6 mois d'engagement solidaire dans le Nord pour favoriser la réinsertion professionnelle

Le jeudi 3 Octobre 2019, avait lieu la clôture du premier Probono Booster mis en place dans les Hauts-de-France : ETHAP dans les starting blocks

Chez Pro Bono Lab, nous pensons qu’il existe un véritable lien entre sport, valeurs de partage et de solidarité. La preuve en est, l’association ETHAP a bénéficié de notre tout premier programme Probono Booster, grâce au soutien de la Fondation du Nord afin de renforcer pendant six mois l’ingénierie et la mise en œuvre de son nouveau projet, ASARE. L’objectif de son projet ? Proposer un parcours de formation à des personnes allocataires du RSA par les salariés d’ETHAP, eux-mêmes formés à devenir tuteurs, tout en prenant en compte leur situation spécifique de handicap.

Pour voir le jour, le projet nécessitait cependant besoin des compétences spécifiques, qu'ETHAP ne disposait pas en interne : tout l’objet de ce programme Probono Booster, qui a fait courir nos volontaires ! Pendant ces six mois, une vingtaine de volontaires aux profils divers et variés (salariés d’entreprises, agents de la fonction publique, mais aussi un autoentrepreneur, un retraité, et un étudiant) ont donc enfilé leurs baskets et se sont passé le relais pour apporter gratuitement à ETHAP leurs compétences et expertise, en pro bono.

On court collectif !

Dans ce cadre, plusieurs formats d’engagement avec des missions spécifiques ont été opérés.

Le programme a débuté par la mobilisation de 10 volontaires sur une journée, soit un Marathon Probono, visant à définir les fondamentaux du projet et les chantiers prioritaires sur les 6 mois d’accompagnement. Nos volontaires sont ressortis exténués, mais ravis, de cette intense journée d’intelligence collective !

Deuxième étape du programme, un Trail Probono, durant lequel deux volontaires en binôme ont élaboré pendant 6 mois le parcours d’accompagnement des futurs stagiaires du projet (allocataires du RSA) ainsi que le parcours de formation des tuteurs salariés d’ETHAP, et préparé le lancement d’un test pilote du projet. Une belle endurance, qui explique la qualité des livrables produits et remis à ETHAP.

Nous restons dans la course avec un Sprint Probono, dont l’objectif était de bâtir en une demi-journée la stratégie de communication du projet, sur le podium, 5 volontaires motivés ! Durant ce format d’engagement, ont été priorisées puis caractérisées les différentes cibles du projet, ce qui a permis aux volontaires d’élaborer des messages clés pour chacune de ces cibles.

Enfin, Pro Bono Lab a joué les prolongations, en organisant un dernier Marathon Probono, où une dizaine de volontaires a eu pour missions de travailler d’explorer les partenariats et sources de financements possibles pour le projet. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, certain(e)s volontaires se sont même engagé(e)s sur plusieurs formats à la fois.

Bruno Decherf, Président d’ETHAP est revenu sur ce programme à la soirée de clôture organisée le jeudi 3 octobre dernier : « On a gagné facilement un an de travail dans la mise en place de notre stratégie ». La balle est désormais dans leur camp !

Des volontaires conquis

Catherine Spadavecchia, Chargée de mission chez EDF « Dans le monde dans lequel on vit, le fait de pouvoir bénéficier de la part de mon entreprise d’une journée en pro bono, c’est super, on a beaucoup ri et décompressé, on a utilisé nos compétences dans un contexte différent, donc très riche pour nous ».

Philippe Farge, Délégué Régional Nord-Est chez Renault : « J’ai d’abord considéré l’expérience avec curiosité et circonspection. Je me suis dit « c’est quoi ce machin ? ». J’ai très vite été séduit et conquis par la démarche. Je me suis alors réinterrogé sur les raisons de ce coup de foudre, il y en a deux :

- Cette démarche relève de la dramaturgie, on retrouve un peu l’unité de temps, de lieu et d’action qui sont propres au théâtre classique. On se retrouve un jour, à quelques personnes qui ne se connaissent pas, autour d’un projet commun avec l’impératif moral d’aboutir en un temps limité à un résultat. C’est très puissant !

- Tout comme le fondement de cette démarche. Ce n’est pas seulement un apport de compétences, on est là pour partager ses compétences, certes, mais on en ressort en se disant que c’est en fait une expérience de partage et de réciprocité. On a découvert des gens, un projet, le pro bono. On en ressort enrichi(e)s. J’ai terminé le Sprint et le Marathon en me disant que je deviendrai ambassadeur du pro bono, de la démarche et du projet ASARE au sein de mon entreprise et au-delà ».

Christine Peroy, coach RH  : « Si ETHAP a encore besoin de bénévoles et si je peux les aider sur du coaching, pas de souci, je suis prête à mettre à disposition mes compétences et mon savoir-faire ! ».

On clôturera ce beau programme par le mot de Jean René Lecerf, Président du Département du Nord et Président d'Honneur de la Fondation du Nord : « C’est un message de solidarité, de fraternité et d’espoir tout à fait exemplaire »


Le Courrier des entreprises Puy-de-Dôme | 7 entreprises sur 10 s’engagent et soutiennent des associations locales

Pro Bono Lab et ses partenaires présentent la première édition de l’étude territoriale du Puy-de-Dôme. L’étude réalisée avec La Fondation Crédit Coopératif et La Direccte 63, met en lumière les actions solidaires menées par les entreprises et les liens avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) pour soutenir la vie locale et associative. Les résultats démontrent que le Puy-de-Dôme est d’ores et déjà un territoire d’engagement, où les pratiques solidaires se développent. Notamment le pro bono, qui permet aux entreprises et structures de l’ESS de partager entre elles leurs compétences, pour le bien public.

Premier enseignement, les acteurs de l’ESS du territoire coopèrent beaucoup entre eux. Les structures s’entraident et partagent leurs savoir-faire pour trouver des solutions collectivement. Aujourd’hui, 60% des structures le font déjà et 90% seraient prêtent à partager leurs compétences entre pairs.

 

Témoignage de CISCA (Centre d’Innovation Sociale Clermont Auvergne) : « Il y a un terrain très favorable avec des coopérations historiques entre les acteurs du département […] on en entend peu parler en dehors du territoire car les relations sont très informelles, peu instrumentalisées et non standardisées ».

Cette culture de l’entraide est d’autant plus nécessaire que 70% des structures interrogées déclarent avoir au moins un besoin en compétences, qu’elle ne peuvent pas satisfaire par leurs propres moyens. Ce constat est encore plus marqué en zone rurale, où l’accès aux compétences « clés » pour le développement des structures ou de projets est considéré comme plus difficile.

Les entreprises ont alors, elles aussi, un rôle à jouer. 29% d’entre elles ont déjà mis en place un dispositif qui permet à leurs salariés d’aider ces structures en partageant leurs compétences, que ce soit sur leur temps de travail (mécénat de compétences) ou sur leur temps libre (bénévolat de compétences).

Et même si le pro bono n’est donc pas encore généralisé, faute de temps, de ressources ou d’informations, le pourcentage d’entreprises engagées est encourageant. D’autant plus que ces pratiques s’inscrivent dans le temps. Parmi celles qui pratiquent le pro bono, 54% le font depuis plus de 5 ans.

 

Lire en intégralité sur Le courrier des entreprises

▷ Source : Le courrier des entreprises octobre 2019
▷ Auteur : Frédéric Coureau

 


La Provence | Les compétences, ça se partage

Première Pro bono factory à Marseille

"Pour le bien public", c'est la traduction de Pro bono, le nom de l'association créée en 2011 par trois étudiants de Sciences-po et HEC séduits par le mécénat de compétences après l'avoir vu à grande échelle lors d'un voyage aux États-Unis. Après une première antenne née à Lyon en 2015, celle de Marseille a vu le jour en 2017 et a déjà organisé des marathons lors desquels des salariés d'entreprises partenaires sont mis en relation avec des associations. Le 15 octobre, pour la première fois, Pro bono lab Méditerranée organisera sa Pro bono factory sur le territoire d'Aix-Marseille avec pour thème "lever les freins à l'emploi". En amont, 10 associations ont été sélectionnées parmi la vingtaine ayant répondu à l'appel lancé en début d'année. Une soixantaine de collaborateurs des entreprises partenaires répartis en équipes mixtes, répondront à leur besoin, le temps d'une journée, avec des objectifs précis à atteindre. "Les collaborateurs utilisent des compétences dont ils n'ont pas forcément besoin dans leur métier, c'est valorisant", analyse Malika Idri, responsable régionale Engagement social d'AG2R La Mondiale. EDF engage aussi plusieurs conseillers clientèle sur l'opération. "Il y a un réalignement des actions philanthropiques de l'entreprise avec sa stratégie globale. Auparavant elles avaient une Fondation parfois, là il y a une implication des collaborateurs", souligne Laurent Fialon, directeur Pro bono lab Méditerranée, qui fait le lien avec la "raison d'être" de l'entreprise désormais inscrite dans la loi Pacte.

Lire l'article en intégralité ici

▷ Source : La Provence octobre 2019
▷ Auteure : Marie-Cécile Berenger

 


Qui que vous soyez, vos compétences peuvent contribuer à construire des solutions pour le monde de demain

Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab, conclut le Pro Bono Day, journée nationale de l’engagement par le partage de compétences  :

Bonjour à toutes et tous,

Je suis particulièrement heureuse que nous ayons fait ce pari d’une journée entière consacrée au pro bono, sous toutes ses formes, dans toutes ses caractéristiques, et dans toutes les questions qu’il nous pose aujourd’hui… et nous posera demain. Le fait que nous ayons été si nombreux nous conforte dans notre choix : nous avons eu raison de rassembler tant d’acteurs aujourd’hui, de leur donner la parole et de réfléchir, ensemble. C’est sur la force de ce collectif que l’on pourra s’appuyer demain pour développer le pro bono, garantir le fait qu’il soit mis en place avec éthique et professionnalisme et évidemment, donc, maximiser son impact.

Depuis ce matin, nous nous sommes posé de nombreuses questions, parmi lesquelles “le pro bono participe-t-il de la raison d’être de l’entreprise ?” , “le pro bono permet-il aux associations de se développer efficacement ?”, et pour les individus, après tout, “pourquoi faire du pro bono ? Qu’est-ce que ça apporte vraiment ?”.

Permettez-moi, en tant que Présidente, de vous livrer ce que je retiens dans tout ce qui a été dit aujourd’hui sur ces 3 questions.

D’abord, pour l’entreprise, je retiendrais que par son engagement pour le bien public, elle peut rendre à la société quelque chose de plus grand qu’elle, de plus grand que la satisfaction de ses clients, de plus grand que la création de valeur. 

Définir la “raison d’être” d’une entreprise ne se fait pas sans prendre en compte toutes les parties prenantes impliquées dans son activité, et en particulier celles qui lui permettent de fonctionner au quotidien : ses salariés.

De nombreuses d’entreprises l’ont déjà compris, et le pro bono, mécénat ou bénévolat de compétences, est une pratique qui se généralise. Tout n’est pas acquis, il reste encore un long chemin devant nous, de sensibilisation, de formation, de promotion, mais je crois (et cette journée nous le confirme) que nous sommes en bonne voie. Ce qui est certain, c’est que l’engagement des collaborateurs, à l’heure de la raison d’être ou de l’entreprise à mission, s’impose, selon nous, comme un indispensable. Quoi de plus naturel pour une entreprise qui se dit engagée que de permettre à ses salariés de s’engager
à ses côtés ?

Celle qui ne le ferait pas se prive d’un formidable potentiel. Elle se prive d’une véritable preuve par l’action concrète. Car pour moi, il n’y a pas plus concret que l’engagement d’un collaborateur pour incarner l’engagement de son entreprise.

Je retiendrais aussi la raison d’être du pro bono, rappelée aujourd’hui par des entreprises persuadées que des ponts existent et que d’autres doivent se construire avec les structures de l’ESS. J’aimerais notamment vous rappeler des propos tenus ce matin par Anita Kirpalani, d’EPIC : “Attention à ce que le pro bono ne soit pas seulement un moyen pour les entreprises de se donner bonne conscience quand le climat social ou le moral des troupes ne sont pas au beau fixe, quand des problématiques de fin de carrière se posent à elle. Le pro bono n’est pas un pansement que l’on pose sur des problématiques RH.” D’autres propos, dont ceux de Sylvaine Parriaux d’Admical par exemple, sont allés dans le même sens. Et je tiens à le redire, avec beaucoup de force : le pro bono doit d’abord, et je le répète bien, d’abord, répondre aux enjeux d’intérêt général des structures bénéficiaires. 

Bien sûr, comme toute démarche altruiste, il peut être et il est bénéfique en retour. Permettre de trouver du sens, développer des savoir-faire, fédérer des équipes… Bien sûr le pro bono répond à d’autres besoins que ceux des structures accompagnées. Mais l’expérience la plus riche, celle que nous valorisons avec Pro Bono Lab et avec d’autres, est celle qui ne perd pas de vue son objectif : répondre aux besoins de ces structures, pour le bien public. Et c’est ce premier message que je souhaite vous adresser Monsieur le Ministre, Cher Gabriel Attal : comptez sur nous, avec d’autres dont nombreux étaient présents aujourd’hui, pour veiller à ce que le mécénat de compétences s’exerce dans le respect de cet objectif.

Alors, si et seulement si celui-ci n’est pas perdu de vue, le pro bono devient un réel levier de développement des structures de l’ESS. C’est ce que nous souhaitons garantir avec Pro Bono Lab, chaque jour. Notre mission à nous est claire : diagnostiquer les besoins des structures de l’ESS, puis favoriser l’engagement de tous pour que ces besoins puissent être satisfaits. Pour cela il faut que la rencontre entre les deux soit préparée, encadrée, outillée, animée. C’est précisément le coeur de notre métier.

Enfin, pour l’individu, je retiendrais les bienfaits du pro bono à n’importe quel moment de sa vie. Contribuer à construire un monde meilleur pour demain, par la compétence, n’est-ce pas une idée structurante dans la vie de chacun ? Les compétences, le travail, le statut social sont des éléments importants pour chaque femme et chaque homme. L’activité pro bono est aussi épanouissante que l’activité professionnelle, parfois même beaucoup plus, nous l’avons vu. Lorsque nous réaffirmons sans cesse que toute compétence est un bien public, c’est parce que nous croyons nous aussi en cette valeur de “l’activité bénévole”, de “l’activité pro bono” et constatons chaque jour les bienfaits sur celui qui donne. Nous croyons que cette activité ouvre les perspectives d’une société plus inclusive, où chaque personne peut trouver sa place, où chaque personne est en capacité d’agir… simplement par la transmission de ce qu’elle sait, de ce qu’elle connaît. Une société où la valeur d’une personne se mesure, au-delà d’un capital financier, à la hauteur de son capital humain.

Je voudrais ici, vous l’avez compris, décorréler les compétences, du travail et du statut social. Car oui, un étudiant a des compétences. Oui, une personne en recherche d’emploi a des compétences. Oui, un retraité a des compétences. Tout comme tout salarié, cadre ou non, d’une petite, moyenne ou grande organisation. Qui que vous soyez, vos compétences peuvent contribuer à construire des solutions pour le monde de demain. Qui que vous soyez, notre société doit reconnaître cet investissement humain. Qui que vous soyez, elle doit le valoriser. Elle doit l’encourager. Et c’est le second message que je souhaite vous adresser ce soir, cher Gabriel Attal.

J’espère que vous repartirez toutes et tous de cette journée, qui se termine, avec des interrogations. Pourquoi des interrogations ? Car le pro bono est adaptable à toute situation et que si tel est le cas, c’est que nous aurons ouvert pour vous des perspectives nouvelles. Alors continuons à nous poser des questions, continuez avec nous à vous en poser, pour rendre cette pratique toujours plus vertueuse, pour maximiser son impact et pour faire d’elle, comme Pauline Véron (Adjointe à la Maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à la démocratie locale, la participation citoyenne, la vie associative et la jeunesse) l’a appelé de ses voeux cet après-midi, un incontournable d’une société de l’engagement.

Merci encore d’avoir été si nombreux à participer à cette journée.

Merci à tous nos partenaires et intervenants pour la qualité de leur contribution à cette journée.

Merci à Flavie Deprez, directrice éditoriale et de la communication de Carenews, d’avoir une fois de plus répondu à notre appel avec tant d’enthousiasme, de professionnalisme et d’humour, il faut le dire.

Merci à Sylvain et à toute l’équipe de Pro Bono Lab qui a coordonné ce temps fort, pour leur travail remarquable et leur implication au quotidien.

Je vous donne rendez-vous en mai 2020 pour notre Sommet International… puis en octobre 2020 pour une 3ième édition de ce Pro Bono Day.

Signez le Manifeste "toute compétence est un bien public"

▷ Auteure :  Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co


Créer un pont entre le domaine privé et les acteurs de l'ESS

L’engagement citoyen des entreprises et des individus est aujourd’hui une nécessité. Il est urgent de créer de nouvelles connexions entre les acteurs de la société, mettre en commun les énergies et les compétences pour relever les grands défis sociaux et environnementaux. A l’occasion du Pro Bono Day, dirigeants, décideurs et experts prennent la parole :

SAP soutient l’entrepreneuriat social et contribue au bien-être de ses collaborateurs par le mécénat de compétences.

SAP est le leader du marché des applications d’entreprise : 77% des transactions financières mondiales passent par un système SAP. L’entreprise accompagne les organisations de toute taille et de tout secteur à mieux opérer. Avec son réseau mondial de clients, partenaires, employés et leaders d’opinion, SAP aide le monde à mieux fonctionner et à améliorer la vie de chacun.

Depuis 2014, SAP s’engage pour soutenir l’entrepreneuriat social notamment auprès de makesense, une communauté internationale qui réunit des citoyens, des entrepreneurs et des organisations qui agissent ensemble pour un monde inclusif, durable et résilient, et qui incube des startups à vocation sociale ou environnementale.

L’engagement des collaborateurs SAP auprès des entrepreneurs sociaux incubés par makesense a commencé par des ateliers d’idéation, en Design Thinking, de 2 heures et proposants à une vingtaine de collaborateurs SAP de résoudre le défi d’un entrepreneur social. Ce format s’est rapidement renforcé par une démarche de mécénat de compétences techniques, à la journée, afin d’accompagner les entrepreneurs sociaux à la réalisation des idées proposées en atelier.

De 2014 à 2017, ateliers et journées de mécénat de compétences techniques ont mobilisé ponctuellement une trentaine de collaborateurs SAP au service de plusieurs dizaines d’entrepreneurs sociaux. Collaborateurs en entrepreneurs étaient unanimes sur l’utilité de ces rencontres mais souhaitaient les prolonger dans le temps. C’est ainsi qu’est né en 2018 le programme « mentoring SAP4Good », un programme d’accompagnement, en équipe pluridisciplinaires, d’entrepreneurs sociaux pendant 6 mois. Les huit startups de chaque promotion sont sélectionnées par makesense qui leur apporte tout au long de leur six mois d’incubation un accompagnement orienté sur l’impact et les communautés. En parallèle, SAP les accompagne sur le volet technologique pour les aider à tirer le meilleur de leur phase de prototypage et consolider leur business model. L’accompagnement de l’entrepreneur social par un groupe de collaborateurs SAP s’articule autour d’un rendez-vous par mois d’une durée de deux heures.

La collaboration SAP et makesense s’illustre par de belles réussites en termes d’impact. Par exemple avec la startup GreenGo, qui propose des contenants en verre pour les cantines et la restauration à emporter. L’accompagnement de SAP a permis à GreenGo d’affiner son business model et sa politique commerciale avant d’entrer dans sa phase d’accélération. Installé au siège de SAP France, GreenGo a d’ailleurs réussi à faire de Compass, le prestataire de la cantine SAP France, son premier client.

Avec plus de 130 participants en 2 ans, les collaborateurs SAP révèlent une vraie appétence pour le programme d’accompagnement d’entrepreneurs sociaux en mécénat de compétences. Ils en tirent de nombreux avantages mis en lumière par une étude d’impact interne réalisée suivant la méthode (IM)PROVE & Fondation Rexel entre décembre 2018 et juin 2019. L’étude d’impact révèle quatre grands enseignements.

Le programme d’accompagnement renforce le lien entre les collaborateurs et l’entreprise : 88% des répondants estiment que leur participation au programme est un de leur temps fort chez SAP. Côté millenials, 81% des mentors « millenials » disent rester chez SAP en partie grâce au programme.

Les collaborateurs sont acteurs de la vie de l’entreprise, les participants expliquent rencontrer davantage de collègues qu’en temps normal et que le programme leur permet de créer des liens plus profonds avec leurs collègues : 86% des mentors révèlent qu’ils sont plus heureux au travail et 91% d’entre eux portent un regard différent sur leurs collègues.

Les collaborateurs aiguisent leurs savoir-faire et savoir-être grâce à leur mécénat de compétences et en développent de nouvelles. Le programme permet à ses participants de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’exprimer leur créativité. Ils sont également amenés à développer des compétences d’animations de groupe, des qualités d’écoute et de patience. En effet, 69% des répondants estiment sortir plus facilement de leur zone de confort et 42% d’entre eux reconnaissent exprimer plus facilement leurs opinions.

Enfin, le programme d’accompagnement se révèle être un déclencheur d’engagement. En effet, 91% des participants venant du business se réengagent d’une promotion sur l’autre et 59% souhaitent s’engager à titre personnel pour l’entrepreneuriat social après avoir participé au programme.

Par son programme d’accompagnement d’entrepreneurs sociaux en mécénat de compétences, SAP soutient l’entrepreneuriat social et permet à ses collaborateurs d’avoir un impact positif sur la société et sur l’environnement. L’engagement en équipe pluridisciplinaire permet de couvrir un large spectre de compétences nécessaires aux entrepreneurs pour affiner à la fois le pan technique de leur solution et leur modèle économique. Avec bienveillance, la diversité des femmes et des hommes qui s’engagent est mise à profit pour créer un pont dans la durée entre le domaine privé et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.

En savoir plus

▷ Auteure :  Caroline Garnier, Directrice des ressources humaines SAP France
▷ Sources : Étude d’impact du programme de mentoring d’entrepreneurs sociaux par les collaborateurs SAP.
pro-bono.co


Les actes d’abord, la raison d’être ensuite

L’engagement citoyen des entreprises et des individus est aujourd’hui une nécessité. Il est urgent de créer de nouvelles connexions entre les acteurs de la société, mettre en commun les énergies et les compétences pour relever les grands défis sociaux et environnementaux. A l’occasion du Pro Bono Day, dirigeants, décideurs et experts prennent la parole :

La Loi PACTE a introduit dans la législation la notion de raison d’être et le statut de sociétés à mission. L’occasion pour plusieurs grandes entreprises de se doter d’une signature suggérant que leur activité économique répond à besoin sociétal. Un premier pas vers une refonte vertueuse de leur modèle pour les optimistes, une aubaine marketing pour les plus cyniques. Pour Les entreprises pour la Cité, l’affrontement entre ces deux visions émergentes, trop souvent dogmatiques, ne peut s’arbitrer que par les actes.

Depuis sa création en 1986, les équipes du réseau Les entreprises pour la Cité ont théorisé et décrypté de nombreux concepts, du mécénat d’entreprise alors balbutiant à la RSE, de l’engagement sociétal aux investissements citoyens, de la responsabilité à l’innovation sociale. Les entreprises dites à mission, contributives, bienveillantes, résilientes ou encore positives sont aujourd’hui les héritières de ces années de réflexion. Depuis 30 ans, les théories se sont renforcées et complexifiées. Elles soulignent surtout une dynamique forte : les engagements sont de moins en moins considérés comme externes à l’entreprise mais s’intègrent à leur cœur d’activité, créant une boucle vertueuse entre performance sociale et économique.

Les entreprises à mission affirment pleinement cette réciprocité en faisant de leur activité économique une opportunité de réponse à un objectif d’intérêt général. Encore faut-il que la mission dépasse le slogan pour se traduire en actes, et qu’elle soit ainsi un vecteur de transformation profonde du business model de l’entreprise. Ainsi, pour les entreprises qui ne sont pas « mission native » (c’est-à-dire dont leur cœur d’activité ne répond pas par essence à une problématique d’intérêt général), l’enjeu n’est pas d’élaborer une nouvelle raison d’être mais bien de se doter d’une politique d’engagement sociétal ambitieuse, concrète, cohérente avec l’histoire de l’entreprise et ses métiers, disposant de moyens suffisant pour atteindre des objectifs élevés et évalués. Puis, ce n’est que si tous les collaborateurs se l’approprient et la mettent en œuvre dans leurs actions quotidiennes que les entreprises pourront s’enorgueillir d’accomplir une mission d’intérêt général.

Bonne nouvelle : les entreprises ne partent pas de zéro, bon nombre d’entre elles ayant déjà pris depuis longtemps des engagements en faveur de l’intérêt général. Le pro bono en est évidemment un exemple édifiant. En mobilisant les compétences de leurs collaborateurs au service du bien public, les entreprises répondent à des enjeux de société en agissant dans leurs cœurs de métier. Il en est de même pour le mécénat, lorsqu’il est pensé dans une logique de performance en cohérence avec la stratégie globale de l’entreprise. Plus encore, les nouvelles formes d’engagements hybrides (que nous dénommons « investissements citoyens ») illustrent parfaitement la convergence entre intérêt général et performance économique. C’est le cas de joint-ventures sociales qui permettent de répondre à des problématiques business en favorisant l’insertion professionnelle. Les contrats à impact social répondent également à cette logique, en attendant un retour financier sur l’investissement dans des expérimentations à fort impact social.

Plutôt que de définir une mission ex nihilo, les dirigeants d’entreprises ont donc l’opportunité de valoriser leurs engagements effectifs, en cohérence avec leur cœur d’activité, qu’ils s’agissent de mécénat, de partage de compétences, ou de partenariats hybrides avec des entrepreneurs sociaux. C’est en s’appuyant sur leurs actions passées, en partageant avec leurs collaborateurs leur volonté d’ancrer leur engagement au cœur de leur modèle, en repensant l’ensemble de leur activité à l’aune de leurs impacts sociétaux et en tissant ainsi les liens entre leurs business models et leurs investissements citoyens que les entreprises pourront définir une mission d’intérêt général cohérente et sincère. Les actes d’abord donc, la raison d’être viendra naturellement ensuite !

L’essor du concept de sociétés à mission témoigne ainsi d’un rapprochement à l’œuvre entre les acteurs de l’ESS, aux modèles sans cesse plus entrepreneuriaux, et les entreprises traditionnelles qui s’appuient sur leur responsabilité pour transformer leur organisation. S’il est impensable qu’une complète convergence entre ces deux mondes s’opère à court terme, il est tout de même réjouissant d’observer la mue d’une partie du secteur privé lucratif, bien décidé à réaffirmer son rôle pour l’intérêt général. La priorité est désormais de multiplier les preuves que cette métamorphose est sincère et bénéfique pour la société et ses entreprises pour espérer réorienter l’économie dans son ensemble et la réconcilier avec le long terme.

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▷ Auteur :  Simon Bitaudeau, Responsable Mécénat et Investissements citoyens, Les entreprises pour la Cité
▷ Source : pro-bono.co


Le pro bono, un levier de mise en œuvre des ODD

L’engagement citoyen des entreprises et des individus est aujourd’hui une nécessité. Il est urgent de créer de nouvelles connexions entre les acteurs de la société, mettre en commun les énergies et les compétences pour relever les grands défis sociaux et environnementaux. A l’occasion du Pro Bono Day, dirigeants, décideurs et experts prennent la parole :

Le pro bono, un levier de mise en œuvre des ODD

Au moment où la France s’engage auprès de l’ONU dans une feuille de route ambitieuse[1], et où les Français plébiscitent un « devoir d’alliance » dont ils ont le sentiment qu’il n’est pas assez développé[2], le Pro Bono Day 2019 tient une place particulière.

Face à la raréfaction des ressources et l’accroissement des besoins sociétaux, l’engagement est au cœur de notre capacité collective à inventer des solutions à la hauteur de nos défis collectifs[3].

C’est sur les territoires que s’incarne la dynamique de co-construction qui permet à la fois de réduire les fragilités et d’inventer de nouveaux moteurs de développement durable.

Elle passe par notre capacité à transformer les modèles socio-économiques, notamment ceux au service de l’intérêt général[4]. La diversité des richesses humaines en constitue le 1er levier, et nous devons collectivement nous y atteler.

Faire de toute compétence un bien public, comme nous y invite Pro Bono Lab est un enjeu collectif. Le développement du pro bono favorise une agilité relationnelle, un changement de regard et de pratique des personnes, comme des organisations. Un changement-clé pour répondre aux défis posés par les Objectifs du Développement Durable[5].

La feuille de route des ODD pour la France nous fixe un cap ambitieux[6]. Développons notre agilité, en particulier via le pro bono, pour réussir ensemble ce pari collectif !

 

 

[1] « Feuille de route des ODD pour la France » (Ministère de la Transition écologique et solidaire, septembre 2019)
[2] Etude IMPACT-Citoyens (COMISIS-Opinion Way pour l’Observatoire des partenariats, octobre 2019)
[3] Rapport d’étude exploratoire programme IMPACT (Observatoire des partenariats, mars 2019)
[4] Référentiel « Les modèles socio-économiques d’intérêt général » (Le RAMEAU – JURIS Associations, septembre2019)
[5] Rapport « Etat des lieux sur l’appropriation des ODD par les acteurs non étatiques » (Comité 21, juillet 2018)
[6] « Feuille de route des ODD pour la France » (Ministère de la Transition écologique et solidaire, septembre 2019)

En savoir plus

▷ Auteur :  Charles-Benoît Heidsieck, Président Fondateur Le Rameau
▷ Source : pro-bono.co


Les nouvelles publications | La première édition de la "Fabrique du bien public" Aix-Marseille Provence

Spécialiste du mécénat de compétences, l'association Pro Bono Lab a lancé à Marseille sa première « fabrique de bien public ». Explications de son directeur régional Méditerranée, Laurent Fialon.

Les Nouvelles Publications : Probono kézako ?
Laurent Fialon : 
En latin Probono publico, littéralement « bien public », est un concept qui a émergé dans les années 70 dans les pays anglo-saxons, principalement dans le secteur juridique où un avocat peut ainsi défendre probono, c'est-à-dire gratuitement ou pour des honoraires symboliques, une personne défavorisée. A travers notre association, nous portons en effet cette conviction que toute compétence est un bien public et nous promouvons donc le partage de compétences entre bénévoles et organisations pour répondre à de grandes causes sociétales. En France, on parle plus facilement de mécénat et de bénévolat de compétences [...].

Lire l'interview en intégralité ici

▷ Source : Les nouvelles publications économiques et juridiques, octobre 2019
▷ Auteur : Jean-Philippe Pierrat

 


GOMET' | Relevons les défis de nos territoires par le partage de compétences

Permettre à ses collaborateurs de se mobiliser pour des causes d’intérêt général en partageant leurs compétences, représente, pour toute entreprise, un engagement citoyen riche et vertueux. Cette conviction, réaffirmée par huit décideurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur, encourage la co-construction d’innovations sociales autour des enjeux du territoire, notamment pour l’emploi. Gomet’ leur donne la parole à travers cette tribune.

Le 11 avril dernier, la loi PACTE a été adoptée. Le Code civil permettra désormais à toute société d’inscrire une « raison d’être » dans ses statuts. Au sein de notre territoire, bien avant qu’émerge cette réflexion sur le rôle sociétal de chaque entreprise, de nombreux dirigeants ont pris leurs responsabilités en développant ou soutenant des actions à fort impact social. Oui, la « raison d’être » de chacune de nos entreprises est de s’engager, avec tous les acteurs de notre écosystème régional, pour en assurer collectivement et durablement le développement. Oui, chacune de nos entreprises doit se projeter vers l’avenir en investissant dans la citoyenneté et contribuer à construire des solutions innovantes face à l’ampleur de l’urgence sociale.

Il existe un très large éventail de modèles d’engagements citoyens. Parmi eux, la mise à disposition des compétences de collaborateurs est un moyen d’action aussi moderne que naturel. Le premier capital de toute entreprise, ce sont ses ressources humaines. Et la plus grande richesse qu’elle puisse offrir, ce sont les compétences des femmes et des hommes qui la composent. C’est cela que nous souhaitons promouvoir ici, collectivement. Dans le monde, la pratique du pro bono (en latin pro bono publico signifiant pour le bien public) consiste à partager gracieusement et volontairement ses compétences professionnelles avec une organisation ou une personne qui en a besoin.

En France, elle se décline à travers le bénévolat de compétences (l’engagement par le partage de compétences sur temps personnel) ou le mécénat de compétences (sur temps de travail) – ce dernier bénéficiant depuis 2003 d’un dispositif fiscal unique sur le plan international.

L’emploi, notre préoccupation majeure

Au sein de notre écosystème, ce sont les thématiques de l’emploi et de l’entrepreneuriat – comme moyen de retour à l’emploi – qui fédèrent un grand nombre d’initiatives collectives. Et pour cause, notre territoire possède, malgré une dynamique positive, le taux de chômage le plus élevé de France : 10,2% à fin 2018. Acteurs publics, entreprises et société civile s’organisent donc à travers plusieurs grandes initiatives ou programmes locaux.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est ainsi le berceau d’initiatives telle qu’Empl’itude, premier label territorial en France qui valorise les actions et les bonnes pratiques des organisations en matière d’emploi, de ressources humaines et d’engagement sociétal. Un label né à Marseille en 2007 à l’initiative d’Emergence(S), Association d’animation du PLIE (Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi). Des dispositifs comme “Un parrain-Un emploi” initié par la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et mis en œuvre par Pôle Emploi,Sésame Jeunes Talents” et “Talents Séniors” initiés par l’APEC, ou encore “Tandem – le Hub du Mentorat proposé par la CCI Marseille Provence, viennent compléter une vaste offre d’accompagnement mixte au sein de notre écosystème, qui intègre pleinement les entreprises locales.

Celle-ci s’appuie pleinement sur l’un des formats d’engagement par le partage de compétences, le parrainage, qui consiste à mobiliser des marraines ou parrains, notamment des cadres ou dirigeants d’entreprises, pour accompagner directement des bénéficiaires (demandeurs d’emplois, entrepreneurs…).

Vers des dynamiques d’envergure grâce à une pratique renouvelée du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences)

Très tôt, nous avons ainsi compris qu’une entreprise engagée était d’abord une entreprise qui permet à ses salariés de s’engager. Nous souhaitons aujourd’hui promouvoir cet engagement, et ouvrir la voie d’une véritable dynamique d’envergure, d’intelligence collective, au service de structures qui œuvrent sur ce champ. En tant qu’entreprises et institutions engagées, nous connaissons l’importance des actions de mentorat, de parrainage, et plus généralement de l’accompagnement personnalisé. Mais nous souhaitons également encourager toutes les parties prenantes de notre écosystème à se mobiliser : c’est en fédérant des profils et des combinaisons de compétences divers et variés autour de ces causes que nous contribuerons à les faire avancer. C’est tout l’objet de la prochaine Probono Factory, fabrique du bien public par et pour les territoires. Elle permettra, en octobre 2019, à Marseille, d’agréger les compétences de plus de 100 collaborateurs d’entreprises et volontaires particuliers (étudiants, demandeurs d’emplois, etc.) autour de 10 structures à finalité sociale œuvrant au quotidien pour « lever les freins à l’emploi ».

Dans un monde où les compétences transversales deviennent de plus en plus déterminantes aussi bien pour travailler que pour s’insérer dans la société, nous sommes convaincus du pouvoir du partage de compétences. Pour permettre à chacune et chacun de réaffirmer, valoriser et développer ses compétences, mais aussi pour prendre confiance en soi : il constitue un levier complémentaire de formation, de construction et d’inspiration de chaque parcours professionnel, y compris pendant une période de transition ou de recherche d’un nouvel emploi.

L’engagement par le partage de compétences doit être une solution face à une pluralité de fragilités qui menace l’équilibre de notre écosystème territorial. Permettre à nos salariés de s’engager, c’est miser sur leurs connaissances et compétences dans la recherche et le soutien d’innovations sociétales efficaces et immédiates. Une entreprise qui s’engage, c’est une entreprise qui choisit de préparer l’avenir avec les acteurs de son écosystème d’ancrage. Ensemble, relevons les défis de nos territoires, mettons les compétences de nos collaborateurs au service du bien public.

Les signataires

Fabrice ALIMI, Vice-Président CCI Marseille Provence, délégué Emploi Insertion Formation Orientation.
Pierre ALLARY, Président d’Emergences, association d’animation du PLIE Marseille Provence Centre
Edouard CAILLEAU, Président CJD Marseille
Sylvain COULANGE, Directeur des Projets Stratégiques Sodexo France
Samuel DEWITTE, DRH HOPPS Group et DGA Adrexo
Paul HAERI, DRH du Groupe CMA CGM
Denis PHILIPPE, Président de la Chambre Régionale des Entreprises de l’ESS
Jean-Paul ROMET, Délégué Emploi / RH & RSE EDF – Délégation Régionale Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

▷ Source : Gomet', septembre 2019
▷ Tribune collective

 


CV de parent : de l'expérience et des compétences

(2/3) Être parent, c’est du boulot ! Du moins, cela demande de vraies compétences. Pourtant celles-ci sont peu reconnues dans les parcours professionnels… Comment mieux les valoriser ? Comment faire enfin changer les mentalités ?  Véronique d’Estaintot, Fondatrice d’Au fil de vos choix revient sur son expérience avec Pro Bono Lab, dans le cadre du programme Pro Bono Explorers.

Partant du présupposé que des compétences développées hors champ professionnel peuvent être mobilisées au profit d’une structure à finalité sociale, Pro Bono Lab s’est intéressé à la question des compétences développées dans le cadre de la vie de parent. Un sujet qui a fait « tilt » quand nous l’avons évoqué avec Marine Pichon, responsable des programmes et de l’évaluation d’impact chez Pro Bono Lab ! En effet, voilà plusieurs années que j’explore la question et formalise progressivement le fruit de mes observations, de mon expérience personnelle et de mes travaux, en vue de valoriser l’expérience de la vie de parent et les compétences qu’elle permet de développer. Quelle joie, par ailleurs, dans ma pratique professionnelle, quand je vois l’étincelle s’allumer dans les yeux de mes interlocuteurs au moment où ils prennent conscience de toutes les compétences qu’ils ont eu l’occasion de développer dans le cadre de leurs expériences hors champ professionnel, y compris dans leur vie de parent !

 

En partenariat avec Allianz Partners, nous avons décidé de construire ensemble une expérimentation visant à mobiliser les compétences de parents d’une équipe de salariés du Mans au profit d’une structure à finalité sociale. Première étape : identifier les compétences développées par les salariés dans le cadre de leur vie de parent et établir un inventaire des compétences du groupe. Deuxième étape : mobiliser ces compétences au profit d’une association lors d’une journée de mécénat de compétences.

Un large éventail de compétences.

L’objectif principal de cette première journée était de permettre aux participants de prendre conscience de la multiplicité et de la variété des compétences qu’ils avaient développées grâce à leur vie de parent. Des activités individuelles ou en groupe ont fait émerger peu à peu une liste impressionnante de compétences, classées ensuite selon plusieurs critères par les participants, en référence à des métiers ou à des fonctions en entreprise. Quelques apports théoriques sur la notion de compétence et ses modalités de développement sont venus étayer la démarche. A noter que les caractéristiques de la vie de parent en font une situation d’apprentissage idéale à plusieurs titres, alliant la variabilité des conditions, la répétition, la durée, le feedback immédiat à des activités bien spécifiques. Rien de tel pour assurer le développement des compétences, leur renforcement et leur mise à jour permanente : la formation est garantie à vie, au fur et à mesure de l’évolution de l’enfant et des péripéties de la vie familiale ! Si développer des compétences, c’est apprendre à agir dans une situation et un contexte donnés, en mobilisant et en combinant des ressources internes et externes de façon efficace, on peut dire que les parents ont de l’entraînement : ils sont constamment dans l’action et l’expérimentation…

Avant d’aller plus loin, je vous propose de répondre aux questions suivantes :

1) D’après vous, quelles sont les compétences susceptibles d’être développées dans le cadre de la vie de parent ?

2) Pensez-vous que les parents développent tous les mêmes compétences ?

3) Dans votre environnement professionnel, y a-t-il des compétences que vous retrouvez plus fréquemment chez ceux qui sont parents ?

 

Si vous en parlez autour de vous, vous le verrez, les réponses sont multiples, et c’est là la difficulté du sujet. Même si les situations se ressemblent et qu’un même vécu peut être partagé, chaque enfant est différent, chaque parent également : il y a plus d’une façon de faire et les parents ont de multiples ressources pour s’adapter aux circonstances. De plus, la mobilisation de ces compétences ne se limitant pas à la sphère familiale, il est difficile de faire la part des choses pour déterminer leur origine. On constate cependant que certaines compétences sont évoquées plus souvent que d’autres : il pourrait donc être tentant d’essayer d’établir un référentiel de compétences. Mais qui dit référentiel, dit norme, comparaison, évaluation, voire renvoi à une vision compétitive du monde. Ne serait-ce pas rajouter une pression supplémentaire sur les parents d’aujourd’hui, qui ont déjà tendance à culpabiliser et à vouloir être parfaits ? Et puis… être parent, est-ce un métier ?

Des motifs d’étonnement… et peut-être un biais rétrospectif !

Le spectre des compétences de parent, une découverte pour certains : « Finalement, on pourrait tous être managers ! », a conclu une des participantes en fin de journée. « Je n’avais pas réalisé à quel point ma créativité s’était trouvée développée par ma vie de parent », s’est exclamée une autre. « C’est curieux, l’organisation, on ne s’en rend plus compte tellement c’est devenu naturel ! », s’est étonné un participant. Ces réflexions illustrent l’enjeu d’un travail personnel d’identification de ses propres compétences de parent, qui est d’en prendre conscience et d’être capable de les nommer et de les caractériser.

Pour d’autres, pas de surprise : en fin de journée, certains participants ont dit qu’ils avaient déjà conscience des compétences qu’ils avaient développées dans le cadre de leur vie de parent : leur existence leur paraissait une évidence. L’auraient-ils formulé ainsi sans avoir participé à cette journée ? Pourrait-il s’agir d’un biais rétrospectif, qui consiste à considérer après coup des événements comme plus prévisibles qu’ils ne l’étaient avant leur survenue ? Est-ce d’une telle évidence ? Auquel cas, pourquoi s’agit-il d’un sujet aussi rarement évoqué dans le cadre des entretiens professionnels ? Que faudrait-il pour que ces compétences paraissent légitimes au point de faire figurer l’expérience de parent sur les CV ?

La réponse émergera peut-être au cours de la deuxième journée, dont l’enjeu sera de mobiliser volontairement ces compétences en accompagnant une association autour d’une problématique spécifique…

▷ Auteure : Véronique d’Estaintot, chercheuse en psychologie de la décision, Fondatrice d’Au fil de vos choix
▷ Source : pro-bono.co
▷ Visuel : Gosia Herba pour Quartz at Work