Faire le choix des territoires

Emilie Vuillequez, co-fondatrice de Pro Bono Lab et Directrice du développement territorial, revient sur 5 ans d'aventure collective, à la rencontre des territoires.

Webinaire : comment le pro bono génère-t-il des dynamiques territoriales ? RDV le 12 mai

Cinq ans déjà. Cinq ans que nous nous sommes lancé un défi : développer notre association Pro Bono Lab en dehors de l’Île-de-France, sur de nouveaux territoires. L’objectif ? Que toute personne, où qu’elle vive en France, puisse partager ses compétences pour contribuer aux causes qui lui sont chères. C’était ambitieux.

C’était ambitieux, mais nous avions la conviction que la compétence n’était pas réservée aux salariés des tours de La Défense. C’était impossible, mais nous avons pris le temps de mesurer les obstacles qui nous attendaient. C’était audacieux, mais, face aux demandes répétées d’associations, nous avions ce devoir d’aller chercher les compétences partout, là où elles sont, pour les transmettre aux structures qui œuvrent pour le bien public.

Nous sommes sortis de notre zone de confort, de notre microcosme auquel les réseaux sociaux nous habituent tant.

Certains nous avaient annoncé que nous courrions à l’échec. Le pro bono c’est conceptuel, c’est une mode parisienne déconnectée des vraies gens : qui, en dehors d’une poignée de DRH convaincus du CAC 40, de quelques dirigeants de fondations, de conseillers au sein de ministères, allaient s’intéresser au pro bono publico (littéralement « pour le bien public ») ? Eh bien, après avoir mené quelques études territoriales, et deux éditions du panorama du pro bono, nous avons la réponse : beaucoup de monde, des responsables associatifs en zone rurale aux dirigeants de grandes entreprises.

Alors certes, peu de personnes connaissent le terme « pro bono », mais après une courte explication, 30% des Français déclarent en avoir déjà fait et 31% n’en avoir jamais fait mais être intéressés*. Des chiffres qui résonnent avec l’universalité du pro bono, qui dépasse les frontières entre villes et campagnes, villages et agglomérations : s’engager pro bono, c’est transmettre ce qui fonde notre capital humain, nos compétences.

D’autres personnes nous avaient prévenus : cela serait compliqué. Elles ont eu raison. Nous avons pris quelques portes, une ou deux vestes. Cependant, nous avons compté bien plus de personnes intéressées par notre démarche, que nous avons écoutées. Avec elles, nous avons créé des programmes adaptés à leurs enjeux locaux, évalué les résultats, testé à nouveau, avec patience. Nous sommes sortis de notre zone de confort, de notre microcosme auquel les réseaux sociaux nous habituent tant. Nous avons investi de l’argent, du temps, de l’énergie. Dans cette aventure, nous avons pu compter sur le soutien de grandes entreprises de taille nationale et internationale, de collectivités locales qui n’ont pas eu peur de jouer la carte de l’innovation sociale, d’entreprises de taille intermédiaire, d’acteurs de l’ESS, et d’individus qui ont eu envie de faire bouger leur territoire.

Alors que les besoins sont et seront grands partout en France, nous miserons avec la Pro Bono Factory sur le local, sur le collectif, sur l’entraide.

Merci à toutes ces personnes, qui ont compris les vertus du pro bono et qui ont cru en nous. Aujourd’hui, Pro Bono Lab a déployé, en plus de son siège implanté à Clichy, 4 antennes régionales, et a mobilisé les compétences de 5 000 volontaires au profit d’associations implantées dans 58 départements. Les chiffres ne sont pas tout. Être ancré sur plusieurs territoires, en faire partie, c’est aussi et surtout travailler avec d’autres acteurs, connaître la réalité de leur terrain, leur faire confiance pour s’approprier une innovation afin d’en créer une nouvelle, et répondre ainsi, ensemble, aux enjeux locaux. C’est de cette manière qu’est né le programme Pro Bono Factory, qui mise sur la force du collectif pour développer les solutions qui existent déjà sur un territoire, au service d’une cause prioritaire au niveau local.

Ce choix des territoires résonne d’autant plus avec la crise qui nous touche cette année, et qui n’épargne personne. Alors que les besoins sont et seront grands partout en France, nous miserons avec la Pro Bono Factory sur le local, sur le collectif, sur l’entraide. Nous sommes persuadés que les solutions pour reconstruire une société plus juste s’y trouvent déjà, mais qu’elles ont besoin d’un coup de pouce pour se déployer.

Il est temps aussi pour nous d’aller plus loin. D’une part, nous sommes en pleine capitalisation du travail mené depuis cinq ans par nos équipes avec nos partenaires sur plusieurs territoires. Pour renforcer et développer nos compétences en interne, et en faire bénéficier nos écosystèmes actuels. Pour accélérer le développement de nouvelles antennes régionales, dont certaines déjà en préfiguration. La crise économique qui s’annonce pourrait être l’occasion de freiner, de douter. Au contraire, nous savons que les besoins seront encore plus grands et que notre expertise sera attendue.

D’autre part, nous avons identifié un certain nombre de défis, sur lesquels notre équipe expérimente déjà des solutions : renforcer notre présence quotidienne dans les grandes villes en dehors des capitales de région, développer l’engagement pro bono dans les villes moyennes et les zones rurales, permettre aux salariés de PME et aux agents du service public de partager leurs compétences. Nous plantons des graines à Châteauneuf-les-Martigues avec des retraités et des apprentis, à Landisacq pour un échange de compétences sur l’économie circulaire, à Puteaux en formant des agents publics au pro bono, ou encore à Lyon avec un collectif de PME.

Il nous faut continuer à modéliser nos méthodologies, et prendre le temps d’accompagner comme il se doit ceux qui souhaitent s’engager, pour un impact social réel.

Les méthodologies adaptées à chaque type de territoire prennent corps, il nous faut continuer à les modéliser, et prendre le temps d’accompagner comme il se doit ceux qui souhaitent s’engager, pour un impact social réel. La technologie ne peut pas tout, et de nombreuses personnes en sont encore exclues, mais c’est une partie de notre solution, pour pouvoir utiliser notre temps pour ce que nous savons faire de mieux : aider chacun à offrir ses compétences. Nous pourrons démultiplier nos contacts, non pas ceux d’une base de données, mais ceux avec des femmes et des hommes qui souhaitent s’engager pour leur territoire, avec chacune et chacun leurs talents.

Sur l’ensemble de ces défis, le chemin est encore long. Le jour où toute personne en France pourra partager ses compétences pour contribuer aux causes qui en ont besoin, n’est pas pour demain. Cependant, quand je regarde en arrière, j’observe les moyens que nous avons eus, et je vois toutes ces vies transformées. Je me souviens des tests et des imperfections, et je suis fière de notre savoir-faire. Alors, avec le soutien et l’expertise de personnes, à titre individuel, à la tête ou au sein d’entreprises, d’institutions, de collectivités, d’associations, je suis convaincue que l’équipe de Pro Bono Lab pourra aller très loin, avec elles, sur ce chemin.

* enquête nationale représentative, en partenariat avec l’IFOP, soumise à un échantillon de 1500 Français en novembre 2018. Publication Panorama du pro bono, avril 2019.

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▷ Source : pro-bono.co, mai 2020.
▷ Auteure : Emilie Vuillequez, co-fondatrice et Directrice du développement territorial, Pro Bono Lab

 


Le monde d'après : on fait le point !

Les dernières semaines ont été rythmées par les publications de tribunes, appelant à reconstruire le monde qui vient sur de nouvelles fondations. Pour s'y retrouver, Pro Bono Lab vous propose sa sélection.

Cet article est amené à être complété : pour partager une tribune, un article vous pouvez nous écrire à nina@probonolab.org 

 

  • LES GRANDS NOMS

Muhammad Yunus, l’économiste et Prix Nobel de la paix 2006 appelle, dans une tribune au « Monde », à repenser le monde de l’après. Pour lui, la reconstruction doit être sociale et écologique, pour éviter une catastrophe qui pourrait être bien pire que l’actuelle.

Extrait : « Dès que le social business recevra des Etats l’attention qu’il mérite, des tenants indécrottables du profit personnel révéleront des talents inexploités pour s’engager dans l’entrepreneuriat social, avec des résultats précieux face aux crises que nous traversons, du climat au chômage en passant par la concentration des richesses. »

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Dominique Meda, sociologue, avertit que la pandémie de Covid-19 doit être comprise non pas comme une catastrophe naturelle dont il faudrait juste éviter qu’elle ne se reproduise, mais comme un coup de semonce exigeant une bifurcation radicale.

Extrait : Il nous faut réussir le tour de force de transformer la situation présente en prélude à la reconversion écologique de nos sociétés et être capables de penser et d’organiser celle-ci en quelques semaines. L’immense chance que nous avons est que les leçons à tirer de la crise sanitaire convergent totalement avec les conditions de mises en œuvre de ce processus.

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  • POUR UNE ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Le temps n’est-il pas venu d’investir massivement dans l’économie sociale et solidaire  ?
C’est la conviction de Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab. 

Extrait :  » […] il est temps de conditionner chaque euro versé aux engagements sociaux et sociétaux pris par chaque organisation. De reconnaître enfin – et de conforter – le rôle clef de celles et ceux qui s’engagent dans les moments les plus sombres comme au quotidien. Et de rétablir des équilibres essentiels à ce monde meilleur que nous voulons pour demain. »

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C’est le moment de miser sur les entreprises d’intérêt général
Eva Sadoun, Co-fondatrice de la plateforme LITA.co1, remet en question la quête d’une rentabilité maximale et l’hypercroissance. N’a-t-on pas tout à gagner en misant sur d’autres modèles ?

Extrait : « A l’aune de la crise actuelle, les entreprises sociales et écologiques portent en leur sein le nouveau modèle économique dont nous aurons besoin à la sortie du confinement. L’économie à impact positif n’est pas l’ennemie de la rentabilité […] il faut dès aujourd’hui réorienter l’investissement vers sa destination originelle, celui d’une économie réelle dont la société a besoin.

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Donner plus de sens et de force politique au message porté par l’ESS
Jérôme Saddier, Président d’ESS France appelle à la vigilance face aux faux consensus autour du « monde d’après ». L’ESS doit investir le débat public, changer de dimension.

Extrait : « Ma conviction est que notre responsabilité consiste donc à agir collectivement, non pas de manière partisane, mais de manière politique, en incarnant nos valeurs et notre vision dans le débat public, afin de nous rendre toujours plus utiles au monde. »

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La place des associations, aujourd’hui et demain, par Jacques Attali

Extrait : « Quand remontera le PIB, ce qui arrivera un jour, plus lointain sans doute qu’on ne le croit, il ne faudra pas oublier que c’est grâce à ce qu’il ne mesure pas que la société a pu survivre ; et que le marché a pu avoir le temps de se réorganiser. Si nos sociétés ne sont pas ingrates, ce qui est loin d’être établi, il faudra alors donner au monde associatif une place première majeure. »

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Les entreprises de la transition
Les entreprises de la transition demandent « la création d’un fonds de soutien d’urgence dédié d’un milliard d’euros, accompagné de mesures de sauvegarde pour le secteur de l’impact environnemental et social », qui revendique 400 000 structures et trois millions d’emplois en France.

Extrait : « C’est un soutien de l’Etat que nous demandons, car il n’est pas acceptable, face aux urgences écologiques et sociales, que l’économie de demain œuvrant pour le bien commun doive se sauver toute seule, quand l’économie d’hier sera, elle, sauvée par l’Etat. »

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  • POUR DES ENTREPRISES « CLASSIQUES » PLUS ENGAGEES

Les chef.fe.s d’entreprises sont tous.tes mobilisé.e.s pour la survie de leurs entreprises. Mais une part très significative du patronat partage une conviction : la sortie de crise ne se fera pas aux dépens de nos engagements sociaux et environnementaux. Tribune portée par Olivier de la Chevasnerie, président du Réseau Entreprendre, Pierre Minodier, président du Centre des Jeunes Dirigeants et Lionel Fournier, président des Dirigeants Responsables de l’Ouest.

Extrait : Les 20 000 chef.fe.s d’entreprise (près d’1,2 million d’emplois) que nous représentons défendent l’absolue nécessité de maintenir et renforcer les exigences liées à la justice fiscale, la cohésion sociale et à l’environnement dans ce contexte de crise. Nous souhaitons réagir et agir en tant que chefs d’entreprises mais aussi en tant que citoyens.

A lire ici

  • POUR LES TERRITOIRES

Pour la mise en place de Fabriques de la transition
Plusieurs maires de grandes villes, des présidents d’exécutifs locaux et des personnalités publiques envoient une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Parmi leurs revendications, une conviction : 

ExtraIt : « Nous avons la conviction qu’il faut partir des territoires, au plus proche des citoyens, pour concevoir des plans de relance juste et durable. Ainsi, nous proposons qu’au sein de tous les territoires, les acteurs de la transition (associations, conseils citoyens, conseils de développement, collectifs citoyens, entreprises, chercheurs, élus locaux, citoyens engagés, etc.) s’inscrivent dans une dynamique collective de « Fabrique de la Transition ».

A lire ici

Une nouvelle approche de la ville, avec Luc Gwiazdzinski géographeSylvain Grisot urbanisteBenjamin Pradel sociologue  

Extrait : « Le regain d’intérêt actuel permet d’envisager une inflexion de la fabrique de la ville et des territoires vers davantage de résilience. Il ouvre la voie à un urbanisme plus frugal et soutenable et permet d’esquisser la figure d’une ville se transformant sur elle-même en installant au centre les usages : pensée circulaire et rythmique, intensification et réemploi de l’existant. […] Bâtir des territoires résilients ne signifie pas seulement les ajuster face à la pandémie en cours, mais apprendre à rendre la ville adaptable en continu, la transformer en un système souple, multiscalaire et organisé pour réagir aux autres chocs à venir. »

A lire ici

Coopération et la proximité : les mots d’ordre pour Christian Sautter, Vice-président du Labo de l’ESS

Extrait : « pour créer des emplois, pour rétablir le lien social, pour restaurer la confiance dans l’avenir, créons des coopérations innovantes, des circuits courts vivifiants. »

A lire ici

  • LA + CONTROVERSEE

Les patrons de grandes entreprises françaises ont signé une tribune pour demander une relance économique plus verte. Les réactions ont été vives, dénonçant des incohérences entre les discours et les actions menées par ces entreprises.

Extrait : « Nous croyons qu’il est aujourd’hui possible de faire de ces moyens financiers un accélérateur d’une relance verte et inclusive. Les plans de relance à venir constituent autant d’occasions pour que les investissements nécessaires confortent les trajectoires de transformation »

A lire ici

  • LA + PEOPLE

Un collectif de personnalités, dont Madonna, Cate Blanchett, Philippe Descola, Albert Fert, lancent dans une tribune au « Monde » un appel, initié par Juliette Binoche et Aurélien Barrau, aux dirigeants et citoyens pour changer en profondeur nos modes de vie, de consommation et nos économies.

Extrait : « La transformation radicale qui s’impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. A quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence. »

A lire ici

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteur : Nina DANET, Chargée des relations presse et des relations publiques, Pro Bono Lab


Impact & Co #3 : accélerer la transition alimentaire

Replay de l’épisode #3 d’Impact & Co avec :
Mathias Vichrat, Secrétaire général Danone
Louise Fourquet, Directrice générale Baluchon

une émission présentée par Cyrielle Hariel
réalisée dans le cadre de la Coalition « 10% pour tout changer », en partenariat avec le French Impact et Pro Bono Lab.


Impact & Co #3 : accélerer la transition alimentaire

Replay de l’épisode #3 d’Impact & Co avec :
Mathias Vichrat, Secrétaire général Danone
Louise Fourquet, Directrice générale Baluchon

une émission présentée par Cyrielle Hariel
réalisée dans le cadre de la Coalition « 10% pour tout changer », en partenariat avec le French Impact et Pro Bono Lab.


Comment mobiliser (autrement) ses salarié.es en temps de crise ?

Retour sur le webinaire du Club du pro bono : avec Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de microDonAnne-Laure Mesguen, cofondatrice de Benevolt.fr & Elsa Chaucesse, responsable de mission auprès du directeur général et de la communication à Pro Bono Lab. 

Retrouvez les prochains webinaires du Club du pro bono

Constat largement partagé, ce contexte inédit d’urgence sanitaire et de confinement voit se matérialiser une envie et un véritable élan de solidarité dans notre société 

En tant que cheffe d’équipe d’entreprise solidaire, Anne-Laure Mesguen a expliqué la réorganisation de sa petite équipe et l’adaptation de la plateforme de bénévolat Benevolt.fr, à l’origine ouverte aux jeunes retraité.es et retraité.es actif.ves (moyenne d’âge de 63 ans et 3200 bénévoles) et aujourd’hui ouverte à tous les publics indifféremment de leur âge. Dorénavant ne sont affichées que les missions à distance (« télébénévolat ») soit environ 800 missions partout en France (aide juridique, communication…). En complémentarité de la réserve civique, la plateforme propose des missions de non première nécessité et de proximité en respectant les règles de sécurité comme la préparation de paniers pour la RucheEn partenariat avec la Ruche et la Croix Rouge française, Benevolt.fr propose aux associations de mettre directement leurs missions sur leurs propres sites. Selon Anne-Laure Mesguen, cette situation d’urgence pousse à l’innovation numérique au service de l’intérêt général, en sachant très agilement nouer de nouveaux partenariats et marier présentiel et numérique !  

Côté organisationnel interne, microDON & Benevolt.fr, acteurs numériques, ont pu facilement réorganiser le travail de leurs équipes confinéesrespectivement 25 et 7 personnes.  

Pierre-Emmanuel a partagé sa surprise, celle de ne jamais avoir autant travaillé : réponses aux attentes et aux besoins de leurs clients en activant des campagnes d’urgence pour lutter contre le covid-19 ou via la mise en place des programmes de volontariat/bénévolat. Les enseignes non alimentaires étant fermées, leur « dispositif de l’arrondi solidaire » dans la distribution ne fonctionne plus que dans la distribution alimentaire. Leurs enseignes clientes alimentaires leur ont toutes demandé d’activer des programmes exceptionnels. Ce sont ainsi près de 170 000 euros qui ont été collectés fin mars au profit de la Fondation de recherche de l’APHP à des campagnes chez Monoprix, Franprix (campagne également au profit du Secours Populaire français pour accompagner les personnes les plus isolées également), Naturalia (qui a décidé de façon inédite de doubler les dons de ses client.es) et Biocoop. Autre dispositif qui s’adresse aux DRH, « la plateforme de l’engagement » avec différents modules : dons d’argent dont le plus connu est l’arrondi sur salaire pour la Fondation de France ou la Fondation de l’APHP, activation par les entreprises de pages de collecte ou des dons de temps. microDON s’est également rapproché dacteurs du financement participatif  en lançant de la campagne des Paniers solidaires en partenariat avec Kiss Kiss Bank Bank & Ulule dont la moitié des fonds levés seront versés à la Conciergerie solidaire de la Croix Rouge afin d’apporter des paniers aux personnes les plus fragiles, l’autre moitié à la Fondation de l’APHP en collaboration par exemple avec Frichti (livraison de 1000 paniers par semaine) 

Elsa Chaucesse est revenue sur l’effet démultiplicateur du pro bono par rapport au don financier. L’objectif est que les citoyen.nes et les collaborateur.rices d’entreprise qui souhaitent s’engager par leurs compétences puissent le faire. 7 associations qui portent  le bénévolat ou le bénévolat de compétences en France (Benenova, France Bénévolat, Passerelles & compétences, Tous bénévoles, Web Assoc, Latitudes & Pro Bono Lab) ont lancé ensemble la plateforme benevolat.fr afin de porter l’idée que les associations qui ne sont pas « en première ligne » puissent continuer à être aidées, avec l’idée de préparer à l’après-crise.  Spécialiste des formats collectifs en présentiel, Pro Bono Lab a adapté ses formats en transformant par exemple certaines des missions à distance (« e-pro bono ») et en mettant en place de hotlines à destination des associations, volontaires et entreprises. S’adapter au jour le jour pour mieux préparer l’après.  

A retenir :  

La participation de microDon, Benevolt.fr & Pro Bono Lab au lancement de la réserve civique sur des missions d’urgence ;  

Le portage d’initiatives collectives avec des acteurs dits « concurrents » (Paniers solidaires, benevolat.fr) ;  

Le développement de solutions à distance pour certaines missions (« télébénévolat », « e-pro bono ») ;  

Un certain décalage entre la volonté d’aider et la capacité des associations à proposer des missions  correspondant à leurs besoins en accompagnement. Autrement dit, un déficit entre l’offre et la demande en accompagnement par les compétences ;  

Conseil à une entreprise qui souhaiterait se lancer : repérer les salarié.es « moteurs » déjà engagés sur leur temps personnel au niveau local, garder à l’esprit que l’engagement doit rester volontaire, ne pas avoir peur de « commencer petit », ne pas culpabiliser celles et ceux qui ne souhaiteraient pas s’engager, rappeler la réalité complexe de certains d’interlocuteurs d’entreprises (DRH, direction de la RSE) qui font face à des urgences complexes, et surtout savoir préparer la suite !   

Inscription aux prochains webinairesDécouvrez aussi les échanges du webinaire : pro bono, kézako ?

▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Dounia El Aflahi, chargée de prospective et de projets chez Pro Bono Lab

 


Témoignage : le reverse mentoring en pratique

A l'heure de la crise sanitaire, le lien intergénérationnel est essentiel. Cela nous rappelle que nous avons beaucoup à nous apporter entre générations, dans un sens comme dans l'autre. Héloïse travaille dans un cabinet de notaires à Roubaix. Pour développer les pratiques numériques au sein du cabinet, elle a été amenée à mettre en place de nouveaux outils puis transmettre ses compétences digitales à ses aînés pour qu'ils se les approprient. Elle témoigne sur cette expérience de partage dite de "reverse mentoring".

Qui êtes-vous ?  

Je m’appelle Héloïse, je suis née en 1991, au début de l’air des ordinateurs et avant l’entrée de l’internet dans les foyers. A l’époque où le minitel était le seul outil permettant de faire du traitement de texte et où téléphoner et surfer sur le web étaient incompatibles. Je ne parle ni du débit ni du coût de l’internet. Dans ces années-là, c’était plus cher que le forfait pro illimité international de chez Orange et plus lent que le EDGE.

Dans quelle structure travaillez-vous ?  

Je ne travaille pas dans le numérique et pourtant il m’est indispensable. J’ai été formée à l’un des métiers les plus vieux du monde…notaire. A première vue, ce n’est pas là où le digital est le plus intégré et pourtant sans internet, sans réseau sécurisé, sans logiciel, sans ordinateur, je ne pourrai pas exercer mon métier. La profession a pris un véritable tournant il y a quelques années pour développer l’ensemble des canaux numériques et proposer une signature numérique des actes évitant les longs rendez-vous fastidieux de signature page par page des contrats. Les visio-conférences sont entrées dans la pratique quotidienne de notre métier et c’est d’autant plus vrai qu’au moment où je rédige ces quelques lignes, la France est en confinement et voit l’avènement du télétravail de masse pour les métiers de bureau comme le mien.  

La structure dans laquelle je travaille est relativement importante à l’échelle du notariat. Dix associés emploient 70 personnes. Plusieurs services sont interdépendants et ne peuvent fonctionner l’un sans l’autre, la comptabilité, les formalités, les rédacteurs, les archives. L’efficacité et la fluidité de chacun dépend du numérique. Il est notre principal canal d’organisation et de communication.   

En ce qui me concerne plus particulièrement, en qualité de notaire, le numérique est un support précieux. L’efficacité de mon métier ne se résume plus qu’aux seules compétences juridiques. Pour performer, il faut savoir se servir de tous les outils que le numérique met à notre disposition. Même si le cœur de mon travail reste et restera quoi qu’il arrive le conseil, les outils digitaux leurs apportent une plus-value.

Qu’est-ce que le reverse mentoring selon vous ? 

Un partage des compétences et de connaissances inversé.  

Est-il développé au sein de votre structure ?  

Dans le notariat, le partage des compétences et connaissances est très souvent du haut vers le bas, du plus expérimenté au plus jeune. Cela s’explique facilement car c’est un métier d’expérience. Huit années d’études ne suffisent pas pour appréhender toute la complexité du métier de notaire qui est à la fois un généraliste et un spécialiste du droit. De cette façon, la profession est très codifiée et l’apprentissage passe par le mimétisme. 

Le seul domaine où les codes sont bouleversés c’est celui du reverse mentoring.  Dire qu’il est développé dans mon entreprise ne serait pas tout à fait honnête. Ce n’est pas un domaine qui a été institutionnalisé. Il n’existe pas de réunion ayant pour thème la formation numérique. C’est au quotidien qu’il se déploie, comme un service rendu à ceux qui savent le moins appréhender les outils numériques.  

Dans quelles conditions l’avez-vous pratiqué ? 

A la question, sais-tu comment… peux-tu me dire pourquoi…, où peut-on, c’est souvent que l’on m’interroge et c’est sans jamais trop réfléchir au concept de reverse mentoring que je réponds. Pour moi et ce sera encore plus vrai pour les générations suivantes, le numérique n’est pas une compétence particulière, c’est une évidence. Ça me fait toujours sourire quand je vois que sur son CV, un candidat né dans les années 90, a tenu à préciser qu’il s’avait utiliser WORD ou EXCEL. C’est comme dire qu’il sait allumer la télévision ou faire marcher le micro-ondes. 

Ce qui est vrai pour moi ne l’est cependant pas pour tous. Après quelques années d’expérience, je me suis rends compte qu’au quotidien, WORD, EXCEL et les trucs et astuces pour maximiser le zéro papier ne sont pas si évident que ça à utiliser pour mes collègues de quelques années de plus. J’ai remarqué qu’ils rechignaient non pas par manque d’envie mais plutôt par manque de connaissance et donc par crainte de perdre du temps.  

Souvent, ils me répondaient que j’étais jeune et que pour moi c’était facile… 

Quand j’ai décidé de faire du zéro papier et de ne travailler exclusivement que de manière informatisée, je suis passée pour une kamikaze. L’idée de ne plus voir de dossiers entreposés un peu partout ou d’archives ne leurs étaient même pas venue à l’esprit. Souvent, ils me répondaient que j’étais jeune et que pour moi c’était facile. Au fur et à mesure, voyant la fluidité que cela engendrait, beaucoup sont venus me demander des conseils, à commercer par mon patron. Les mentalités ont évolué en quelques mois. Plutôt que de relire les contrats sur papier, de les corriger au stylo, de les réimprimer pour les relire… il a été décidé d’installer deux écrans à tous pour faciliter la relecture et la correction des actes. Les échanges entre les services ont peu à peu été entièrement dématérialisés. A ce moment-là, les rôles étaient inversés et malgré ce que j’imaginais, ce n’est pas aussi facile d’expliquer à une personne qui n’a pas l’habitude les manipulations que l’on fait presque par automatisme.

Comment a-t-il été accueilli par votre supérieur hiérarchique ? 

Pour ne rien cacher, au début, je continuais à imprimer les contrats que je rédigeais pour que mon patron puisse les relire sur du papier. Même si les dossiers étaient entièrement dématérialisés, il continuait d’exiger une version papier des dossiers pour les rendez-vous chez les confrères à l’extérieur. Peut-être par habitude ou par peur de croire qu’en arrivant les « mains vides » les clients allaient penser qu’on n’avait pas travailler. Peu à peu ça a évolué. Notre service travaille avec beaucoup de professionnels dont les équipes de juristes rajeunissaient avec le temps. Nos clients se présentaient en rendez-vous avec leurs tablettes et ordinateurs portables. Le papier devenait has been. Je crois que la volonté de mon patron de vouloir véhiculer une image moderne, dynamique et dans « le coup » l’a fait passer un cap.  A partir du moment où ‘il a eu le déclic, c’est lui qui cherchait à convaincre tout le monde. Plus rapide, plus mobile, moins cher et plus écologique. Il n’en fallait pas plus pour qu’il pousse toute l’équipe à prendre le virage du tout numérique.  

A-t-il modifié votre rapport à la hiérarchie ? 

Les rapports hiérarchiques n’ont pas changé et ça me semble normal. Je partage mes connaissances pour faire évoluer la pratique de mon métier mais le cœur de mon travail reste inchangé et dans ce domaine, ce sont les plus expérimentés qui m’apprennent et qui sont donc hiérarchiquement supérieurs.  

Quels ont été les avantages et inconvénients ?  

A l’heure du confinement, c’est un avantage indéniable. Toute mon équipe désormais convertie au digital peut continuer à travailler. On peut rester en contact sans que ce ne soit compliqué pour personne. J’imagine que c’est parce qu’en amont il y a eu du temps qui a été consacré par les plus jeunes à expliquer, le « pourquoi, comment et où faire » sur l’ordinateur.  Avec mon assistante, on est 100% digital, l’avantage c’est la fluidité, la facilité que l’on a à échanger les informations.  

Aujourd’hui je suis celle qui donne les conseils mais demain ce seront les plus jeunes qui m’expliqueront comment faire [….] le numérique est un outil formidable si on ne cesse de s’y adapter pour le comprendre.

Je ne vois pas d’inconvénient au reverse mentoring, sauf pour ceux qui rechignent à accepter les conseils de plus jeunes, mais pour cela je crois que le problème est sur un tout autre versant. Sans que ce soit un inconvénient, il me semble que le reverse mentoring est un partage de connaissances permanent. Aujourd’hui je suis celle qui donne les conseils mais demain ce seront les plus jeunes qui m’expliqueront comment écrire mes actes grâce au codage ou comment crypter les données des immeubles ou des clients pour les protéger.  

Le numérique est un outil formidable si on ne cesse de s’y adapter pour le comprendre sinon ça devient du chinois.

Quel est votre conseil pour cela se passe bien ?

Faire preuve de patience et d’humilité et garder en tête qu’un jour, un plus jeune viendra nous donner les clés des nouveaux outils digitaux dont lui seul a les codes. 

 

Pour en savoir + sur le reverse mentoring : découvez l’article « l’importance du reverse mentoring, le partage intergenerationel du savoir »

▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Sophie Padieu, Pro Bono Lab


Covid-19 : la tribune des membres de la Coalition 10 %

La pandémie de Covid-19 a plongé le monde dans un désarroi inédit. Humain mais aussi économique, social et financier. Inégalités, vulnérabilités, non-durabilité : la pandémie accentue les failles déjà révélées par les autres crises (climatique, migratoires ou démocratiques) et interroge de manière impérieuse nos modèles économiques, sociaux, environnementaux.

Lire la tribune

▷ Source : Les Echos, 23 avril 2020


Impact & Co #2 : mieux partager la valeur

Replay du second épisode d’Impact & Co avec :
Pascal Demurger, Directeur Général du Groupe MAIF
Nicolas Chabanne, co-fondateur de « C’est Qui le Patron ?! » la marque du consommateur

une émission présentée par Cyrielle Hariel
réalisée dans le cadre de la Coalition « 10% pour tout changer », en partenariat avec le French Impact et Pro Bono Lab.


Impact & Co #2 : mieux partager la valeur

Replay du second épisode d’Impact & Co avec :
Pascal Demurger, Directeur Général du Groupe MAIF
Nicolas Chabanne, co-fondateur de « C’est Qui le Patron ?! » la marque du consommateur

une émission présentée par Cyrielle Hariel
réalisée dans le cadre de la Coalition « 10% pour tout changer », en partenariat avec le French Impact et Pro Bono Lab.

Pascal Demurger [extraits]

« Pour moi il était hors de question que mon entreprise puisse s’enrichir à la faveur de la crise. Plus de 100M d’euros d’économies réalisées sur les accidents de voitures ont été reversés à nos sociétaires, qu’ils peuvent d’ailleurs reverser à différentes causes identifiées en lien avec la crise.

En interne, la priorité était la protection des collaborateurs. La protection de leur santé, la protection financière. 100% des salaires seront assurés, ceci jusqu’à la fin du confinement, quelle que soit la situation du collaborateur. Nous avons décidé de ne pas avoir recours au dispositif de chômage partiel proposé par le gouvernement, même si nous sommes éligibles. J’estime que nous ne sommes pas prioritaires et préfère laisser l’accès à ce dispositif aux entreprises qui en ont réellement besoin et qui, sans ça, seraient obligées de licencier. Ce n’est pas notre cas.

Nous essayons d’une manière générale de faciliter la vie de ceux qui sont au front, en première ligne, notamment le personnel soignant. Nous élargissons les garanties de leurs contrats, mais aussi les horaires pour qu’ils puissent nous joindre en fonction de leurs disponibilités. Nous multiplions les gestes, comme par exemple le don de masques que nous avions à disposition.

Je pense que le secteur est au rendez-vous.

Beaucoup de choses vont changer. Demain ne sera pas comme hier. Nous sommes en train de réfléchir à l’après-11 mai. La crise continuera d’être là. Nous avons vu des process se mettre en place, des alternatives qui sont parfois extrêmement pertinentes. Nous devrons en tirer des leçons. 

Nous sommes une entreprise à mission, avec la volonté d’un engagement fort au service de la société. Je crois que la crise a bien révélé de manière encore plus éclatante les faiblesses de notre système actuel et la nécessité d’aller encore plus loin, plus vite dans la transition. »

 

Nicolas Chabanne [extraits]

« Par rapport au succès de la marque du consommateur : on est sortis d’un monde qui était piloté par quelques-uns pour rentrer dans l’ère du « bon sens collectif ». Il y a beaucoup de bienveillance, chez tout le monde. Ce succès, on le rattache souvent à nous, co-fondateurs et à la marque. Mais nous ne sommes rien à côté de ce que c’est devenu.

Quand on a vu ces chiffres de vente, avec 200 0000 euros de gains supplémentaires liés à cette crise terrible, on s’est dit naturellement que ce n’était pas possible de garder cet argent, qu’il fallait le reverser à ceux qui en ont besoin. Il provient d’une crise globale, nous sommes tous impliqués, il faut qu’on soit solidaires ! On a consulté l’ensemble des sociétaires sur cette question, qui a répondu oui massivement (97,8%). […] Il y a des drames tous les jours en France, il est de notre responsabilité de considérer ça.

Il est l’heure je pense de reconnecter les consommateurs avec les fabricants dans cette part d’action et de responsabilité. Par ailleurs, ce fonds de solidarité des consommateurs et des citoyens est indépendant. Ce sont des consommateurs qui se rassemblent pour identifier en France les gens en difficulté, s’assurer que les aides sont bien parvenues jusqu’à eux… On est dans une proximité, une transparence, une traçabilité directes. « C’est qui le patron ?! » y participe, mais bien d’autres peuvent le faire !

Consommateurs, citoyens, on a une énergie phénoménale, qu’on n’a pas forcément utilisée jusque-là. Mais si les choses sont claires, qu’elles ont du sens, qu’elles aident des gens, on est prêts à faire plein de choses.

Manger local a tellement de vertus. Encore une fois, on rentre dans l’ère du bon sens collectif, de l’évidence. Il y a une crise, nous avons besoin de points d’appuis concrets, qui ne soient pas des visions marketing.

On a besoin des producteurs. Si on veut que ce soit eux qui nous nourrissent et pas des gens à l’autre bout du monde, sans savoir comment sont faits les produits, il faut qu’on les protège. Ces gens qui sont si importants pour nous, sont souvent dans des situations dramatiques tout en travaillant 7j/7. Le bon sens va imposer le fait de protéger cette famille de producteurs et d’agriculteurs, parce que c’est juste normal.

Quand la crise s’est déclenchée, les producteurs laitiers qui subissent moins la crise se sont immédiatement mobilisés pour aider d’autres producteurs plus impactés. Si eux, producteurs qui ne roulent pas sur l’or, sont capables d’aller aides des personnes en difficulté, tout le monde peut, tout le monde doit le faire.

Demain ne sera plus possible pour des fabricants, des marques refermées sur elles-mêmes. Il faut agir à une autre échelle que sa propre échelle. »


Le pro bono ? L’engagement des collaborateurs ? Kézako ?

Retour sur le premier webinar du Club du pro bono ! Au programme, les fondamentaux de l'engagement par le partage de compétences avec les membres de l'équipe Pro Bono Lab ainsi que Manuel Pomardirecteur d’Unis-Cité Solidarité Entreprises. 

Retrouvez les prochains webinaires du Club du pro bono

Un retour aux fondamentaux pour le lancement de ce cycle de webinaires du Club du pro bono ouvert au-delà de sa communauté de membres.  

Passage obligéle rappel de définitions : le bénévolat de compétences s’effectue sur le temps personnelle mécénat de compétences sur celui professionnel tandis que le terme pro bono regroupe indifféremment les deux. Ces différents partages de compétences partagent une même finalité : répondre aux besoins des structures à finalité sociale 

Rappelant la variété d’études menées par Pro Bono LabAnaïs Vincent-Luce est revenue sur les principaux résultats du Panorama du pro bono en 2018-19 auprès des trois publics concernés par le pro bono : les structures à finalité socialeles volontaires et les entreprises 

82% des SFS ont un ou plusieurs besoins en compétences ;
86,5% d’entre elles pensent que l’accès aux compétences est l’une des principales forces du pro 
bono ;
85% des personnes qui s’engagent ou se sont engagés en pro 
bono disent utiliser des « soft skills »,
20% des entreprises mécènes en France proposent à leurs 
collaborateur.rices de mettre leurs compétences au service de causes d’intérêt général ; 61% des actifs français ont déjà fait du pro bono ou sont intéressés
. 

Pour toute démarche pro bono réussie en entreprise, il faut savoir porter les programmes d’engagement au cœur et au plus haut niveau, mobiliser largement au sein de l’entreprise et ancrer cette démarche au sein d’un écosystème.  

Manuel Pomar a rappelé le rôle d’Unis-Cité (« un hub de l’engagement ») son articulation avec Unis-Cité Solidarité Entreprises, sorte de « service civique pour les collaborateur.rices d’entreprise ». Son métier ? « Un métier d’artisan », celui d’accompagner les entreprises dans leur programme d’engagement de leurs collaborateur.rices avec la mise en place de journées solidaires. Cela passe par la détection des associations en fonction de l’entreprise, l’identification et sonder les besoins des associations afin d’imaginer une action faisable (« une promesse tenue ») en une journée. Chaque année, ce sont ainsi près de 15 à 20 000 collaborateurs mobilisés par an sur au moins une journée d’engagement, et ce, sur l’ensemble du territoire. Deux convictions fortes portées par Unis-Cité Solidarité Entreprises. La première est que ces journées d’engagements solidaires sont propices à générer le « déclic de l’engagement », un premier pas pour faire découvrir la réalité de l’engagement de façon simple, facile et accompagnée. Pour permettre ensuite aux volontaires de basculer sur des modalités d’engagement plus régulières et plus longues La seconde conviction est « le faire ensemble » sur le terrain qui permet de côtoyer la diversité et quigrâce aux émotions qu’il procurepemet de créer une envie, peut-être plus forte, que l’ «engagement derrière un écran » 

Pour Sylvain Reymond, « la meilleure manière de déclencher le déclic de l’engagement est d’avoir un programme d’engagement le plus complet possible proposant un maximum de formats » 

Depuis un plus d’un an, Unis-Cité Solidarité Entreprise porte le collectif « Pour des journées solidaires à impact » réunissant de manière paritaire des associations, intermédiaires et entreprises en charge de réfléchir à ce que l’utilité de ces actions soit toujours au cœur de la demande et de la réalisation de l’action de l’entreprise, en particulier pour les entreprises moins aguerries à cet exercice (plus petites et moyennes entreprises). L’un de ses premiers chantiers a consisté à l’élaboration d’un questionnaire en direction des entreprises « novices » dans ce type de démarche.  

Pour Sylvain Reymond, la question centrale est en effet celle d’ « impact» et comment des intermédiaires tels que Pro Bono Lab ou Unis-Cité Solidarité Entreprise en sont les garants pour les associations, tant sur des missions de terrain que sur des missions pro bono. Le rôle de ceux qui impulsent l’engagement au sein de leur entreprise est de « donner le goût de l’engagement » via les compétences de leurs équipes. Dans un parcours d’engagement des collaborateur.rices, le rôle des intermédiaires est aussi de pouvoir répondre à toutes les aspirations à l’engagement des collaborateurs, que ce soit du temps, de l’argent et/ou des compétences.  

Dans un contexte de multiplication des plateformes numériques et de risque de désintermédiation, le tiers de confiance humain et le présentiel (notamment via l’ancrage territorial) restent essentiels tant dans le diagnostic des besoins à un temps T que l’accompagnement sur mesure des structures à finalité sociale. Le parallèle avec les ressources humaines est parlant. S’il ne viendrait pas à l’esprit de ne pas rencontrer une nouvelle recrue, pour le pro bono c’est pareil. «  Le pro bono, le bénévolat de compétences, le mécénat de compétences, c’est une manière pour une association de se doter momentanément, via des missions très courtes ou très longues, d’une ressource supplémentaire » précise Sylvain Reymond.

Pour mesurer le suivi et le « déclic de l’engagement » dans la durée, il est important de sonder les collaborateur.rices (au moment où il.elles s’engagent puis 6 mois et un an après) et les associations (des collaborateur.rices sont-ils revenus dans l’association ? préparation d’une liste de besoins en bénévolat préparée par l’association le jour J). Sur l’évaluation de l’impact et de l’engagement, Pro Bono Lab évalue toutes ses missions via des questionnaires court et moyen-termes envoyés aux représentants associatifs ayant participé à la mission (bonne définition atteinte des objectifs de la mission, transmission des compétences auprès de l’association, rencontre des difficultés dans la mise en place des recommandations, nouveaux besoins en accompagnement par les compétences, etc. ) et aux volontaires (envie de réengagement des volontaires après la mission auprès de l’association accompagnée ou d’une autre, habitude d’engagement avant la mission, engagement après la mission, etc.). Il arrive de plus en plus aux intermédiaires du pro bono comme Pro Bono Lab de refuser certains partenariats ne s’inscrivant pas dans une réelle démarche d’accompagnement des associations (prismes principalement fiscal ou RH). Au niveau communicationnel, les témoignages des collaborateurs engagés et les réponses apportées à des besoins concrets associatifs jouent un rôle clé pour permettre au déclic de perdurer via par exemple la création et l’animation de communautés d’ambassadeurs en interne.  

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▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Dounia El Aflahi, chargée de prospective et de projets chez Pro Bono Lab