qui vient une nouvelle fois asseoir notre premier choix stratégique : faire des territoires nos laboratoires du pro bono. Dans la continuité de notre dernière étude territoriale Puy-de-Dôme, restituée en octobre dernier, nous positionnerons en 2020 le pro bono au cœur de nouvelles métropoles et territoires ruraux. Un.e nouveau.elle directeur.trice sera d’ailleurs prochainement nommé.e en Nouvelle Aquitaine.

En 2019 toujours, nous avons actualisé les chiffres et données du Panorama National du pro bono 2019 – mené en partenariat avec l’Ifop, Admical et Le Rameau – nous ont permis d’affiner notre connaissance du contexte français et de redéfinir les priorités opérationnelles du Lab. Sur cette base, le guide Le pro bono (pour tous) en pratique dévoilait 10 ans de méthodologie d’accompagnement propres à Pro Bono Lab, pour permettre à chaque acteur de s’approprier les fondamentaux du pro bono et de sa mise en application. En plus des activités de conseil et formats clefs en main emblématiques du Lab (dont l’incontournable Marathon Probono), Dieynaba Sall, alors nommée Directrice des Opérations et de l’Accompagnement, avec son équipe, a dévoilé l’identité de nos trois Grands Programmes : la Probono Factory, mais aussi Probono Explorers, programme de démocratisation de la pratique du pro bono par de nouveaux publics et le Probono Booster, programme d’accompagnement de 6 mois à 1 an. 3 grands programmes représentatifs de nos 3 grandes communautés, et autant de leviers d’actions pour les entreprises et institutions partenaires qui nous sont fidèles.

Fort de son maillage territorial et de l’envergure de ses réseaux internationaux (Global Pro Bono Network, Points of Light) qui lui permettent d’opérer France entière et dans une grande partie du monde, Pro Bono Lab a accompagné en 2019 plus d’une cinquantaine d’entreprises ou institutions dans la conception, la mise en œuvre ou le passage à l’échelle de leurs politiques d’engagement citoyen des collaborateurs en France et dans le monde. Le Lab demeure le premier partenaire conseil des entreprises qui souhaitent mobiliser leurs collaborateurs au service de causes d’intérêt général via le mécénat de compétences. Parmi elles, plusieurs nouveaux partenaires avec lesquels nous avons relevé, en 2019, le défi de l’expérimentation et de l’innovation en pro bono : Air Liquide, Doctolib, Club Identicar, L’Oréal, Somfy, Banque de France, Française des Jeux, Groupe Roche, Devoteam, Accenture, Fédération Nationale des Banques Populaires, Fondation Pierre & Vacances, Fondation du Nord, etc. Au final, en 2019 et depuis sa création, Pro Bono Lab c’est : près de 50 000 heures de pro bono, plus de 6 000 volontaires mobilisés, près de 2 000 missions réalisées, plus de 600 structures à finalité sociale accompagnées.

Pro Bono Lab : équipe nouvelle génération et nouveaux modes de mobilisations communautaires

En 2019, c’est aussi toute l’équipe de Pro Bono Lab qui s’est renouvelée et renforcée en profondeur. Plus de 20 nouveaux profils ont intégré l’aventure depuis janvier 2018. 30 permanents œuvrent désormais partout en France pour faire de « toute compétence un bien public », en démocratisant chaque jour un peu plus la pratique du bénévolat/mécénat de compétences. Sylvaine Parriaux, Déléguée Générale d’Admical et Fatem-Zahra Bennis, Directrice Adjointe de l’association Ikambere, ont intégré en juin dernier notre Conseil d’Administration. Au niveau local, des Comités Régionaux complètent désormais notre Gouvernance nationale, en appui des directrices et directeurs régionaux.

Laura Frantz, en provenance de la Société Générale, dirige désormais l’ensemble des fonctions internes de Pro Bono Lab à mes côtés. En quelques mois, elle a permis à la structure de consolider l’ensemble de sa politique sociale, de renouveler sa structure financière et de s’inscrire en cohérence avec les valeurs de l’écosystème ESS en lesquelles nous croyons profondément, en conformité vis-à-vis des règles fondamentales qu’exigent notamment le Label ESUS ou le Guide des bonnes pratiques de l’ESS. Progressivement, avec le soutien des équipes juridiques d’EY qui nous accompagnent en ce sens, l’association Pro Bono Lab redevient pleinement d’intérêt général. La croissance (+160%) du Lab sur ces deux premières années, l’arrivée de nouveaux partenaires/mécènes et investisseurs se poursuivra très naturellement en 2020, essentiellement grâce à des investissements structurants dans de nouvelles ressources humaines.

En 2020, dans la continuité de notre nouvelle campagne nationale de promotion du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences) – « Investissez-vous », « prêtez main forte », « payez de votre personne »  – qui consiste à encourager toujours plus de volontaires à mettre leurs compétences au service des associations, et en lien avec nos Grands Programmes, nous intensifierons nos actions de mobilisation communautaire. En 2020, dès janvier, Pro Bono Lab dévoilera progressivement de nombreuses innovations technologiques, vouées à démultiplier l’impact de son accompagnement, des volontaires comme des structures pour lesquelles ils s’engagent. En 2020, Pro Bono Lab vous propose de partir, à votre tour, à la conquête de l’Europe et du monde du pro bono. 30 pays seront représentés lors du Global Pro Bono Summit organisé au nom du Global Pro Bono Network à Paris, par Pro Bono Lab, du 13 au 15 mai 2020.

A Paris, le 28 janvier prochain, Céline Laurichesse présentera ses vœux pour 2020 : année du passage à l’échelle de Pro Bono Lab, tant au niveau national qu’au niveau international. Pour la troisième année consécutive, après deux années d’un premier mandat riche et intense par ce binôme que nous formons, j’aurai l’honneur de poursuivre, sous son impulsion, la mise en œuvre de ce projet et de contribuer à un défi qui me tient profondément à cœur, a minima pour les trois prochaines années : faire que chaque structure à finalité sociale puisse avoir accès aux compétences dont elle a besoin pour se développer et se réaliser durablement.

▷ Auteur : Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab
▷ Contact presse : Nina DANETnina@probonolab.org / 06.64.09.43.53


Ils font le pro bono - Bertrand, Les Petites Cantines

« S’il n’y avait pas eu cette journée [pro bono], s’il n’y avait pas eu ces participants pour cadrer le projet et aller jusqu’à son terme, je pense qu’on n’y serait pas arrivés tout seuls. »

 

> Pour en savoir plus sur Les Petites Cantines et l’action de Bertrand au quotidien. 


Le Beese project, ou comment réduire le chômage des jeunes en Europe par le pro bono

Réduire le chômage des jeunes en Europe ? Recréer du lien entre les mondes académiques, privés et publics ? Ce sont les objectifs du programme européen Beese, lancé en septembre 2018 et soutenu par Erasmus +.

Un programme lancé dans 5 pays européens

Le 20 avril 2019, 9 étudiants bulgares se rassemblaient autour des ONG Générations Together, Factory for Ideas et Alzheimer Bulgaria Association pour améliorer leurs communication et marketing digital. Ils étaient entourés de 3 professionnels du secteur de la communication.

Le 24 avril, à Porto cette fois-ci, ce sont une dizaine d’étudiants, un avocat du cabinet Vieira de Almeida & Associados et deux enseignants d’une école de droit qui se sont regroupés pour travailler sur les problématiques économique et juridique de l’association Mundo a Sorrir.

Le 27 avril, à Paris, même expérience, rassemblant des étudiants de Sciences Po et des professionnels autour des associations EIAPIC et Plastic Odyssey.

Etudier, s’engager pour le bien public et côtoyer des professionnels, tout ça en même temps, est-ce donc possible ? C’est en tout cas le pari que fait le consortium – constitué de 5 universités, une association d’étudiants et 4 intermédiaires du pro bono (membres du Global Pro Bono Network) –  à la source du Beese project (Boosting Employability and Empowering Social Commitment through Pro Bono). Développé à l’échelle européenne, et soutenu par Erasmus +, ce programme se déploie dans 5 pays : la Bulgarie, la Hongrie, la France, l’Espagne et le Portugal.

L’objectif ? Utiliser le pro bono pour remédier au chômage des jeunes européens tout en leur donnant les moyens de s’engager pour le bien public.

Remédier au chômage par le pro bono, mais pas que

Selon Eurostat, en décembre 2018, le taux de chômage au sein de l’Union Européenne était de 6,6%. Ce chiffre est multiplié par deux chez les jeunes. Parallèlement, les organisations à finalité sociale ne font pas le poids dans la “course aux talents” menée actuellement : elles n’ont pas assez de ressources pour être compétitives face à des sociétés privées de plus en plus soucieuses du bien-être de leurs collaborateurs.

Pour remédier à cela, le Beese project propose aux étudiants de mettre leurs compétences au service d’organisations à finalité sociale lors de missions pro bono encadrées par des professionnels. Et l’impact est multiple. Pour les étudiants, qui consolident leurs compétences, en développent de nouvelles, et se créent un réseau, renforçant ainsi leur employabilité… et leur engagement – celui-ci est d’ailleurs reconnu puisque les missions réalisées sont traduites en crédit ECTS. Pour les structures à finalité sociale, qui ont accès à des compétences et des services en pro bono, gratuitement. Et pour les professionnels, qui peuvent mettre du sens dans leur travail et améliorer l’image (et l’attractivité) de leur société auprès de futurs jeunes talents.

Dans une société de plus en plus fragmentée, n’oublions pas l’un des enjeux essentiels de cette démarche : la création de lien social entre différentes tranches de la population.

L’objectif : que tous puissent s’emparer du sujet

Après une phase de recherche sur les motivations des étudiants qui voudraient s’engager au pro bono, lancée en septembre 2018, l’expérimentation est en pleine phase pilote : plusieurs programmes, et différentes méthodologies, sont développés dans chacun des établissements d’enseignement supérieur impliqués en Bulgarie, Hongrie, France, Espagne et Portugal.

Au terme de ce programme, en juillet 2021, des guides seront diffusés en open source à tous les établissements d’enseignement supérieur en Europe. Tous pourront ainsi, à leur tour, mettre en place des programmes de la sorte.

« Dans un monde aussi mouvant qu’aujourd’hui, le pro bono apparaît comme une évidence pour mettre ses connaissances théoriques en pratique et développer les compétences transversales qui permettront de s’adapter au monde de demain. D’ailleurs, certaines écoles l’ont très vite intégré à leur cursus en développant leur propre tissus associatif étudiant mais cela reste encore trop peu diffusé et valorisé. Je suis ravie que nous puissions mener cette expérimentation au niveau européen. » Marine Pichon, Responsable des Programmes et de l’Evaluation d’Impact, Pro Bono Lab.

▷ Source : pro-bono.co, mai 2018.
▷ Auteurs : Elsa Chaucesse, responsable communication et RP chez Pro Bono Lab

"Dans un monde aussi mouvant qu’aujourd’hui, le pro bono apparaît comme une évidence pour mettre ses connaissances théoriques en pratique et développer les compétences transversales qui permettront de s’adapter au monde de demain."

Marine Pichon, Responsable des Programmes et de l’Evaluation d’Impact, Pro Bono Lab


Mettons toutes les compétences des entreprises mécènes au service de la reconstruction de Notre-Dame de Paris et de l’intérêt général

Mettons toutes les compétences des entreprises mécènes au service de la reconstruction de Notre-Dame de Paris et de l’intérêt général.

Après le drame de la destruction partielle de Notre-Dame de Paris, dès aujourd’hui la générosité s’organise pour penser sa reconstruction. De nombreux individus et de nombreuses entreprises ont d’ores et déjà manifesté leur intention de s’engager dans ce vaste chantier collectif, pour la réhabilitation d’un bien public inestimable.

Parmi ces entreprises, Pro Bono Lab salue les initiatives de ses partenaires entreprises dont celle de Vinci, qui a proposé une union de toutes les entreprises du BTP par le mécénat de compétences :  » cette opération de mécénat de compétences, menée par une profession toute entière, pourrait s’organiser sous l’égide de la Fondation du patrimoine et permettrait d’engager sa reconstruction dans les plus brefs délais, afin que Paris retrouve sa cathédrale ». Souhaitons que les entreprises qui pratiquent l’engagement par le partage de compétences et plus globalement toutes les entreprises mécènes en France s’y engagent massivement et collectivement pour mettre toutes leurs compétences, en pro bono, au service de ce bien public.

Admical – qui porte le développement de la pratique du mécénat des entreprises et des entrepreneurs – et Pro Bono Lab, qui porte en France le développement de la pratique de l’engagement pro bono, par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) – associent leurs voix et encouragent l’ensemble de leurs partenaires/membres « entreprises et institutions » à rejoindre ce mouvement de solidarité.

« Admical et Pro Bono Lab sensibiliseront, accompagneront et favoriseront l’action de toutes les entreprises qui souhaiteront s’engager en pro bono à travers l’animation d’un groupe de partenaires dédié afin que cet élan de solidarité se pérennise à d’autres patrimoines en danger, et surtout à toutes les causes d’intérêt général. Cette catastrophe doit être un déclencheur d’engagement des entreprises au-delà de Notre-Dame de Paris, via le mécénat et le pro bono, pour organiser très rapidement des mouvements de générosité face à ce type de drames nationaux. » Sylvaine Parriaux, Déléguée Générale d’Admical et Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab.

 

Ils s’engagent par le partage de compétences pour Notre-Dame de Paris : 

Air France, Altrad, Bouygues Construction, Campanistes de Laumaillé-Lussault, Charlois, Conseil National de l’Ordre des Architectes, Groupe Duval, EDF, Hegelmann France, LVMH, Orange, L’Oréal, Saint-Gobain, Société Générale, Syntec Numérique, Vinci, Verspieren…

▷ Source : pro-bono.co, février 2018.
▷ Auteur : pro-bono.co


Dossier Jurisassociations "Intérêt Général : un concept en mutation ?"

Le numéro 595 de Jurisassociations nous propose un dossier "Intérêt Général : un concept en mutation ?", coordonné par Charles-Benoît Heidsieck, co-fondateur du RAMEAU. Découvrez sa tribune de conclusion.

Lorsque nous avons collectivement lancé la réflexion sur les mutations de l’intérêt général en 2014 sur l’invitation d’Hubert Allier, le diagnostic était déjà posé : la crise financière avait entraîné une crise économique mondiale, aux conséquences sociales lourdes ayant engendré un début de crise politique… qui risquait de se transformer en une crise de confiance profonde pouvant remettre en cause les fondements mêmes de nos démocraties. Cinq ans après, toutes nos prévisions se sont malheureusement révélées exactes. Nous aurions aimé nous tromper, mais l’aveuglement face à l’ampleur de la transformation à engager a eu les résultats prévisibles que nous avions anticipés.

Nous ne pouvons plus fermer les yeux, voire pire : vouloir accélérer alors que nous nous rapprochons dangereusement du mur et que nous n’avons pas sérieusement investigué les moyens de l’éviter. Un seul moyen : prendre le temps parce que, justement, nous n’en avons plus ! En France, nous ne manquons ni d’idées, ni de projets, ni de talents, ni même de moyens pour agir. Alors, pourquoi cette situation ? Tout simplement parce que nous ne nous faisons pas confiance. Nous ne savons pas voir et encore moins apprécier la force de notre collectif. Ce manque de confiance s’est traduit par une perte de sens, non seulement de nos valeurs communes – au premier rang desquelles la fraternité –, mais plus encore d’un cap commun à partager.

Alors, comment (re)créer la confiance ? Il suffit de « prendre soin » de soi, des autres et du monde en s’assurant d’une réelle cohérence entre les trois. En anglais, prendre soin se traduit par care. Ces quatre lettres ouvrent un chemin pertinent : pour être en confiance, il faut accepter l’Altérité. Pour croire en cette dernière, il faut Respecter les différences, voire les aimer car elles sont source de richesses. Pour atteindre cette sagesse, il faut savoir Écouter. Certes, mais qui écouter ?

Notre postulat collectif repose sur une erreur : la fragilité n’est pas une faiblesse, mais une force collective ! Nous pensons, souvent dans un élan de générosité, qu’il convient d’aider les plus fragiles, qu’il s’agisse des personnes ou des territoires.
Nous nous trompons : en fait, ce sont eux qui nous aident à voir l’essentiel, l’essence même de notre capacité à « faire société ». Nous devons les écouter attentivement. Il ne faut pas seulement agir par empathie et bienveillance, mais aussi par souci de pertinence. La fragilité invite au bon sens. Elle oblige à développer une intelligence de la frugalité et de la solidarité, la vraie : celle qui partage et non celle qui donne. Le lien redevient alors une évidence pour agir, voire réagir. Le lien commun prime alors sur le bien commun, replaçant l’homme au cœur de la relation, quelle que soit sa fragilité.

C’est bien parce que nous sommes fragiles que nous avons besoin des autres, et c’est bien parce que nous avons besoin des autres que nous pouvons faire humanité. Collectivement, nous pouvons réussir ce qui est impossible pour chacun d’entre nous. L’histoire nous l’a montré à de nombreuses reprises : il suffit parfois de la détermination de quelques-uns pour que s’invente un monde meilleur pour tous. Sachons donc nous mettre collectivement à l’écoute des plus fragiles d’entre nous. N’ayons pas peur : ils nous montreront des chemins que nous ignorons encore mais qu’eux ont déjà compris et, ensemble, nous réussirons à relever les défis de ce début de XXIe siècle.

Après 12 ans de recherche empirique sur la co-construction du bien commun, ce chemin n’est pas une utopie mais un parcours apprenant que nombre de territoires et d’organisations ont tenté. Personne n’est encore au bout du chemin et il serait faux de faire croire que toutes les preuves sont déjà là. Pourtant, les phases déjà achevées nous prouvent que la dynamique est déjà à l’œuvre et que les « preuves de concept » ne demandent qu’à être étayées, enrichies et partagées. Sachons les voir, les écouter et les reconnaître, surtout lorsqu’elles proviennent de l’engagement de ceux dont la fragilité fait la force.

L’enfer, c’est d’avoir perdu l’espoir. Alors, partageons ce qui peut nous en donner. Ce dossier regorge de « pousses d’espoir ». Face à ces germes d’une capacité collective à transformer nos défis d’aujourd’hui en force collective pour demain, nous n’avons qu’un pas à faire : celui du « pari de la confiance » !

Contenu du dossier « Intérêt Général : un concept en mutation » extrait de Jurisassociations n°595 du 15 mars 2019.

En savoir plus

▷ Source : Juris Associations 595, Dossier Intérêt général : un concept en mutation, 15 mars 2018.
▷ Auteur : Charles-Benoît Heidsieck, président-fondateur du RAMEAU.

Nous pensons, souvent dans un élan de générosité, qu’il convient d’aider les plus fragiles, qu’il s’agisse des personnes ou des territoires.
Nous nous trompons : en fait, ce sont eux qui nous aident à voir l’essentiel, l’essence même de notre capacité à « faire société ».

Charles-Benoît Heidsiek, président-fondateur du RAMEAU


Dounia Besson répond aux questions de Pro Bono Lab pour pro-bono.Co et nous livre sa version du pro bono, de l'engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences)

3 questions à Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l'ESS

Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon en charge de l'ESS, répond aux questions de pro-bono.co et nous livre sa vision du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences).

C’est autour du projet de la Probono Factory, dont la première édition lyonnaise s’est tenue en 2018 sur le thème du « Bien manger et bien vieillir » que l’équipe du Lab rentre en contact avec Dounia Besson. Une collaboration qui ouvre de belles perspectives : Dounia Besson prévoit de lancer un plaidoyer sur la thématique du Bien manger au service du bien vieillir, et elle a bien l’intention de suivre la seconde édition de la Pro Bono Factory lyonnaise, qu’elle qualifie de « format original et dynamique, qui correspond bien aux besoins des porteurs de projets, mais aussi aux contraintes des personnes ressources, qui souhaitent de plus en plus s’engager de manière ponctuelle et souple, en dehors des canaux traditionnels ».

Elle répond aujourd’hui aux questions de pro-bono.co et nous livre sa vision du pro bono.

Quelle est votre mission, en tant qu’Adjointe au Maire de Lyon déléguée à l’ESS et en tant que Vice-Présidente du RTES ?

Ma délégation regroupe le développement durable et l’économie sociale et solidaire. Elle embrasse les questions de commande publique responsable, de jardins partagés… Sur le Développement Durable, je suis comme une cheffe d’orchestre d’un ensemble d’actions qui concernent tous les services municipaux, pour rendre la ville plus verte, plus apaisée, plus résiliente et plus solidaire. Sur l’ESS, j’ai fait adopter une délibération-cadre en début de mandat qui définit notre politique de promotion de l’entreprendre autrement, et de soutien aux structures de l’ESS : chaire ESS de l’université Lyon 2, CRESS AURA, incubateurs d’innovation sociale, CAE, etc. La politique que je coordonne se focalise sur la consommation responsable, avec en particulier l’alimentation durable : démocratiser le bio, l’équitable, le local, les circuits-courts… Notre principal étendard est le label municipal qualitatif « Lyon, Ville Equitable et Durable », un club qui regroupe déjà 250 structures emblématiques de notre territoire.

Je suis également vice-présidente du RTES, le réseau national des collectivités engagées pour l’ESS, dans lequel je travaille en particulier sur le lien entre ESS et Politique de la Ville.

Quelle est votre vision du pro bono, de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) en tant qu’élue ? 

J’échange au quotidien avec des structures de l’ESS qui sont dans des périodes de mutation, qui répondent à des problématiques nouvelles, doivent changer d’échelle ou de modèle économique, et qui n’ont pas forcément en interne l’expertise nécessaire, ou les outils adéquats. Les collectivités locales ne peuvent pas répondre à toutes les demandes, tout subventionner, tout solutionner. Non seulement nous n’en avons pas les moyens, mais surtout, ce n’est pas notre rôle. De nouveaux modèles sont à inventer, d’autant plus que les entreprises privées traditionnelles sont également en train de bouger, avec la montée en puissance de la RSE. L’important, c’est que l’identité de chacun soit respectée, et les collectivités locales ont un rôle à jouer pour faciliter de nouveaux partenariats.

Sur quoi souhaiteriez-vous et comment pourriez-vous agir pour promouvoir et développer cette pratique ?

Des coopérations sont à étudier ensemble avec le réseau de nos 250 labellisés « Lyon, Ville Equitable et Durable », dont certains ont déjà bénéficié du dispositif. Par ailleurs, des agents de notre collectivité ont également des compétences mobilisables en soutien à des projets d’innovation sociale.

Je pense que nous avons à travailler tous ensemble à la valorisation des expériences les plus réussies, les coopérations gagnant-gagnant sur notre territoire. Ce qui ne signifie pas qu’il faille occulter les difficultés.

▷ Source : pro-bono.co, février 2018.
▷ Auteur : Elsa Chaucesse, responsable de la communication et des RP de Pro Bono Lab & responsable du projet pro-bono.co

Les collectivités locales ne peuvent pas répondre à toutes les demandes, tout subventionner, tout solutionner. Non seulement nous n’en avons pas les moyens, mais surtout, ce n’est pas notre rôle. De nouveaux modèles sont à inventer.

Dounia Besson, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l'ESS


Le pro bono vu par Véronique d'Estaintot de l'association Parents et Talents

Dans le cadre du Panorama du pro bono*, Véronique d'Estaintot, co-fondatrice de l'association Parents et Talents, nous livre sa vision et son expérience du pro bono.

Pouvez-vous nous présenter l’association Parents et Talents ?

Notre association existe depuis 2016 et propose des ateliers pour les parents, en entreprise et dans les collectivités. Notre objectif est d’aider les parents à devenir plus acteurs de leur équilibre de vie en développant une relation parent-enfant de qualité. Quand cette relation se passe bien c’est énergisant, quand elle se passe mal ça rejaillit sur la vie, le travail. Les thèmes proposés concernent les moments-clés et les problématiques de la vie de parent. Les ateliers sont proposés par l’entreprise, ce qui permet de montrer qu’elle voit aussi ses employés en tant que parents. Nous organisons également des conférences.

Quelle est votre vision du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences) ?

C’est un concept vraiment intéressant et puissant pour remettre à plat les problématiques, les choix, et progresser dans l’activité. Les missions apportent un éclairage nouveau sur des questions stratégiques et pratiques, avec des recommandations opérationnelles nous permettant de choisir des orientations et d’avancer concrètement ensuite. Elles nous ont permis de structurer notre discours, de valider notre vision et nos objectifs et de répondre à nos besoins au fil du temps. Les livrables restent longtemps pertinents et exploitables, nous les ressortons souvent. Peut-être qu’au niveau de la mise en œuvre, les associations auraient besoin d’un plan d’action séquentiel pour les aider ou d’un groupe rattaché à la structure d’accompagnement pour prendre le relais. Mais ce qui est sûr, c’est que d’une mission à l’autre, on mesure le chemin parcouru.

Quel est votre besoin actuel en termes de compétences et d’accompagnement ?

En ce moment on a besoin d’aide en marketing et en changement d’échelle. On aimerait un accompagnement sur du plus long terme, une mission de 6 mois par exemple, avec des points d’avancement réguliers. Certaines structures proposent des accompagnements bénévoles dans la durée, mais nous ne correspondons pas à leurs critères. Le bénévolat et le mécénat de compétences nous ont aidés, apportant des compétences complémentaires aux nôtres ; cependant, le format qui associe étudiants et salariés pourrait être amélioré car les étudiants manquent parfois d’expérience. Peut-être serait-il intéressant qu’ils puissent accompagner la mise en œuvre de certaines recommandations en effectuant des tâches concrètes relevant de leurs compétences ?

Quelle est votre perception des rapports entre entreprises et ESS (économie sociale et solidaire) ?

On perçoit parfois, dans les entreprises, un questionnement sur le sérieux des projets associatifs. J’ai constaté que, pour certains salariés, la rencontre avec une association est une vraie découverte, une immersion dans un univers inconnu. Les participants sont étonnés de ce qu’ils découvrent, ça leur apporte une certaine fraîcheur. Ils réalisent que les compétences développées dans le cadre professionnel peuvent être mises au service de projets porteurs de sens, avec un enjeu de société. Les participants semblent heureux de mettre leur professionnalisme au service de projets d’intérêt général et sont parfois impressionnés par la qualité du travail accompli par l’association. La démarche du pro bono permet aux entreprises de fédérer en interne leurs équipes et c’est super de voir qu’elle se développe en région. Il y a un vrai potentiel et il faut convaincre les gens, même si c’est encore difficile pour les TPE-PME à mettre en place.

 

* L’étude de référence sur l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) réalisée une seconde fois par Pro Bono Lab avec le soutien de la Fondation Deloitte, la Fondation Société Générale, la Fondation Schneider Electric, la Fondation Groupe ADP, et en partenariat avec Le RAMEAU, Admical et l’Ifop

 

En savoir plus

▷ Source : Panorama du pro bono, avril 2019.
▷ Auteurs : Tatiana Heinz, responsable de la recherche et des partenariats internationaux de Pro Bono Lab.

Pour certains salariés, la rencontre avec une association est une vraie découverte, une immersion dans un univers inconnu [...] Ils réalisent que les compétences développées dans le cadre professionnel peuvent être mises au service de projets porteurs de sens, avec un enjeu de société [...] et sont parfois impressionnés par la qualité du travail accompli par l’association.

Véronique d'Estaintot, co-fondatrice de Parents et Talents


Le pro bono au sein de la Fondation Deloitte : entretien avec Guilène Bertin-Perri et Cyrielle Sénéchal-Chevallier

Dans le cadre du Panorama du pro bono*, Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte & Cyrielle Sénéchal-Chevallier, consultante et responsable du pro bono au sein de la Fondation Deloitte, nous livrent leur vision du pro bono.

En quoi l’engagement par le partage de compétences est-il un sujet essentiel pour la Fondation Deloitte ?

Il y a presque 20 ans, c’est pour répondre à l’envie exprimée par certains collaborateurs de s’engager que Deloitte lance ses premières actions de mobilisation. Dès le départ, Deloitte choisit d’agréger les compétences de ses collaborateurs sur les programmes qu’il opère directement, autour de projets d’éducation, puis autour de l’entrepreneuriat social. Le contact direct entre collaborateurs et bénéficiaires fait, encore aujourd’hui, toute la spécificité du modèle d’engagement proposé par la Fondation Deloitte, pleinement opératrice, à ses salariés.

La priorité depuis toujours, c’est ainsi l’accompagnement direct et l’impact social généré. Pour ce faire, bien au-delà de la question du financement, c’est toute la culture et les métiers de Deloitte qui sont mis au service des projets : cartographier les besoins, les définir, identifier les personnes et leurs compétences et mettre le collaborateur en posture d’accompagnateur. Tout cela est dans nos gènes. Sur notre axe éducation, le parrainage des élèves et le recours aux soft skills des collaborateurs deviennent la norme. Sur l’axe entrepreneuriat social, des missions pro bono et la transmission de compétences métiers permettent de booster des projets vraiment innovants.

Naturellement et progressivement, ces actions permettent à notre entreprise de s’ouvrir sur l’extérieur et d’avoir un rôle clef au cœur de ses écosystèmes d’ancrage. Les motivations des collaborateurs : être plus utiles, donner du sens à leurs compétences, à leurs métiers. Ces actions, même si ce n’est pas leur vocation première, contribuent pleinement au développement et à l’épanouissement des ressources humaines du groupe.

Décrivez-nous le programme d’actions de mobilisation des collaborateurs mis en place par l’entreprise.

Au fil du temps, c’est tout un parcours d’engagement que la Fondation Deloitte a mis en place et consolidé afin de répondre à toutes les envies d’engagement. A ce jour, ce parcours permet de mobiliser près de 3 500 collaborateurs par an et représentent près de 24 000 heures d’action au bénéfice de 14 000 bénéficiaires :

  • L’Impact Day qui mobilise chaque année et en moyenne 500 salariés du groupe (nouveaux entrants) et associés dans le cadre d’une opération d’intégration solidaire d’un jour. Ces collaborateurs mettent ainsi leurs premiers instants au sein du Cabinet au service de causes telles que le handicap ou l’exclusion, en compagnie de lycéens des établissements partenaires de la Fondation ;
  • Des accompagnements « à la carte » et différents parcours d’engagements en mécénat de compétences, selon les besoins du projet, individuels ou par équipes, dans la durée ou ponctuelles destinés à des entrepreneurs sociaux et associations ;
  • Des actions de mobilisations menées dans le cadre de programmes internationaux tels que World Class pour l’Education dans le Monde. Dans ce cadre les collaborateurs Deloitte de différents pays mettent leurs compétences au service de cette cause ;
  • Des actions de mobilisation directes à La Défense les samedis : les collaborateurs du groupe prodiguent directement des cours de soutien scolaire aux élèves de terminale du lycée Braque d’Argenteuil. Deloitte ouvre ainsi régulièrement ses locaux et accueille régulièrement les jeunes, ce qui leur permet de s’approprier le monde de l’entreprise.

Et demain ? Quelles nouvelles logiques de mobilisation par le partage de compétences selon vous ?

Nous croyons en l’idée que l’entreprise est un écosystème propice au développement de projets à très fort impact social et que notre rôle sera d’animer encore cet écosystème. C’est pour cela que nous continuons et continuerons à perfectionner le parcours d’accompagnement pro bono que nous proposons et à l’optimiser en définissant des formats très complémentaires, adaptés à toutes les aspirations à l’engagement. C’est aussi pour cela que nous misons sur l’idée de faire entrer les porteurs de projets et les bénéficiaires au cœur même de l’entreprise ; nous allons continuer à ouvrir les portes de l’entreprise car c’est le symbole même du décloisonnement des mondes au sein d’un même écosystème. Notre manière d’ouvrir des perspectives communes par le partage de compétences. Hier, le pro bono consistait à détacher des collaborateurs au sein d’associations, demain, ce seront les associations et entrepreneurs sociaux qui pourront s’épanouir au sein même de l’entreprise, au contact de tous les talents qu’elle réunit. Enfin, nous croyons aux logiques collectives et interentreprises. Notre participation à la dernière Probono Factory, en tant que partenaire officiel, a permis à nos collaborateurs de transmettre leurs compétences en plus de celles d’autres salariés d’entreprises du quartier d’affaires de la Défense. Ces combinaisons de compétences multiples et cette diversité de métiers permet et permettra de démultiplier toujours plus l’impact des actions soutenues.

 

* L’étude de référence sur l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) menée pour la seconde fois en 2019 par Pro Bono Lab avec le soutien de la Fondation Deloitte, la Fondation Société Générale, la Fondation Schneider Electric, la Fondation Groupe ADP, et en partenariat avec Le RAMEAU, Admical et l’Ifop

 

En savoir plus

▷ Source : Panorama du pro bono, avril 2019.
▷ Auteurs : Tatiana Heinz, responsable de la recherche et des partenariats internationaux de Pro Bono Lab.

Hier, le pro bono consistait à détacher des collaborateurs au sein d’associations, demain, ce seront les associations et entrepreneurs sociaux qui pourront s’épanouir au sein même de l’entreprise, au contact de tous les talents qu’elle réunit.

Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte & Cyrielle Sénéchal-Chevallier, consultante et responsable du pro bono au sein de la Fondation Deloitte