2020 par Céline Laurichesse : cap sur le monde du pro bono

Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab, introduit la Soirée Annuelle 2020  :

Chères toutes, chers tous,  

Je suis ravie de vous accueillir ce soir car je trouve précieux de savoir à la fois célébrer les succès et imaginer l’avenir, et de le faire de manière collective, rassembleuse, chaleureuse. C’est donc un véritable plaisir, pour moi et pour toute l’équipe de Pro Bono Lab, de vous retrouver pour notre traditionnelle Soirée Annuelle, qui chaque année réunit nos plus proches partenaires pour à la fois faire le bilan de l’année passée et se projeter sur celle à venir.  

2019 était placée au Lab sous le signe des territoires. Des territoires précurseurs, des territoires pionniers en termes d’engagements citoyens. Des territoires que nous avons décidé d’investir, en consolidant nos antennes déjà existantes et en développant notre ancrage territorial : après Auvergne-Rhône-Alpes, après la région Méditerranée, après les Hauts-de-France, c’est en Grand Ouest, à Nantes, que nous avons ouvert une nouvelle antenne en 2019.  

Dans la continuité de 2019, et ce sera ce soir ma première annonce, nous ouvrirons officiellement, en juin prochain, l’Antenne Nouvelle Aquitaine à Bordeaux. Au-delà des régions, nous investirons également de nouvelles métropoles, en intensifiant nos efforts de développement au sein de nos territoires historiques : Toulouse, Clermont-Ferrand et Nice notamment. Je le redis ce soir, Pro Bono Lab, ce n’est pas un laboratoire national du pro bono, ce sont bien des laboratoires territoriaux du bénévolat et du mécénat de compétences, qui adaptent leurs réflexions et actions en fonction des spécificités de chaque territoire.  

Je ne peux vous parler de territoires sans vous parler de notre programme phare, la Probono Factory, littéralement Fabrique du bien public, par les territoires, pour les territoires. Face à des enjeux de société complexes et cruciaux, l’engagement collectif des acteurs du territoire est essentiel pour relever ces défis. Grâce à ce programme, Pro Bono Lab identifie ces causes prioritaires et engage les compétences des parties prenantes locales (citoyens, entreprises, collectivités, services de l’Etat, structures à finalité sociale, établissements publics, écoles, universités, etc.) en faveur de projets ou structures qui ont fait la preuve de leur impact. 

L’année 2019 aura permis à ce programme de passer à l’échelle et de démultiplier son impact comme jamais auparavant. En 2020, à l’image de notre développement territorial, le programme sera décliné à l’échelle de 5 nouveaux territoires.  

L’impact. Je tiens à m’arrêter quelques instants sur ce terme, car l’impact du pro bono, et plus spécifiquement du mécénat de compétences, a plus que jamais été questionné en 2019. C’est même la finalité du dispositif qui a été remis en cause.  

“Le mécénat de compétences n’est qu’un moyen pour les entreprises de résoudre des problématiques RH, de se donner bonne conscience” a-t-on pu entendre. Chez Pro Bono Lab, nous sommes persuadés, vous le savez, que cela est faux. Et nous l’avons réaffirmé le 18 octobre dernier, lors du Pro Bono Day. Le mécénat de compétences, et plus largement le pro bono, est un dispositif d’intérêt général dont l’objectif est de répondre aux besoins de structures qui œuvrent chaque jour pour le bien public. Nous l’avons réaffirmé, mais nous avons aussi porté un message d’alerte. 

Car ce dispositif peut en effet être détourné pour répondre prioritairement à des enjeux internes propres à une entreprise par exemple. Car il est alors dévoyé et c’est ce que nous dénonçons 

Bien sûr, le pro bono répond à d’autres besoins que ceux des structures accompagnées. Comme toute démarche altruiste, il peut être bénéfique en retour pour toutes les parties prenantes qui l’exercent : trouver du sens, développer des compétences, fédérer ou fidéliser des équipes…Mais l’expérience la plus riche, celle que nous valorisons avec Pro Bono Lab et avec d’autres, est celle qui ne perd pas de vue son objectif : répondre d’abord aux besoins de structures d’intérêt général, pour le bien public. Alors, le mécénat de compétences et le pro bono deviennent un réel levier de développement des structures de l’ESS.  

C’est le message que nous avons porté toute l’année auprès du gouvernement, mais aussi des députés et des sénateurs qui nous ont sollicités sur le sujet. Dès janvier 2019, d’ailleurs, à la sortie de notre Manifeste, nous avions proposé de clarifier les règles de mise en œuvre du mécénat de compétences pour pouvoir maintenir ce dispositif unique au monde, en garantir l’éthique et éviter les dérives. 

C’est une position que nous continuerons à défendre en 2020, sur le territoire national, mais pas seulement. Car c’est par-delà les frontières françaises que nous nous dirigeons. Après les territoires, place à l’international. Cap sur le Monde du pro bono. Avec en point d’orgue le Global Pro Bono Summit, du 13 au 15 mai prochain, à Paris. 2020 s’annonce riche et mémorable. Avec nous, embarquez pour un tour du monde du pro bono en 2020.  

Ce Sommet International ne sera que le point de départ d’une nouvelle phase de développement du Lab au niveau international. Avec les Administrateurs de Pro Bono Labnous avons souhaité la mise en place d’une véritable stratégie de rayonnement international du Lab, dans la continuité du travail de nos cofondateurs en la matière. Pro Bono Lab figure parmi les intermédiaires les plus en pointe dans le monde, nous devons en être fier. Nous devons prendre nos responsabilités du fait de ce statut. Notamment pour coordonner, comme nous l’avons fait en 2019, de nouveaux grands programmes d’engagement internationaux.  

Pour asseoir nos fondamentaux, c’est également le continent européen que nous devons mieux couvrir. A cette échelle, Pro Bono Lab a la capacité de diffuser ses grands programmes d’intérêt général, sa vocation d’opérateur social, et de fédérer les acteurs en présence autour d’une véritable politique européenne du pro bonoC’est ce challenge que Sylvain Reymond a choisi de confier à l’une de nos directrices : Ségolène Bunel, actuellement directrice de notre antenne Hauts-de-France, prend dès aujourd’hui la tête de la direction des affaires internationales de Pro Bono Lab pour œuvrer en ce sens. 

 Au niveau national, cette année nous réserve également de belles perspectives.  

Dans la continuité des engagements que nous avions pris il y a un an quasiment jour pour jour auprès du Secrétaire d’Etat, Gabriel Attal, lors de sa visite chez Pro Bono Labnous continuerons à démocratiser le pro bono de toutes les organisations 

Des PME/ETI bien sûr, parce que le mécénat, ce n’est pas qu’une histoire de grandes entreprises. L’équipe a d’ailleurs déjà travaillé sur un programme dédié à ces acteurs et les premières actions ont été menées en fin d’année dernière. 

Mais également le pro bono des agents du service public, qui devrait être rendu possible dès 2020 par le Gouvernement. Nous y avons beaucoup travaillé. Nous nous tenons prêts à accompagner les acteurs publics en conséquence. Nos antennes sont prêtes et ont aussi été positionnée au cœur des territoires pour cela. Une étude en cours sur le pro bono des agents du service public et leurs attentes en matière d’engagement sera d’ailleurs présentée prochainement. Oui, le pro bono sera dans les années qui viennent un véritable levier de réhabilitation des compétences de ces agents du service public, essentiel au bien public. Et les compétences de ces agents, un nouveau vivier pour chaque structure à finalité sociale en quête de ressources humaines. 

L’année 2020 sera une étape également d’un point de vue technologique pour le Lab. En interne comme en externe, tous les supports digitaux aujourd’hui déployés sont en cours de refonte. Dont un nouveau site internet, destiné à devenir la “marketplace” du pro bono, qui proposera à chacune de nos communautés, de partenaires, d’associations et de volontaires une expérience renouvelée. En 2020 et durant plusieurs années, nos investissements dans la Tech se poursuivront pour démultiplier l’impact de notre accompagnement humain. Et je tiens à réaffirmer cette conviction : ces outils digitaux ne doivent en aucun cas se substituer au travail des intermédiaires, des accompagnateurs. Mais bien faciliter ce travail, l’optimiser. C’est pour cela que le Lab dévoilera progressivement de nombreuses nouvelles fonctionnalités innovantes, en priorité pour les structures à finalité sociale qui cherchent à définir leurs besoins en compétences et pour animer notre communauté de volontaires. Pour cela, nous officialiserons des partenariats forts avec les acteurs du secteur déjà existants. Ces nouveaux produits digitaux s’inscriront en complémentarité avec les solutions existantes, jamais en concurrence. Y compris vis-à-vis de la méta plateforme publique de la Réserve Civique, dont le développement est porté par notre cofondateur, Yoann Kassi-Vivier et dont nous avons encouragé le déploiement dans le cadre du Manifeste. 

Chers amis et partenaires, j’espère que 2020 sera synonyme de collaborations nouvelles ou renforcées entre Pro Bono Lab et chacun/chacune d’entre vous pour qu’ensemble nous allions encore plus loin dans la démocratisation du pro bono et l’apport de solutions et de compétences aux causes sociétales. 

Je me réjouis de nos prochains échanges riches, débats vifs et moments partagés. Je mesure ma chance et celle de Pro Bono Lab d’être entourée de personnes clés, expertes et profondément humaines.  

Puisse 2020 vous apporter toujours plus d’envie de porter haut et fort notre credo que “toute compétence est un bien public”. 

A toutes et tous, je vous souhaite une merveilleuse, heureuse, enthousiasmante année 2020 ! 

De gauche à droite : Céline Laurichesse, Christophe Itier et Sarah El Hairy.

Auteure : Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab
▷ Source : discours prononcé lors de la Soirée Annuelle de Pro Bono Lab, le mardi 28 janvier 2020 à la Fabrique de la Solidarité
▷ Crédit photo : Victorine Alisse


Ils font le pro bono -Oumayma Ajarrai, consultante en management

Oumayma Ajarrai est consultante en management auprès d’un cabinet de conseil indépendant qui accompagne les entreprises dans leur transformation digitale et sur des projets d’innovation. Elle nous partage sa vision du pro bono, et son engagement au quotidien !


CARENEWS | Yoann Kassi-Vivier missionné par Gabriel Attal

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse Gabriel Attal vient de confier une mission pour le développement numérique de l’engagement civique au co-fondateur du Pro Bono Lab Yoann Kassi-Vivier.

Lire l'article en intégralité

▷ Source : Carenews (31 octobre 2019)
▷ Auteur : Carenews PRO


Pro Bono Lab | Étude territoriale Puy-de-Dôme

Cette étude, menée en partenariat avec La Fondation Crédit Coopératif et La Direccte 63 met en lumière les actions solidaires menées sur le territoire par les entreprises et acteurs de l’économie sociale et solidaire en soutien à la vie locale et associative, afin d’identifier les leviers et les obstacles au développement de ces pratiques responsables dans le Puy-de-Dôme.

Consulter l’étude territoriale Puy-de-Dôme – Version complèteConsulter l’étude territoriale Puy-de-Dôme – Version de synthèse

▷ Source : Pro Bono Lab (octobre 2019)
▷ Auteur : Clémence Vuillecard, Directrice de l’antenne Auvergne-Rhône-Alpes, Thibaut Lara, chargé du Développement et de Projets et Defne Guvenc Seuzaret, responsable des Programmes et de l’Accompagnement (Pro Bono Lab)


Conjuguer performance économique et engagement sociétal, au-delà de la RSE

L’engagement citoyen des entreprises et des individus est aujourd’hui une nécessité. Il est urgent de créer de nouvelles connexions entre les acteurs de la société, mettre en commun les énergies et les compétences pour relever les grands défis sociaux et environnementaux. A l’occasion du Pro Bono Day, dirigeants, décideurs et experts prennent la parole :

Le Groupe La Poste : une entreprise engagée pour la société

La question de l’avenir de notre monde s’est invitée dans notre quotidien avec un cran supplémentaire : les jeunes, ceux pour qui « nous faisons tout ça », ont pris l’initiative et nous disent que nous n’en faisons pas assez. Qu’il s’agisse du mouvement « Fridays for future » appelant à la grève de l’école et à de grandes Marches pour le Climat partout dans le monde ou du Manifeste des étudiants pour un réveil écologique qui, en l’espace d’une année, a réuni plus de 30 000 signataires. La nouveauté est sans doute l’interpellation générale qu’ils soulèvent en exhortant les citoyens, les Etats mais aussi et surtout les entreprises à agir.

Les entreprises et le gouvernement participent pleinement, à leur façon, à l’accompagnement de cette profonde et nécessaire transition, parfois depuis plusieurs années.

En ce sens, la loi PACTE ouvre un cadre intéressant en disposant que l’entreprise puisse désormais être gérée en tenant compte de ses impacts sociétaux, allant même jusqu’à l’inscrire dans ses statuts…

C’est une attente de toutes les parties prenantes, nos clients, nos fournisseurs, nos investisseurs… Et nos collaborateurs, jeunes et moins jeunes, nous le demandent également. Ils sont en quête de sens dans leur travail et ont à cœur d’agir pour le bien commun. Individuellement ou collectivement, de façon consciente ou intuitive, les postiers sont naturellement portés par l’engagement sociétal. C’est en phase avec les valeurs de La Poste et c’est une notion au cœur de notre histoire : faire société et porter les grandes transformations de la société française et européenne avec notre éthique et nos savoirs. Ce rôle unique et si particulier de La Poste est une fierté pour nos collaborateurs.

En effet depuis 500 ans, La Poste accompagne le développement de la société française, et l’engagement sociétal est au cœur de ses missions. Notre stratégie est imprégnée de notre engagement sociétal qui constitue pour nous à la fois un sujet de réinvention et de différenciation de notre entreprise. L’utilité sociétale du Groupe La Poste est ancrée notamment dans quatre missions de service public qui lui sont confiées par l’Etat : le service universel postal, la contribution à l’aménagement du territoire, la distribution de la presse et l’accessibilité bancaire. Au-delà, le Groupe La Poste incarne le service humain pour tous, partout, tous les jours.

Offrir à ses salariés des opportunités d’engagement, c’est aussi pour l’entreprise la garantie de pouvoir s’appuyer sur un corps social motivé et impliqué.

Au même titre que l’innovation, la culture d’entreprise crée de la valeur. Elle apporte du sens, et accorde une place centrale à l’engagement et à l’éthique. C’est cette culture qui permettra aux salariés et aux consommateurs d’être fiers d’appartenir à une communauté, et qui figurera sans aucun doute comme une qualité différenciante de l’entreprise du 21ème siècle.

C’est ainsi que La Poste s’engage concrètement dans les territoires pour permettre à chacun de vivre bien où qu’il se trouve, maintenir la cohésion sociale et territoriale a été et est un pilier de sa raison d’être Face à la digitalisation rapide de la société, le Groupe s’applique à rendre le numérique éthique, responsable et inclusif. Sur le plan environnemental, La Poste a déjà engrangé de nombreux succès reconnus par la communauté internationale : des offres neutres en carbone depuis 2012, une électricité d’origine 100% renouvelable depuis 2016, une des plus grandes flottes de véhicules électriques au monde… L’ensemble de ces efforts a ainsi permis de faire baisser significativement les émissions du Groupe : -20% de CO2 entre 2013 et 2018.

C’est son engagement à l’accélération des transitions écologiques pour tous.

Depuis 2015, les postiers peuvent s’engager dans le mécénat de compétences et consacrer leur fin de carrière à des projets d’intérêt général. Pour aller plus loin, le Groupe La Poste propose depuis 2019 des formats d’engagement plus courts pour permettre à des collaborateurs volontaires de partager leurs compétences au sein de structures associatives sur leur temps de travail. Cette nouvelle politique participe à incarner l’engagement sociétal du Groupe et a été renforcée par la signature de notre PDG, Philippe Wahl, du Manifeste en faveur du mécénat de compétences, aux cotés de 16 autres entreprises fondatrices.

L’engagement sociétal de La Poste et des postiers contribue à en faire la première entreprise de service de proximité humaine. Le Groupe La Poste porte la conviction que les entreprises d’avenir doivent conjuguer performance économique et engagement sociétal (au-delà de la RSE). C’est la raison pour laquelle sa politique s’adosse aux ODD, avec l’ambition d’y contribuer de manière directe et significative.

En savoir plus

▷ Auteure : Muriel Barnéoud, Directrice de l’Engagement Sociétal du Groupe La Poste
▷ Source : pro-bono.co


Bon(o) plan #QG à Marseille : Coco Velten

La suite sudiste du mini-tour de France des QG de l’engagement !

Cette semaine, nous vous emmenons au cœur des territoires, à la découverte d’un nouveau tiers-lieu à Marseille rimant avec engagement, expérimentations de nouvelles manières de cohabiter et lutte contre l’exclusion : Coco Velten.

   

Coco Velten est un projet temporaire porté par trois acteurs de l’économie sociale et solidaire : l’association groupe SOS Solidarité, la coopérative Plateau Urbain et l’association Yes We Camp qui porte la direction globale du projet, en partenariat avec la Préfecture de Région PACA.

Ce projet temporaire a permis la réhabilitation d’un grand espace en plein cœur d’un quartier populaire du centre-ville de Marseille, ancienne Direction des routes, qui héberge depuis janvier 2019 un foyer d’accueil de personnes vulnérables, offre des espaces de travail à près de 40 associations, artistes et entreprises innovantes pour y déployer leurs projets sociaux, culturels ou économiques ainsi qu’un café/restaurant « La Cantine de Coco Velten » ouvert à tous.

   

L’espace Coco Velten organise également plusieurs fois par semaine des événements festifs (bals, concerts, repas à prix libre, apéros coco..etc) ou de réflexion autour de sujets actuels tels que la mobilisation citoyenne en Algérie.

Si vous habitez ou passez bientôt à Marseille la flamboyante, venez boire un café, vous sustanter et rencontrer les acteurs de ce beau lieu au 16 rue Bernard du Bois, à quelques pas de la gare Saint Charles.

       

▷ Auteurs : Rédaction
▷ Source : pro-bono.co, août 2019.


Les compétences, moteur de l’attractivité du monde rural

Sol et Civilisation est un Think Tank qui anime depuis près de 25 ans une réflexion sur la place et le rôle de l’agriculture, des acteurs et des espaces ruraux dans les équilibres de société.

Monde rural : le défi des compétences collectives

L’origine de ce projet vient du constat des fondateurs d’un « monde rural en perte de vitalité » et d’une volonté de montrer que ces territoires ont beaucoup à apporter au monde citadin. L’idée était donc de comprendre comment transmettre cette civilisation du rural à l’urbain, tout en réinventant et métamorphosant les concepts « un peu anciens » de solidarité active ou de proximité avec les gens, primordiaux dans les territoires ruraux.

Pour cela, un groupe de travail composé d’acteurs associatifs, étudiants, chefs d’entreprises, élus locaux et responsables administratifs a été créé. L’objectif étant d’analyser les facteurs de réussite et comprendre les disparités entre territoires.  

Les résultats de ces recherches ont montré que la véritable différence ne se faisait pas au niveau des financements mais bien au niveau des dynamiques entre les acteurs et de la capacité d’un territoire à créer des compétences collectives.

Afin de mieux comprendre, le CEDIP (Centre d’Évaluation, de Documentation et d’Innovation Pédagogique) définit la compétence collective comme « le produit d’une coopération entre des compétences individuelles qui, combinées aux ressources propres à un contexte professionnel, génère un savoir agir collectif spécifique à une équipe au travail ».

Monde rural : ça s’en va et ça revient

Selon Truong Giang Pham, chef de projet au sein de l’association depuis 12 ans,  on observe actuellement un inversement des tendances démographiques avec, depuis 30 ans, un retour à la campagne. Il y a désormais très peu de territoires qui connaissent une baisse de population. Pour autant, dans les territoires ruraux, on observe toujours un départ massif de jeunes très diplômés. Ce sont les personnes ayant plus d’expériences qui reviennent s’installer, mais qui n’amènent pas forcément de nouvelle dynamique.

On peut expliquer ce phénomène par la tertiarisation ou la mondialisation qui met en concurrence des territoires ruraux avec des grandes entreprises étrangères. Mais, un autre facteur que notre interlocuteur souhaite souligner, est le « développement des politiques publiques de plus en plus appuyées sur la mobilité et les compétences transversales ». Ces politiques encouragent les jeunes générations à être mobile et cela se fait au détriment, notamment, de l’environnement ou de l’enracinement. « Elles nuisent à la capacité d’ancrage des personnes ». Tenant compte de cette évolution, les territoires ruraux ont un rôle central à jouer.

Pour attirer et garder des compétences, il faut avoir une dynamique économique propre et réaliser un diagnostic de compétences territoriales poussé afin de comprendre lesquelles sont et seront nécessaires sur le territoire afin de garantir son développement.

A l’heure actuelle, très peu de collectivités ont fait cette démarche. Elles savent, en général, quels métiers sont exercés ou seront recherchés sur leur territoire mais beaucoup moins souvent quelles compétences sont impliquées.   

Ce que l’on peut observer c’est que, bien souvent, les collectivités, régions et départements prévoient leur développement, construisent les infrastructures nécessaires mais ne préparent pas leur territoire en terme de compétences, ne prévoient pas les formations nécessaires aux nouvelles activités qui existeront. 

Il faut entre 10 et 15 ans pour former les jeunes qui bénéficieront de ces infrastructures et c’est pour cela qu’il est important de définir en amont les compétences dont on aura besoin pour former les habitants du territoire. Dans le cas contraire, on ira chercher des personnes extérieures, qui n’auront pas forcément la connaissance du territoire, de son écosystème, ce qui peut nuire à la réussite de l’activité ou du projet.

Sol et Civilisation défend une approche plus humaniste du développement économique et du monde du travail en mettant l’humain au centre du développement. « Il y a aussi un avenir sur place et cet avenir peut être fondé sur les compétences des hommes et des femmes sur place »  C’est le rôle des collectivités de penser la formation, les infrastructures, les activités de demain, les grands changements de notre société et ce dont on a besoin. C’est donc après que le développement économique se pense et non pas avant.

Un territoire apprenant

Chaque territoire développe des savoir-faire et des savoir-être particuliers. Si l’on prend l’exemple des stations de ski, la plupart des personnes habitant aux alentours savent (probablement) skier car le territoire offre un cadre propice à la fois en terme d’environnement d’infrastructures ou de formations.  

Développer les compétences collectives pertinentes, adaptées au projet territorial permettra de donner un nouveau souffle et de favoriser la résilience de ces espaces ruraux face à de nouvelles données économique et sociales.

Ces compétences sont un moteur dans le développement économique, elles permettent de préserver les talents et de les attirer. Les collectivités ont donc un rôle majeur dans leur préservation et leur transmission. Certains milieux ruraux, grâce à ces politiques, ont su complètement inverser la tendance et redevenir dynamiques.

▷ Auteure : Laure Bulteel, Chargée de Développement Territorial 
▷ Source : pro-bono.co, août 2019


Ils font le pro bono - Olivia Gobet, Fondation Identicar

« Le pro bono : synonyme d’enrichissement… à tous les niveaux ! »


#MakeItForGood : le Manifeste européen de la génération sociale tech

En plein VivaTech et à une semaine des élections européennes, l’association Social Good Accelerator a lancé le Manifeste #MakeItForGood en faveur d’une convergence des mondes de la technologie et du bien commun.

#MakeItForGood : il est temps d’orienter le progrès technologique vers les urgences climatiques et sociétales.

Les investissements dans l’écosystème technologique européen ont atteint 20 milliards d’euros en 2018. C’est sans compter les subventions accordées par les Etats et les institutions européennes, alors même que l’évitement fiscal du secteur représente un coût faramineux. Trop souvent, les levées de fonds viennent financer des concepts peu utiles à la société, et environnementalement nuisibles. D’ailleurs, en France, 90% des start ups échouent.  

De l’autre côté du miroir, les acteurs de l’Économie sociale et solidaire, qui représentent 8 % du PNB et 10 % des emplois européens, peinent à assurer leur transition numérique et à changer d’échelle. Les soutiens publics du secteur se réduisent et l’Impact investing reste un domaine de niche. Pourtant, ces acteurs sont les moteurs de la réduction des inégalités, de la cohésion et de l’innovation sociale en Europe.

Alors même que les enjeux climatiques, sociaux et sociétaux sont aujourd’hui la première des urgences, alors que l’innovation technologique bénéficie d’immenses soutiens publics et privés, l’innovation sociale reste méconnue et encore trop peu financée en Europe. Elle est pourtant l’une de nos richesses et un levier du modèle économique de transition qu’il faut amorcer. Nous gagnerions tous à ce qu’elle soit prioritairement accélérée, et certains outils technologiques comme la blockchain ou l’intelligence artificielle peuvent y contribuer.  

#MakeItForGood : on n’y arrivera pas si on ne travaille pas ensemble.

La nouvelle mandature européenne qui se profile en est l’opportunité. Notre communauté politique et économique fragilisée doit réaffirmer un modèle social et technologique de pointe. Pour assurer la cohésion des individus qui la constituent, pour affirmer un modèle technologique différent.

La technologie européenne ne doit plus seulement être mise au service de la prospérité. Elle doit accélérer l’innovation sociale et environnementale, être ouverte et accessible à tous.

L’industrie technologique gagnera à collaborer avec les experts du social et de l’environnement pour limiter ses impacts et réorienter ses bénéfices.

#MakeItForGood : trois axes d’actions, 12 propositions

Le Manifeste #MakeItForGood a été rédigé de manière collaborative avec un ensemble de  réseaux partenaires européens et s’adresse prioritairement aux futurs députés et commissaires européens, mais aussi aux dirigeants et investisseurs du secteur Tech.

Il s’appuie sur trois grands axes d’actions :

1 – Sensibilisation : Promouvoir les solutions apportées par l’innovation sociale auprès des cercles d’innovation et l’accélérer à l’aide d’outils technologiques (lancer un grand programme européen de développement de la Sociale Tech ; organiser une Social Good Week européenne ; mieux faire connaître les modalités de soutien technologique aux acteurs de l’économie sociale ; favoriser la création de fonds public-privé…)

2 – Critères et modèles économiques : Faire reconnaître l’innovation sociale et environnementale comme égale à l’innovation technologique, comme une forme transversale et systémique (intégrer les modèles non lucratifs aux dispositifs de soutien public de l’innovation ; encourager l’intégration de critères d’impact social et environnemental dans les marchés et appels d’offres ; promouvoir un modèle européen de licence libre dédiée à l’économie sociale et solidaire ; favoriser l’émergence de licornes de l’innovation sociale européenne…)

3 – Formation et partage de compétences : Faciliter l’échange de compétences et la co-innovation entre les détenteurs de compétences technologiques et les détenteurs de compétences sociales/environnementales (favoriser les programme d’échanges de compétences et de Probono, développer les clusters et pôles de compétitivité croisés, adapter le référentiel de compétences numériques européen à l’innovation sociale…)

Si vous aussi souhaitez défendre cette vision et proposer des pistes concrètes aux futurs élus et commissaire européens, signez le Manifeste et rejoignez le mouvement #MakeItForGood.

Je signe le manifeste #MakeItForGood

– A propos du Social Good Accelerator Europe –

Le Social Good Accelerator EU est une association européenne née entre Paris, Lisbonne et Bruxelles. A son origine : une initiative collective d’entrepreneurs sociaux et de réseaux philanthropiques français et portugais, créée lors du Web Summit 2017 en accompagnement de la délégation de François Hollande et de sa Fondation La France s’engage.

Notre ambition est de contribuer à ce que l’innovation sociale puisse changer d’échelle en Europe, grâce à des outils et compétences technologiques mis au service du Bien Commun. Notre mission est de créer des ponts et des conditions de coopérations entre les acteurs de l’innovation sociale et les acteurs de la Tech en Europe. Connecter, informer, plaider auprès des décideurs sont nos 3 axes d‘actions. Nous nous appuyons sur une communauté européenne croissante constituée de réseaux et d’acteurs européens des deux mondes.

▷ Auteur : Jeanne Brétecher, Fondatrice et Directrice associée chez SCOP Génération2Conseil et Administratrice de Pro Bono Lab
▷ Source : Social Good Accelerator (16 mai 2019)
▷ Contact presse : Jeanne Brétecher jeanne@socialegoodaccelerateor.eu / 06.07.95.21.40


Une coalition d’entreprises engagées... pour tout changer !

Ce mardi 28 mai, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire et Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’Économie sociale et solidaire, réunissaient plus d’une centaine de pionniers de l’engagement social et sociétal des entreprises pour lancer une grande « coalition d’entreprises engagées pour une révolution écologique et sociale ».

Après des mois de réflexion menée avec plus d’une centaine de pionniers de l’engagement social et sociétal des entreprises (acteurs de l’ESS, institutionnels, experts, universitaires, entreprises, etc.) et au lendemain d’une élection européenne qui aura révélé, plus que jamais, l’urgence d’une action forte et coordonnée en faveur de la cause écologique, le Gouvernement passe à la vitesse supérieure et incite les acteurs économiques français à relever collectivement le grand défi d’une « révolution écologique et sociale ». « Il est urgent que les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile se mobilisent ensemble pour cela ». Un message reçu cinq sur cinq par toute la communauté des « pionniers » réunie, encouragée à poursuivre ses efforts et à faire jouer toute sa force de prescription. Car oui, « le momentum actuel, la volonté d’action des acteurs économiques pour embarquer plus largement leurs pairs, l’attente d’une politique publique accélératrice de ce nouveau rôle de l’entreprise, et – plus que tout – l’urgence écologique et sociale, obligent à agir collectivement plus vite, plus fort ».

Du cadre législatif au passage à l’acte collectif ?

L’adoption de la loi PACTE avait déjà permis, en avril dernier, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable. Après avoir posé ce cadre inédit et ambitieux, à l’heure où nombreuses sont les entreprises de toutes tailles qui se rêvent « à mission » et s’organisent pour définir au plus vite leur propre « raison d’être », vient indéniablement le temps du passage à l’acte. « Agir vite pour répondre à l’urgence. S’engager collectivement (grandes entreprises, ETI, PME, TPE, start-up). Penser Globale la révolution écologique et sociale ». Face aux urgences qui menacent les équilibres de notre société, les ambitions sont désormais clairement posées.

Oui, l’entreprise est un acteur de l’intérêt général à part entière. Oui, le pouvoir des entreprises qui font le choix de s’engager collectivement, au-delà des clivages de la concurrence, autour d’un même référentiel que constituent notamment les ODD (Objectifs de Développement Durable), est immense. Oui, le pouvoir décuplé d’un collectif d’acteurs économiques génère un impact social d’une puissance rare. Au-delà d’une RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) normée et contrainte, les entreprises françaises disposent d’un très large panel d’investissements citoyens pour exprimer cet engagement de manière plus proactive. La France est en cela un véritable laboratoire d’innovation sociale. Le mécénat d’entreprise (porté en direct, par l’intermédiaire d’une fondation ou de tout autre véhicule), l’impact investing, l’open-innovation sociale, les JVS (Joint Venture Sociale), les contrats à impact social, le développement de produits « inclusifs »… Qu’ils consistent à mobiliser des financements, des compétences de collaborateurs ou des apports en nature, tous sont autant de leviers d’investissement pour incarner la vocation sociale des entreprises et leur permettre, à terme, d’exprimer leur « raison d’être ».

5 grands enjeux, 10% pour tout changer

Ainsi, comme toutes celles et ceux qui étaient réunis, nous saluons cette initiative du Gouvernement et encourageons, partout en France, ce passage à l’acte collectif. Dans la continuité des enjeux fixés par le Haut-commissaire, Christophe Itier – « passer d’une mobilisation de pionniers à une mobilisation générale », « soutenir le financement de l’économie à impact », « objectiver l’impact de l’engagement des entreprises », faire de « chaque activiste en entreprise un acteur du changement » et que les « territoires deviennent pleinement les échelons pertinents pour l’engagement des entreprises » -, Pro Bono Lab (spécialiste français de l’engagement par le partage de compétences – bénévolat/mécénat de compétences), intensifiera ses efforts et s’inscrira pleinement dans cette feuille de route. Pour que 10% des entreprises françaises aient aussi le pouvoir de « tout changer »… par la transmission des compétences de leurs salariés.

Nous sommes en effet convaincus que pour « tout changer », l’engagement pro bono, qui consiste pour des citoyens à transmettre gratuitement leurs compétences à des causes à impact social – et qui rassemble en France les dispositifs du bénévolat et du mécénat de compétences – constitue l’une des réponses les plus puissantes et vertueuses. Une réponse complémentaire aux autres leviers financiers. Car le premier capital qu’une entreprise puisse transmettre, sa première ressource, c’est bien la combinaison des compétences des hommes et des femmes qui la compose. Car il n’y a rien de plus structurant pour une association que d’être accompagnée directement par des talents issus du monde de l’entreprise. Et car la meilleure manière d’exprimer ou de partager sa « raison d’être », c’est de permettre à chaque collaborateur de pouvoir être pleinement acteur de cette citoyenneté, de pouvoir s’engager et s’inscrire pleinement dans ce nouveau projet de société. De pouvoir prendre part à cette inévitable « révolution écologique et sociale ».

Pro Bono Lab :

Pro Bono Lab est le spécialiste de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences). Partout en France, comme dans 30 autres pays du monde via le Global Pro Bono Network, nous portons cette conviction que « toute compétence est un bien public », celle-là même qui dès 2011 avait motivé la création de l’association par nos cofondateurs.

Nous permettons aux grandes causes sociétales de se développer durablement en réunissant pour chacune d’entre elles, les compétences que des femmes et des hommes engagés sont en capacité de leur offrir gratuitement, en pro bono.

Notre ambition ? Que chacune de ces causes ait accès aux compétences dont elle a besoin pour se réaliser et puisse générer le plus vaste impact social.

▷ Auteurs : Sylvain Reymond directeur général de Pro Bono Lab, et Marie Jouhault, directrice de la Prospective et des Partenariats de Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co (29 mai 2019)
▷ Contact presse : Nina DANETnina@probonolab.org / 06.64.09.43.53