L'importance du reverse mentoring : le partage intergénérationnel du savoir

A l'heure de la crise sanitaire, le lien intergénérationnel est essentiel. Nous avons beaucoup à nous apporter entre générations, dans un sens comme dans l'autre. Sophie Padieu revient sur le programme Pro Bono Explorers* mené cette année par l’antenne Méditerranée de Pro Bono Lab, qui propose une expérimentation singulière de ce qu’on appelle le “reverse mentoring”.

Le reverse mentoring, qu’est-ce que c’est ?  

Selon une étude de l’observatoire du management intergénérationnel, la transmission des compétences et des savoirs est bien organisée dans seulement 32 % des entreprises. Une des solutions pour pallier ce problème et inverser les rôles : le reverse mentoring.  

Le principe du Reverse Mentoring est simple : un cadre expérimenté est coaché par un jeune collaborateur sur des sujets en lien avec le digital. Les digital natives, nés entre 1980 et 2000, transfèrent leur connaissances et compétences aux collaborateurs plus âgés qu’eux. Ce partage de compétences ne permet pas uniquement d’éviter la fracture digitale au sein de l’entreprise mais favorise aussi le lien intergénérationnel.  

En effet, l’augmentation de l’espérance de vie et donc de la durée du temps de travail conduit aujourd’hui à faire cohabiter 3 à 4 générations au sein d’une même structure. On sait naturellement que l’expérience et les connaissances sont transmises des seniors vers les juniors. Cependant, la révolution digitale change la donne et permet une modification du rapport hiérarchique.  

Permaculture et reverse mentoring… En pro bono ! 

Au sein du programme intergénérationnel de Pro Bono Lab, le principe du reverse mentoring a été adapté au domaine de la permacultureCar il n’y a pas qu’au sujet du numérique que les jeunes peuvent coacher les moins jeunes ! Sept seniors de la ville de Marignane et Sept étudiants en CAP aménagement du territoire se sont réunis avec pour objectif la création d’un jardin partagé en permaculture.  

Dès le premier atelier, les participants ont créé ensemble un jardin fictif en permaculture. Des ébauches d’idées fusent et les connaissances et compétences dans le domaine sont transmises de la jeune génération vers la plus ancienne. C’est avec surprise que les seniors occupent la place de mentoré plutôt que de mentor. Une dynamique de confiance et de proximité s’installe entre les différentes générations. 

Après plusieurs temps inspirants, durant lesquels les seniors et les étudiants ont pu échanger, un challenge leur est proposé : réaliser les plans d’aménagement et organiser la création du jardin en permaculture. Au cours de la journée consacrée, les échanges s’intensifient, les idées et les différentes visions d’aménagement s’entremêlent. 

La première étape est ainsi réalisée. Ils ont défini l’objectif principale du jardin. Ce sera un lieu de découverte et d’apprentissage. Tous ont appris sur la permaculture lors des temps inspirants et des rencontres, tous souhaitent donc transmettre ce savoir.  

Le deuxième temps a été d’élaborer le plan papier du jardin : le puits, les ruches, les différentes espèces d’arbres et d’arbustes à planter, la mare, le choix des légumes, des fruits…. Chacun a pu apporter ses connaissances à la fois techniques et théoriques.  

Enfin, la dernière étape a été de réaliser le retroplanning pour organiser les prochains moments de rencontres. Les étudiants ont ainsi pris la main sur la rédaction par ordinateur surveillés de près par les seniors…L’impatience se fait sentir, les seniors comme les étudiants veulent passer à la pratique et plonger les mains dans la terre. 

La prochaine étape aura lieu normalement en avril sur le terrain de 500m² mis à disposition par l’association Pereni’terre l’Arbre Rouge à Chateauneuf Les Martigues. Après cette phase de conceptualisation et d’échange, place à la pratique ! Qui des seniors ou des étudiants transmettra les bons gestes à l’autre ?  

Depuis la création du programme Pro Bono Explorers, Pro Bono Lab s’attache à faire connaître le pro bono mais aussi à en expérimenter de nouvelles formes, comme avec le reverse mentoring. Quelle que soit notre expérience, quel que soit notre âge, nous avons tous des compétences à transmettre. Cela demande parfois de questionner notre rapport au savoir(s), nos habitudes et nos idées préconçues sur la transmission des connaissances.   

* Ce programme voit le jour grâce à l’implication de plusieurs acteurs du territoire, engagés à la fois sur les questions d’inclusion, de lien social à travers les générations mais aussi l’environnement et la biodiversité.  

Le Rotary Club de Marignane, Pro Bono Lab, l’Association Pérenni’terre l’Arbre Rouge, CFPPA (Centre de Formation Professionnelle et de Promotions Agricoles) de Valabre Marseille s’associent et forment pour l’occasion un collectif d’acteurs mobilisés en faveur de l’engagement citoyen.  

Le programme est par ailleurs soutenu par AG2R LA MONDIALE, le Comité Jeune de Marignane et le Ville de Marignane. 

#RejoignonsNousAutrement

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteure : Sophie Padieu, Pro Bono Lab


Chroniques du balcon

La France au rythme du confinement. Si le planning reste encore incertain, le quotidien doit dès à présent se réorganiser en fonction de ces circonstances inédites. A nous de réinventer de nouveaux repères, de nouvelles manières de communiquer, de faire ensemble.

Car la distanciation sociale n’exclue pas le lien, ni la solidarité. Au contraire, elle nous impose de trouver des solutions collectives à notre échelle et avec nos moyens.

Cette distance imposée, nous fait réaliser toute l’importance du contact humain. Un constat, certes, plutôt convenu… mais que peu d’entre nous ont l’occasion de vérifier de manière si radicale.

Cette chronique est justement là pour observer, du balcon, au fil des jours, les initiatives qui permettent à la solidarité d’exister, malgré tout. Elle est aussi là pour poser des questions sur nos manières de vivre ensemble, de travailler autrement. Pour partager les bonnes ondes dont tout le monde a besoin.

#RejoignonsNousAutrement

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J16 ?

Depuis quelques années, les « compétences douces » ou soft skills ont le vent en poupe. Dans un récent article paru dans les pages du Monde, le professeur Pierre-Yves Gomez les désigne comme « les capacités personnelles constitutives du savoir-être d’un collaborateur au nombre desquelles on compte l’agilité intellectuelle, la résilience face à l’échec ou la bienveillance dans les relations. »
Complémentaires aux savoir-faire, ces compétences sont censées garantir une certaine adaptabilité, voire une flexibilité vis-à-vis des mutations du travail et des organisations. Car l’OCDE est formelle ! Rendez-vous compte : en 1987, une compétence technique avait une durée moyenne de 30 ans. Aujourd’hui, on parle de quelques années tout au plus. Puisque l’obsolescence programmée des compétences techniques s’intensifie, cela paraît logique de miser davantage sur l’humain.

Esprit d’équipe, créativité, intelligence émotionnelle… la liste des soft skills est longue et fait référence à des qualités intrinsèques que l’on ne développe d’ailleurs pas forcément exclusivement dans le monde du travail. Les expériences, les engagements personnels, les voyages ou les loisirs peuvent jouer un rôle conséquent et nous apporter à tous des compétences qui seront valorisées professionnellement.

Encore faut-il bien les identifier me direz-vous. Parfois nos meilleures qualités sont celles que l’on a intériorisées au point de ne plus les considérer comme telles. Nous n’avons pas forcément le recul nécessaire pour les valoriser, puisqu’elles sont l’expression parfois inconsciente de nos valeurs, notre environnement, nos expériences.

Pourtant, au regard de la situation exceptionnelle que nous vivons, il me semblait justement intéressant d’essayer de cibler les compétences douces que nous mobilisons, voire que nous développons. Pauline, sales manager, travaille dans le secteur du transport, particulièrement impacté comme on s’en doute. Elle a dû revoir ses habitudes de travail, organiser son quotidien au gré des annonces successives et s’adapter en flux.

 « Au niveau des rendez-vous clients, ça change beaucoup de choses du point de vue relationnel. L’empathie est essentielle, je passe du temps auprès de chacun d’eux sur des sujets parfois personnels, ou pour parler de l’actualité et créer un lien de confiance dans ce contexte. On en a tous besoin. Et professionnellement, se focaliser sur le business en faisant abstraction des émotions en ce moment serait vraiment mal venu ! Alors que l’activité est quasiment stoppée, il faut au moins faire perdurer les relations humaines, c’est essentiel. Cela demande un investissement personnel particulier, de l’empathie bien sûr en fonction des clients et des réalités qu’ils traversent. »

Même ressenti pour Emilie : le principal est d’être réactif et surtout à l’écoute.

« Je travaille pour une épicerie fine en ligne en direct des producteurs. Si l’on était déjà pour eux un partenaire, on se sent aujourd’hui investi d’une mission. En plus du contact téléphonique, je traque les appels à l’aide sur les réseaux, je reprends contact avec les anciens afin de voir si l’on peut temporairement les aider… On oublie les codes et les exigences purement commerciales, il faut comprendre et rassurer pour pouvoir rapidement réagir et trouver des solutions, orthodoxes ou non. Plus que jamais il s’agit d’un rôle d’écoute, de soutien, de compréhension et d’épaule sur laquelle s’appuyer »

Yassmine est directrice commerciale pour une entreprises spécialisée dans le recrutement des millenials. Pour elle, l’épreuve du confinement est avant tout collective :

« Avec mes congés, je n’avais pas vu mes collègues et les membres de mon équipe pendant plus de deux semaines avant qu’on ne soit tous confinés, certains en télétravail et d’autres en chômage partiel dans deux pays différents. Le plus compliqué était de pouvoir reprendre des projets après cette absence et pouvoir les gérer à distance, avec parfois des horaires décalés tout en conservant une réelle dynamique d’équipe. Nous avons tous dû nous adapter à cette nouvelle situation et tous veiller à ce que chacun d’entre nous ne souffre pas d’isolement ou de baisse de motivation à cause de la situation. Je pense que cela renforce considérablement l’esprit d’équipe ! »

Les témoignages ne manquent pas. Ils traduisent tous la nécessité de s’adapter à une nouvelle réalité, qu’on ne maîtrise pas. Si l’impression de naviguer à vue peut être déstabilisante, elle nous permet aussi de réinventer des manières de faire et des savoir-être au travail inédits, où l’humain a toute sa place.

Pour aller + loin :

Lire l’article sur probono.co : Les compétences comportementales ou « soft skills », enjeu RH et facilitateur d’engagement

 

#RejoignonsNousAutrement

▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Nina Danet


Covid-19 : toutes les initiatives pro bono !

Au fil des jours et de la crise sanitaire, un élan de solidarité se propage en France et dans le monde. Des réseaux d'entraide et de partage de compétences se créent spontanément, à toutes les échelles. Retrouvez ici toutes les initiatives pro bono !

Cet article est amené à être complété : pour partager une idée ou une initiative vous pouvez nous écrire à nina@probonolab.org 

Volontaires : envie de vous engager ?

 

  • Pour les plus démunis :

La Fabrique de la Solidarité, lieu de mobilisation citoyenne de la Ville de Paris dans le domaine de la grande exclusion, accompagne les associations qui recherchent des volontaires pour assurer leurs missions. Rejoignez-les !

Les Restos du coeur appellent à la mobilisation pour continuer leurs missions auprès des plus vulnérables.

La chaîne de solidarité d’Entourage, pour garder le contact avec les personnes les plus isolées.

  • Pour le personnel soigant :

Le réseau d’entraide entre volontaires et travailleurs « En première ligne » 

L’appel à volontaires de l’AP-HP (Assistance publique – hôpitaux de Paris) : communication, logistique, informatique… vos compétences peuvent servir !

Spécialistes DIY, pros de l’imprimante 3D… ? Les Makers se mobilisent !  Retrouvez les initiatives grâce à la cartographie « Makers contre le Covid ». 

Avis aux cordons bleus avec l’initiative : Les chefs avec les soignants. Les grands cuisiniers approvisionnent les hôpitaux et donnent un peu de réconfort au personnel soignant. 

  • Aide aux associations & organisations :

La plateforme Réserve Civique, mise en ligne par le Gouvernement, permet aux citoyens d’effectuer des missions d’intérêt général auprès d’associations et d’organismes publics

Les associations de promotion du bénévolat, dont Pro Bono Lab, s’engagent à poursuivre leurs missions auprès des associations qui auraient des besoins spécifiques et adaptent leurs formats. Retrouvez-les sur benevolat.fr 

Professionnels du web, rejoignez la communauté Webassoc pour aider les associations sur les sujets digitaux. Pour conseiller, accompagner, soutenir opérationnellement…

Free&Dispo est un collectif de freelances de l’événementiel et de la communication qui se mobilise face au Covid-19. Si vous avez des compétences dans ces domaines, le collectif est ouvert !

  • S’engager à proximité :

Avec voisins solidaires, un guide pour s’organiser et mettre en place des actions d’entraide entre voisins 

Associations, organisations à impact social : quelles ressources en pro bono ?

  • Formations & conseils

La Help Room : série de webinairs et d’outils pour accompagner les entrepreneurs sociaux dans cette période. Une initative portée par le Mouves et Tech For Good France.

Des nouveaux besoins web ? Webassoc est à vos côtés et accompagne les associations (webinairs, ressources en ligne…)

Facebook : Le groupe des Assos par Hello Asso est un groupe d’entraide, de conseils et de solidarité des associations mais aussi des acteurs qui les aident et les accompagnent.

  • Soutien opérationnel et stratégique

Benevolat.fr : retrouvez les acteurs de promotion du bénévolat et leurs actions pour répondre aux besoins de renfort notamment en compétences.

Pro Bono Lab adapte ses formats de Missions pro bono à distance, pour continuer de répondre aux besoins en compétences. Avec un formulaire en ligne et une hotline ouverte, le Lab reste mobilisé aux côtés des organisations à impact social.

La communauté de bénévoles pro bono du web de Webassoc est également mobilisée. Le formulaire en ligne permet de préciser vos besoins en compétences, afin de vous mettre en relation avec les bons pros du web !

Rendez-vous également sur les sites de nos partenaires : Bénénova, Latitudes, Passerelles et Compétences, France Bénévolat, Tous Bénévoles pour proposer vos missions auprès des intermédiaires adaptés et compétents.

  • Juridique

Les avocats se mobilisent en pro bono et proposent, via le site avocat.fr, des consultations gratuites de 30min pour toute question relative à la crise sanitaire.

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteur : Nina DANET, Chargée des relations presse et des relations publiques, Pro Bono Lab


Chroniques du balcon

La France au rythme du confinement. Si le planning reste encore incertain, le quotidien doit dès à présent se réorganiser en fonction de ces circonstances inédites. A nous de réinventer de nouveaux repères, de nouvelles manières de communiquer, de faire ensemble.

Car la distanciation sociale n’exclue pas le lien, ni la solidarité. Au contraire, elle nous impose de trouver des solutions collectives à notre échelle et avec nos moyens.

Cette distance imposée, nous fait réaliser toute l’importance du contact humain. Un constat, certes, plutôt convenu… mais que peu d’entre nous ont l’occasion de vérifier de manière si radicale.

L’isolement est bien sûr connu pour tous ses méfaits sur le moral et sur la santé des individus. A l’heure du confinement généralisé, il met aussi à l’épreuve de multiples chaînes de solidarité qui existent et résistent partout dans le pays. Comment aider aujourd’hui si on ne peut plus littéralement tendre la main ? Les collectes, les maraudes sont forcément impactées par les consignes sanitaires et les acteurs associatifs multiplient les appels pour prévenir d’un certain repli sur soi qui mettrait en péril les plus démunis.

Cette chronique est justement là pour observer, du balcon, au fil des jours, les initiatives qui permettent à la solidarité d’exister, malgré tout. Elle est aussi là pour poser des questions sur nos manières de vivre ensemble. Pour partager les bonnes ondes dont tout le monde a besoin.

#RejoignonsNousAutrement

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J8

La démocratisation culturelle… enfin ?

Hier, j’écoutais James Blake, qui devait se produire à l’Olympia le 14 avril, donner un concert depuis son salon sur Instagram. A peu près au même moment, la Philharmonie de Paris proposait gratuitement un concert issu de ses archives sur sa plateforme live. A défaut de remplir les salles, nous pouvons compter sur les artistes et les institutions pour continuer de diffuser leurs oeuvres au plus grand nombre, coûte que coûte.

Alors que les établissements sont fermés jusqu’à nouvel ordre, le ministère a d’ailleurs lancé l’initiative #culturecheznous. Le principe est simple : recenser tous les contenus accessibles en ligne pour que chacun puisse profiter de l’offre culturelle publique depuis son canapé. La page dédiée du ministère a été pensée de manière particulièrement épurée, sans grand discours, en cohérence dirons-nous avec cette vocation d’accessibilité.
Puisque l’expérience présentielle n’est plus possible, son prolongement numérique semble aujourd’hui prendre de nouvelles couleurs. Car la nouvelle donne du confinement redessine aussi le rapport aux publics. Il n’y a momentanément plus de catégories 1, 2, 3. Il n’y a plus de « carré or », plus de premier rang ou de places à visibilité réduite.

Finalement, l’expérience culturelle en ligne, lorsqu’elle est pensée « pour tous » et non plus pour ceux qui n’ont normalement pas les moyens ou l’opportunité de la vivre en vrai, semble enfin nourrir ce vaste projet de démocratisation culturelle qui hante les politiques publiques depuis des décennies.

Si elle est vécue comme une expérience collective, qui s’émancipe des fractures ordinaires, on peut effectivement espérer que la démarche attire de nouveaux publics et renouvelle durablement le rapport à la culture.

Pour autant, la solution lnternet n’annule pas toutes les inégalités puisque, selon les derniers chiffres, 17% de la population n’y a pas accès ou ne maîtrise pas les outils nécessaires. Aussi, les acteurs culturels ne surmonteront pas tous de la même manière cette période qui s’annonce critique pour une économie qui repose beaucoup sur l’expérience physique.

L’initiative #culturecheznous, comme beaucoup d’initiatives digitales qui ont émergé ces derniers jour, s’adapte à l’urgence et à un besoin inédit de partage. Si ce ne sont pas des solutions uniques et forcément durables, nous pouvons espérer qu’elles ouvrent de nouvelles perspectives et inspirent de nouvelles formes de collaboration.

La culture, comme la solidarité, ne pourra sûrement jamais s’affranchir du réel et c’est tant mieux. Les deux doivent aujourd’hui trouver des moyens de perpétuer leur mission auprès du plus grand nombre !

 

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J10

 

Un des nombreux paradoxes du confinement, c’est qu’on resserre aussi les liens avec nos proches. Ceux qu’on voit peu d’habitude, à cause de la distance, des emplois du temps, bref.

Pour ma part, ça m’a aussi permis d’échanger avec mes amies sur leur métier. Certaines d’entre elles sont infirmières, travaillent en Ephad, dans le monde du spectacle vivant ou les médias… Nous traversons tous la même « crise » mais chacun, au regard de sa situation professionnelle, observe et vit différemment les choses.

Ce qui est sûr : que l’on soit sur le terrain, à distance, arrêté ou autre, le rapport au travail est complètement chamboulé. Et la question de l’utilité sociale s’impose comme une évidence. La « quête de sens » n’a rien de nouveau, mais voilà, aujourd’hui, le couperet tombe. Dans un récent article, Dominique Meda lançait, très justement :

« Il faut être aveugle pour ne pas voir quels sont aujourd’hui les métiers sans lesquels la société ne peut pas vivre. » Cette période s’annonce sans pitié pour les « bullshit job », nous verrons bien qui en sortira la tête haute.

J’en ai profité pour échanger avec Luce, professeure de français au collège. Elle n’a pas vraiment eu le temps de s’adonner à l’introspection depuis le début du confinement. Sa quête de sens à elle s’est arrêtée net le jour où elle est entrée dans une classe et s’est retrouvée seule, face à ses vingt-huit élèves.

Alors aujourd’hui, son témoignage compte :

« Par où commencer ? Surement par le plus pénible : la hiérarchie. A l’instar du ministère, on sent que nos chef.fes ont bien du mal à se prononcer quant aux instructions officielles : il faut à la fois RESTER CHEZ SOI mais aussi assurer des permanences dans les établissements pour les enfants de soignants, RESTER CHEZ SOI tout en allant distribuer des « kits papiers » dans les boîtes aux lettres d’enfants privés d’outils numériques MAIS étant quand même CHEZ SOI. Bon, déjà ça part mal. »

Finalement, malgré les outils numériques, l’implication personnelle reste totale :

«On appelle toutes les familles une par une, on demande les mails privés des parents et des enfants et on fait tout au cas par cas. Faire cours de façon virtuelle s’avère être bien plus chronophage et source de stress pour les profs et les élèves.»

Avec le temps, chacun trouve peu à peu ses marques et développe ses méthodes :

« Depuis une semaine les choses se mettent tout de même en place, on arrive davantage à répartir le travail de façon équilibrée…. J’ai créé un groupe de chat avec mes élèves. C’est pas mal, je suis au courant des séries netflix à ne pas manquer et des derniers potins de la classe, au moins on garde le lien ! »

Pour ce qui est des enseignements et du suivi pédagogique :

« Bien sûr il y’a les petits filous qui esquivent toutes nos embuscades de prises de contact mais honnêtement la plupart sont au taquet, demandeurs de savoirs et de conseils, j’ai rarement eu de retours de travaux aussi soignés que maintenant ! Sans vouloir tomber dans la niaiserie, ce sont eux les véritables rayons de soleil de cette période bien sombre. J’ai au moins foi en nos élèves qui assurent et nous donnent le courage de continuer d’enseigner. Aucune classe virtuelle ne remplacera le véritable contact humain et aucun savoir ne sera aussi bien transmis qu’en partageant de vive voix tous ensemble nos réflexions, mais cette période a le mérite d’être éclairante sur au moins un point : nous savons sur qui compter. »

L’expérience individuelle et collective que nous traversons n’a pas fini de nous questionner sur les hiérarchies en place et nos systèmes de valeurs. Nous ne pouvons sûrement pas prédire tous les bouleversements à venir. Peut-être pouvons-nous espérer que l’implication, l’engagement, les compétences de chacun puissent être enfin reconnues et valorisées pour ce qu’elles apportent à autrui et à la société, en premier lieu.

#RejoignonsNousAutrement

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteure : Nina Danet


Chroniques du balcon

La France vit ses premiers jours de confinement. Si le planning reste encore incertain, le quotidien doit dès à présent se réorganiser en fonction de ces circonstances inédites. A nous de réinventer de nouveaux repères, de nouvelles manières de communiquer, de faire ensemble.

Car la distanciation sociale n’exclue pas le lien, ni la solidarité. Au contraire, elle nous impose de trouver des solutions collectives à notre échelle et avec nos moyens.

Cette distance imposée, nous fait réaliser toute l’importance du contact humain. Un constat, certes, plutôt convenu… mais que peu d’entre nous ont l’occasion de vérifier de manière si radicale.

L’isolement est bien sûr connu pour tous ses méfaits sur le moral et sur la santé des individus. A l’heure du confinement généralisé, il met aussi à l’épreuve de multiples chaînes de solidarité qui existent et résistent partout dans le pays. Comment aider aujourd’hui si on ne peut plus littéralement tendre la main ? Les collectes, les maraudes sont forcément impactées par les consignes sanitaires et les acteurs associatifs multiplient les appels pour prévenir d’un certain repli sur soi qui mettrait en péril les plus démunis.

Cette chronique est justement là pour observer, du balcon, au fil des jours, les initiatives qui permettent à la solidarité d’exister, malgré tout. Elle est aussi là pour poser des questions sur nos manières de vivre ensemble. Pour partager les bonnes ondes dont tout le monde a besoin.

#RejoignonsNousAutrement

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J3

Chers confinés, chers non-confinés pour bonne raison,

A 20h au balcon, les gens applaudissent. L’appel a été lancé sur les réseaux, certains l’accrochent à leur fenêtre « Tous les soirs, on applaudit le personnel soignant ». Ça ne dure que quelques minutes, mais la rue si calme la journée devient la caisse de résonance des manifestations de soutien. Et ça fait du bien.

Initiés en Espagne, ces rassemblements spontanés et quotidiens se multiplient maintenant dans les villes d’Europe. Alors qu’en France, le manque de moyens, de places, de personnel risque de faire plonger l’hôpital public, la solidarité est ce qu’il nous reste dans l’urgence.

Applaudir à sa fenêtre paraît anodin, par rapport à la lutte que s’apprêtent à mener les professionnels de santé, mais aussi au regard de celle qu’ils endurent depuis des années. Les politiques publiques et réformes successives ont largement fragilisé les hôpitaux, qui ne cessent d’alerter sur la dégradation des conditions de travail.

Aujourd’hui, si le grand Est est déjà submergé, une grande partie du personnel soignant attend encore la vague. Ils se préparent. Souvent, cela signifie improviser avec les moyens du bord.

Alors oui, applaudir à sa fenêtre paraît anodin. Oui, c’est peut-être un « petit geste » comme on les appelle. Mais c’est aussi essentiel, pour faire entendre tout notre soutien.

Pour que les applaudissements résonnent plus fort, voici quelques pistes pour s’engager et aider le personnel soignant !

#RESTEZCHEZVOUS bien sûr

On peut aussi donner un peu de temps libre pour le personnel via la plateforme en première ligne 

Et si vous le pouvez, donnez votre sang ! La collecte doit se poursuivre, malgré le confinement

 

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J4.. (ressenti 6)

Une initiative a particulièrement été médiatisée ces derniers jours et a attiré mon attention.
Au fur et à mesure que la pandémie avance, les pénuries se sont déclarées un peu partout. Non je ne parle pas ici de pâtes ou de papier toilette, mais plutôt des masques et respirateurs artificiels. Les stocks s’épuisent à une vitesse folle, suscitant une incompréhension générale.

Alors que le monde industriel déploie des plans massifs pour équiper l’ensemble des hôpitaux, d’autres solutions dites « open-source » sont apparues pour compléter l’offre et répondre à l’urgence.
La communauté des makers a été particulièrement réactive et saluée pour son implication. Au nord de l’Italie, une dizaine de fablabs se sont mobilisés pour produire grâce à l’impression 3D des valves d’équipement respiratoire dont les soignants manquaient. Cette alternative, locale et à petite échelle, a lancé une mobilisation plus vaste en Europe, aussi impulsée par la Commission Européenne, pour recenser les acteurs de l’impression 3D susceptibles d’agir contre ces pénuries.

Ailleurs, sur la toile, les fichiers open-source, des tutos ou même des patrons de couture pour masques ont circulé pour pallier au manque d’équipement. Une nouvelle vague Do It Yourself pour le bien public ?

Mettre ses compétences, quelles qu’elles soient au service de ceux qui en ont besoin est le principe même du pro bono, qui en cette période compliquée trouve un écho particulier. Les savoir-faire de chacun peuvent avoir un impact considérable, s’ils sont partagés. Ces initiatives en sont la preuve.

#RejoignonsNousAutrement

 

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▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteure : Nina Danet


Le mécénat de compétences, bien plus qu'un sujet RH

A l'heure où le mécénat de compétences occupe une place inédite dans le discours public et jouit d'une nouvelle notoriété, Claire Bertin, Directrice Grand Ouest de Pro Bono Lab en rappelle les fondamentaux et les enjeux. Pour que le partage de compétences profite, en premier lieu, à l'intérêt général.

Le mécénat de compétences doit avant tout, et surtout, servir l’intérêt général. N’oublions jamais qu’avant toute chose, avant de répondre à des enjeux RH, ce dispositif vise à accompagner des associations pour répondre à leurs besoins de développement et pour leur permettre de maximiser leur impact.

Le mécénat de compétences peut servir des enjeux RH, oui, mais ne le réduisons pas à cela ! Et encore moins à un dispositif utilisé pour gérer la fin de carrière des collaborateurs du privé et où l’on pourrait parfois en faire de l’outplacement… Histoire triste mais vraie au vu de quelques retours d’expérience. Nous avons une fâcheuse tendance à mettre les gens dans des cases, notamment les « seniors » que l’on appelle plus que comme… les « seniors ».

Le mécénat de compétences, avec le bénévolat de compétences d’ailleurs, doit être vu comme un décloisonnement formidable entre des cultures qui ne cohabitent pas d’habitude. Dé-corrélons la compétence du statut social, cela est essentiel !

Le mécénat de compétences est protéiforme : temps court, temps long, temps partiel ou temps complet, individuel ou collectif… Il y en a pour tous les goûts et c’est en cela qu’il peut embarquer tout un chacun : cadres, non cadres, artisans, entrepreneurs…

Alors…

N’oublions jamais que la vision parisienne n’est pas celle des territoires : l’enjeu de l’ancrage territorial est d’ailleurs majeur pour les acteurs qui s’engagent dans nos régions. En ce sens, peut-être pourrions-nous arrêter de polariser le discours du mécénat de compétences autour du sujet de la défiscalisation… Beaucoup pratiquent le mécénat de compétences sans le déclarer, parfois presque sans s’en rendre compte !

N’oublions pas non plus que les enjeux des TPE-PME-ETI ne sont pas ceux des grandes entreprises : essayons d’adopter une approche pragmatique pour que chaque entreprise puisse s’emparer de ce beau dispositif.

N’oublions pas le rôle majeur joué par les acteurs intermédiaires comme Pro Bono Lab : le mécénat de compétences est un sujet de lien et de proximité. Où la tech et le numérique ne remplaceront jamais l’humain. Un dispositif où chaque acteur, dans son rôle, porte ses responsabilités et s’engage. Notamment, aux directions RH de s’engager à accompagner leurs collaborateurs dans leur engagement : avant, pendant et après.

En tant qu’ancienne professionnelle des Ressources Humaines, ce sujet a une résonance toute particulière à mes yeux… Quelle vision voulons-nous porter des RH ? Quel rôle et quelle place pour nos DRH ? Les RH ne sont pas (que) des process, des tableaux de bord ou des lignes budgétaires à optimiser : le développement RH a ceci de merveilleux que d’accompagner les collaborateurs dans leur carrière et dans leur parcours de vie.

Alors, dans ce cadre, voyons le mécénat de compétences comme un formidable terrain de jeu pour développer des compétences, développer l’employabilité de chacun.e, créer des “déclics” dans les parcours de carrière, mais surtout : voyons le comme un moyen de développer la société de l’engagement dont nous avons tant besoin !

 

▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteure : Claire Bertin, Directrice Régionale Grand Ouest, Pro Bono Lab
▷ Photo : Erwan Floc’h


La Fédération Cheer Up ! et la Fondation Adréa, unis pour l'inclusion des jeunes atteints d'un cancer

Créée il y a 15 ans par deux étudiants, CHEER UP ! est une fédération d’associations étudiantes dont l’objectif est de créer un mouvement de solidarité fort et pérenne autour des jeunes atteints de cancer. La Fondation Adréa s'engage à ses côtés. Retours sur une belle collaboration pro bono. 

Créée il y a 15 ans par deux étudiants, CHEER UP ! est une fédération d’associations étudiantes dont l’objectif est de créer un mouvement de solidarité fort et pérenne autour des jeunes atteints de cancer.  Dans une logique de solidarité entre pairs, des étudiants se mobilisent pour accompagner des jeunes atteints de cancer à l’hôpital et à l’issue des traitements, pour les aider à faire aboutir les projets qui leur tiennent à cœur 

Le président de la Fédération, Alexis Janicot, nous rappelle que le cancer est une maladie qui touche principalement les personnes d’environ 65 ans. De ce fait, les jeunes ont parfois du mal à identifier les solutions répondant à leurs besoins spécifiques, dans le contexte d’un nombre de cas diagnostiqués chaque année plus grand en FranceLa Fédération CHEER UP ! travaille à impulser une dynamique permettant de leur redonner la force d’agir et de continuer à se battre pour leurs projets. Dans ce processus, l’accompagnement tient une place essentielle et commence par la création d’un lien de confiance entre bénévoles et jeunes accompagnés 

Jouant sur la force du collectif, la Fédération redonne des clés d’action et des moments précieux à ces jeunes préoccupés aussi bien par leur guérison que par leur besoin d’être acteurs de leur vie. En tant que Président, Alexis Janicot rappelle l’importance de cette mission et surtout celle d’aller sur le terrain afin d’être au plus proche de la réalité des personnes accompagnées. Cette mobilisation permettant de donner vie à leurs projets ne pourrait se faire, souligne Alexis Janicot, sans un travail de coopération et d’accompagnement fourni par les partenaires de la Fédération, cruciaux pour son bon fonctionnement 

Dans ce contexte, la Fondation d’entreprise ADRÉA, adossée à ADRÉA Mutuelle, a joué un rôle crucial en ouvrant un appel à projets pour « aider les patients à être acteurs de leur vie et de leur santé après la maladie », pour l’édition 2018 du Trophée Coup de cœur des collaborateurs ADRÉA Mutuelle. Élu lauréate par les salariés de la Mutuelle, CHEER UP ! est depuis un an accompagnée par l’équipe de la Fondation, en sus du soutien financier qui lui a été accordé, pour son projet « Rebonds ». Ce projet repose sur le développement des actions de CHEER UP ! à destination des patients en rémission d’un cancer en facilitant un retour à la vie normale, en dehors du cadre hospitalier. Convaincue de l’importance de soutenir les initiatives innovantes, la Fondation œuvre dans le but de créer des liens de partenariat durables avec les porteurs de projets qu’elle accompagne. Au-delà du renforcement de l’aspect humain dans le mécénat d’entreprise, c’est également un objectif de visibilité et d’efficacité pour les actions de la Fédération que la Fondation poursuit.  

La Fédération CHEER UP ! et la Fondation d’entreprise ADRÉA œuvrent ainsi côte à côte depuis un an pour que les jeunes en fin de traitement ou en rémission puissent également accéder à des méthodes et outils de réalisation de leur projet, qu’il soit professionnel, universitaire ou encore entrepreneurial. Une collaboration menée avec bienveillance pour renforcer le pouvoir d’agir des usagers du système de santé et permettre aux jeunes d’aller au bout de leurs rêves et projets multiples 

En savoir plus

▷ Source : pro-bono.co, février 2020.
▷ Auteure : Meghann Dehais, Chargée de développement, Pro Bono Lab pro-bono.co
▷ Photo : Fédération Cheer Up ! Facebook 


Fondation Adréa, l'engagement des collaborateurs au service d'initatives innovantes dans le domaine de la santé

 

La Fondation d’entreprise ADRÉA a créé, à travers ses divers engagements, un véritable écosystème à impact positif. Meghann Deshais, chargée de développement pour Pro Bono Lab revient sur ces initiatives inspirante.

Force est de constater que le mécénat financier ne permet pas toujours aux porteurs de projets d’être en mesure de mener à bien leurs projets : avoir un financement et réussir son projet sont deux choses qui ne sont pas nécessairement automatiques. Pour mettre ce dernier en œuvre dans les meilleures conditions, le financement n’est souvent pas le seul soutien devant venir des mécènes : il doit se combiner avec un soutien en compétences. Cet apport en compétences est protéiforme et se fait en fonction des besoins comme des capacités des porteurs de projets soutenus.  

Pro Bono Lab offre différentes solutions pour favoriser ce soutien en compétences, devenu plus que complémentaire au soutien financier. Ses équipes ont eu la chance de travailler aux côtés de la Fondation d’entreprise ADRÉA. À travers ce partenariat, Pro Bono Lab a découvert une structure inspirante qui donne les moyens aux porteurs de projets d’aller plus loin, pour atteindre leur ambition : celle de contribuer au bien-être des usagers du système de santé et favoriser l’évolution de leur rôle au sein de ce système. 

La Fondation d’entreprise ADRÉA se met au service de ses partenaires, des porteurs de projets innovants dans le domaine de la santé  

Directeur de la Fondation d’entreprise ADRÉA depuis 2016, Pierre SZLINGIER dresse un portrait engagé de la Fondation, qui incarne les valeurs sociétales d’ADRÉA Mutuelle et du groupe auquel elle appartient, le Groupe Aésio. Si les accompagnements au niveau de la mutuelle sont déjà conséquents, la Fondation se fait également un lieu d’innovation dans le domaine de la santé et du médico-social, à travers une action prospective (publications d’enquêtes), et par le soutien à des initiatives socialement ou technologiquement innovantes portées par ses partenaires. Grâce à ses engagements et à sa Fondation, ADRÉA Mutuelle cherche à créer un véritable écosystème à impact positif, une communauté de partenaires acteurs de l’économie sociale et solidaire œuvrant au mieux-être des usagers du système de santé. La Fondation a pour objectif de détecter l’expérimentation sociale et de soutenir des projets innovants œuvrant au renforcement du pouvoir d’agir des patients et de leurs prochesIl s’agit alors d’explorer des champs de l’innovation en santé en soutenant des acteurs variés (associations, centre hospitaliers, centres de recherche…) à travers un accompagnement complet, financier et opérationnel. L’équipe de la Fondation accorde une importance majeure au fait de co-construire de véritables partenariats en apportant un soutien à chaque porteur de projets qui en a exprimé le besoin dans la réalisation opérationnelle de son projet. La Fondation tient également à fédérer sa communauté de partenaires et leur donne ainsi l’opportunité de confronter leurs problématiques et d’identifier de potentielles solutions en partageant leurs différentes expériences. Dans le cadre de sa « Soirée des partenaires » organisée en avril 2019, la Fondation a souhaité proposer une montée en compétences de ses partenaires en mettant à leur disposition des ateliers animés par des professionnels de l’économie sociale et solidaire. Chacun de ces ateliers répondait aux principaux enjeux de la recherche de fonds et de la communication, propres à tout porteur de projet. Le soutien financier n’est qu’un volet de l’engagement de la Fondation rappelle Pierre SZLINGIER : 

« Il s’agit donc d’apporter un complément d’aide à ce soutien, notamment à travers la montée en compétences, pour avancer ensemble. »

En créant des relations durables avec les porteurs de projets qu’elle accompagne, la Fondation d’entreprise ADRÉA met ainsi l’humain au cœur de son fonctionnement, conformément aux valeurs de solidarité de la Mutuelle ADRÉA et du Groupe Aésio.

 

 

Pro Bono Lab – Quelle place occupent les collaborateurs au sein de la Fondation ?  

Pierre SZLINGIER – L’objectif est de mettre en place des synergies positives, le Trophée Coup de cœur des collaborateurs, qui permet aux collaborateurs de voter pour leur projet préféré dans le cadre d’un appel à projets spécifique, est essentiel pour impliquer les collaborateurs de la mutuelle. Ils sont la ressource vitale de toute entreprise. Les faire participer, c’est leur permettre d’incarner concrètement les valeurs et l’ambition sociale et sociétale d’ADRÉA et du Groupe Aésio, grâce à la Fondation .

Pro Bono Lab – Que pensez-vous de la pratique du pro bono ?  

Pierre SZLINGIER – C’est une pratique plus qu’intéressante qui pourrait se faire via l’interne ou l’externe, pour accompagner les porteurs de projets. Dans le cas de la Fondation d’entreprise ADRÉA et de la mutuellenous sommes encore à la genèse de ces concepts et pratiques mais le pro bono apparaît comme une réponse dans l’apport en compétences à offrir. Il peut également se matérialiser par un apport en compétences et le soutien des élus mutualistes qui constituent une communauté de bénévoles engagés .  

 

 

Auteur : Meghann Dehais, chargée de développement, Pro Bono Lab
▷ Source : probono.co
▷ Pour en savoir + : site de la Fondation Adréa

 


World CleanUp Day, volontaires pour la planète

L’écologie est devenue un sujet central dans notre société, dans un contexte d’urgence climatique avéré. Les chiffres et les images sont là pour nous le rappeler, chaque jour. Associations, citoyen(ne)s, politiques, médias… tous s’emparent de la question et tentent de réfléchir à des solutions, qu’elles soient individuelles ou collectives. Parmi les acteurs engagés dans cette quête, l’association World CleanUp Day que l’équipe de Pro Bono Lab Hauts-de-France a eu la chance de rencontrer.  

 

Un mouvement collectif, d’envergure

Il y a peu de temps, nous sommes partis à la rencontre de Julien PilettePrésident de l’association World CleanUp Day France. Cette association organise chaque année une journée de mobilisation portant le même nom, et consistant en un grand temps de « nettoyage » de la planète. Concrètement, les volontaires se réunissent toute une journée pour faire des collectes à grande échelle de déchets sauvages qui polluent notre environnement. Car, malgré un certain consensus autour de la question écologique en France, le volume de ces déchets ne cesse de progresser… ! 

Ce mouvement est, à l’origine, apparu en Estonie. En 2008, un entrepreneur estonien a décidé d’organiser une mobilisation nationale afin de ramasser tous les déchets abandonnés dans son pays. Au total, 10 000 tonnes de déchets avaient été ramassés par 50 000 personnes ! Un résultat à la fois alarmant si l’on se concentre sur la quantité de déchets, mais encourageant d’un point de vue de la mobilisation citoyenne. Plusieurs pays ont alors sauté le pas, donnant au projet une toute autre envergure. En 2018, 160 pays lançaient à leur tour leur grande journée de nettoyage.  

Un projet basé en Hauts-de-France qui s’étend à toutes les villes de France. 

En France, c’est l’association World CleanUp Day, avec son siège à Lille qui est à l’origine de ces journées. La mobilisation pour le World CleanUp Day se fait au départ de plusieurs villes telles que Toulouse et Paris, de nombreux bénévoles se trouvent sur les territoires pour porter le projet.  

Car le projet World CleanUp Day cherche surtout à réunir, tout en mobilisant de nombreuses personnes différentes, de manière individuelle ou collective, via son entreprise sur son temps de travail (mécénat de compétences).  

Petites, moyennes ou grosses entreprises, nombreuses sont celles qui aujourd’hui ont envie, à leur échelle, de prendre en compte ces enjeux environnementaux 

En ouvrant ces journées au plus grand nombre, Julien Pilette souhaite faire passer un message : « Chaque personne souhaitant porter le projet et le faire grandir, peut le faire. C’est un projet commun, portant des valeurs de partage, de cohésion et de bienveillance tout en cassant les frontières pouvant exister. » 

La lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la nature et de notre écosystème ont un formidable pouvoir fédérateur ; en témoigne le succès de ces journées auprès de publics très divers. Ce combat nous rassemble et nous permet d’avoir un réel impact positif, ensemble. En comptant sur les énergies et les compétences de chacun(ne), que ce soit les citoyen(ne)s ou les entreprises engagées, de nombreux projets similaires pourront voir le jour en France et dans le monde.  

En savoir plus sur le World CleanUp Day

▷ Auteure :  Camille Bernard, chargée de communication Pro Bono Lab - Hauts-de-France
▷ Source : pro-bono.co


For whom rings the talent?

What is my true potential? Am I going in the right direction? Does my contribution matter? Is there a purpose in what I am doing?

If it ever occurred that you asked yourself these questions, then I have good news for you - you are a vulnerable human being! And it is fine to feel that way, we are not made of stone. In the age where the pressure to succeed and search for the purpose have been clashing like never before, more and more talents are failing to find the right balance between the two phenomena and drop out of the corporate world to find an alternative way to self-realization which will make sense to them. And obviously this trend will only accentuate.

There can be a multitude of reasons that explain this situation. For instance, the culture of "hyper-efficiency" established in many organizations such as described by Roger Martin. It would influence the "system of evaluation, detection, and promotion of managers" in the companies. @LaurentChoain, chief people officer at Mazars, also speaks about a destroying effect that the organizations can have on a person's self-esteem. However, the situation is fortunately not deadlocked.

Not later than yesterday I and many other employees @Mazars have dedicated one day to work for an NGO in terms of an action initiated by @probonolab. The main idea of the action is to put your skills at the profit of an organization that might need qualified expertise but does not have access to it. I have chosen to spend this day working for Vers Le Haut, a nonprofit which aims at raising a public debate in France about the future of education.

Beyond the fact that in itself it was a wonderful experience, there is one thing that was particularly interesting to me: the emotions expressed by the participants during the workshop (almost all employed by the big corporations). For many, it was the way to add purpose to their professional existence and realize that their contribution is valued and can have a direct impact on society – the feeling that a constantly growing number of people will be looking for.

A stronger social consciousness will probably become one of the factors which will make the businesses change their attitude to efficiency. When sense of purpose becomes a driver for personal self-esteem, in the world where attracting and retaining talent is a headache of any CEO, probono might contribute to further humanizing modern management practices.

▷ Auteur : Evgeny A. Lukin, Learning Experience, Innovation & Culture | Mazars University
▷ Source : Linkedin