Les compétences, moteur de l’attractivité du monde rural

Sol et Civilisation est un Think Tank qui anime depuis près de 25 ans une réflexion sur la place et le rôle de l’agriculture, des acteurs et des espaces ruraux dans les équilibres de société.

Monde rural : le défi des compétences collectives

L’origine de ce projet vient du constat des fondateurs d’un « monde rural en perte de vitalité » et d’une volonté de montrer que ces territoires ont beaucoup à apporter au monde citadin. L’idée était donc de comprendre comment transmettre cette civilisation du rural à l’urbain, tout en réinventant et métamorphosant les concepts « un peu anciens » de solidarité active ou de proximité avec les gens, primordiaux dans les territoires ruraux.

Pour cela, un groupe de travail composé d’acteurs associatifs, étudiants, chefs d’entreprises, élus locaux et responsables administratifs a été créé. L’objectif étant d’analyser les facteurs de réussite et comprendre les disparités entre territoires.  

Les résultats de ces recherches ont montré que la véritable différence ne se faisait pas au niveau des financements mais bien au niveau des dynamiques entre les acteurs et de la capacité d’un territoire à créer des compétences collectives.

Afin de mieux comprendre, le CEDIP (Centre d’Évaluation, de Documentation et d’Innovation Pédagogique) définit la compétence collective comme « le produit d’une coopération entre des compétences individuelles qui, combinées aux ressources propres à un contexte professionnel, génère un savoir agir collectif spécifique à une équipe au travail ».

Monde rural : ça s’en va et ça revient

Selon Truong Giang Pham, membre de l’association depuis 12 ans,  on observe actuellement un inversement des tendances démographiques avec, depuis 30 ans, un retour à la campagne. Il y a désormais très peu de territoires qui connaissent une baisse de population. Pour autant, dans les territoires ruraux, on observe toujours un départ massif de jeunes très diplômés. Ce sont les personnes ayant plus d’expériences qui reviennent s’installer, mais qui n’amènent pas forcément de nouvelle dynamique.

On peut expliquer ce phénomène par la tertiarisation ou la mondialisation qui met en concurrence des territoires ruraux avec des grandes entreprises étrangères. Mais, un autre facteur que notre interlocuteur souhaite souligner, est le « développement des politiques publiques de plus en plus appuyées sur la mobilité et les compétences transversales ». Ces politiques encouragent les jeunes générations à être mobile et cela se fait au détriment, notamment, de l’environnement ou de l’enracinement. « Elles nuisent à la capacité d’ancrage des personnes ». Tenant compte de cette évolution, les territoires ruraux ont un rôle central à jouer.

Pour attirer et garder des compétences, il faut avoir une dynamique économique propre et réaliser un diagnostic de compétences territoriales poussé afin de comprendre lesquelles sont et seront nécessaires sur le territoire afin de garantir son développement.

A l’heure actuelle, très peu de collectivités ont fait cette démarche. Elles savent, en général, quels métiers sont exercés ou seront recherchés sur leur territoire mais beaucoup moins souvent quelles compétences sont impliquées.   

Ce que l’on peut observer c’est que, bien souvent, les collectivités, régions et départements prévoient leur développement, construisent les infrastructures nécessaires mais ne préparent pas leur territoire en terme de compétences, ne prévoient pas les formations nécessaires aux nouvelles activités qui existeront. 

Il faut entre 10 et 15 ans pour former les jeunes qui bénéficieront de ces infrastructures et c’est pour cela qu’il est important de définir en amont les compétences dont on aura besoin pour former les habitants du territoire. Dans le cas contraire, on ira chercher des personnes extérieures, qui n’auront forcément la connaissance du territoire, de son écosystème, ce qui peut nuire à la réussite de l’activité ou du projet.

Sol et Civilisation défend une approche plus humaniste du développement économique et du monde du travail en mettant l’humain au centre du développement. « Il y a aussi un avenir sur place et cet avenir peut être fondé sur les compétences des hommes et des femmes sur place »  C’est le rôle des collectivités de penser la formation, les infrastructures, les activités de demain, les grands changements de notre société et ce dont on a besoin. C’est donc après que le développement économique se pense et non pas avant.

Un territoire apprenant

Chaque territoire développe des savoir-faire et des savoir-être particuliers. Si l’on prend l’exemple des stations de ski, la plupart des personnes habitant aux alentours savent (probablement) skier car le territoire offre un cadre propice à la fois en terme d’environnement d’infrastructures ou de formations.  

Développer les compétences collectives pertinentes, adaptées au projet territorial permettra de donner un nouveau souffle et de favoriser la résilience de ces espaces ruraux face à de nouvelles données économique et sociales.

Ces compétences sont un moteur dans le développement économique, elles permettent de préserver les talents et de les attirer. Les collectivités ont donc un rôle majeur dans leur préservation et leur transmission. Certains milieux ruraux, grâce à ces politiques, ont su complètement inverser la tendance et redevenir dynamiques.

▷ Auteure : Laure Bulteel, Chargée de Développement Territorial 
▷ Source : pro-bono.co, août 2019


Ils font le pro bono - Olivia Gobet, Fondation Identicar

« Le pro bono : synonyme d’enrichissement… à tous les niveaux ! »


#MakeItForGood : le Manifeste européen de la génération sociale tech

En plein VivaTech et à une semaine des élections européennes, l’association Social Good Accelerator a lancé le Manifeste #MakeItForGood en faveur d’une convergence des mondes de la technologie et du bien commun.

#MakeItForGood : il est temps d’orienter le progrès technologique vers les urgences climatiques et sociétales.

Les investissements dans l’écosystème technologique européen ont atteint 20 milliards d’euros en 2018. C’est sans compter les subventions accordées par les Etats et les institutions européennes, alors même que l’évitement fiscal du secteur représente un coût faramineux. Trop souvent, les levées de fonds viennent financer des concepts peu utiles à la société, et environnementalement nuisibles. D’ailleurs, en France, 90% des start ups échouent.  

De l’autre côté du miroir, les acteurs de l’Économie sociale et solidaire, qui représentent 8 % du PNB et 10 % des emplois européens, peinent à assurer leur transition numérique et à changer d’échelle. Les soutiens publics du secteur se réduisent et l’Impact investing reste un domaine de niche. Pourtant, ces acteurs sont les moteurs de la réduction des inégalités, de la cohésion et de l’innovation sociale en Europe.

Alors même que les enjeux climatiques, sociaux et sociétaux sont aujourd’hui la première des urgences, alors que l’innovation technologique bénéficie d’immenses soutiens publics et privés, l’innovation sociale reste méconnue et encore trop peu financée en Europe. Elle est pourtant l’une de nos richesses et un levier du modèle économique de transition qu’il faut amorcer. Nous gagnerions tous à ce qu’elle soit prioritairement accélérée, et certains outils technologiques comme la blockchain ou l’intelligence artificielle peuvent y contribuer.  

#MakeItForGood : on n’y arrivera pas si on ne travaille pas ensemble.

La nouvelle mandature européenne qui se profile en est l’opportunité. Notre communauté politique et économique fragilisée doit réaffirmer un modèle social et technologique de pointe. Pour assurer la cohésion des individus qui la constituent, pour affirmer un modèle technologique différent.

La technologie européenne ne doit plus seulement être mise au service de la prospérité. Elle doit accélérer l’innovation sociale et environnementale, être ouverte et accessible à tous.

L’industrie technologique gagnera à collaborer avec les experts du social et de l’environnement pour limiter ses impacts et réorienter ses bénéfices.

#MakeItForGood : trois axes d’actions, 12 propositions

Le Manifeste #MakeItForGood a été rédigé de manière collaborative avec un ensemble de  réseaux partenaires européens et s’adresse prioritairement aux futurs députés et commissaires européens, mais aussi aux dirigeants et investisseurs du secteur Tech.

Il s’appuie sur trois grands axes d’actions :

1 – Sensibilisation : Promouvoir les solutions apportées par l’innovation sociale auprès des cercles d’innovation et l’accélérer à l’aide d’outils technologiques (lancer un grand programme européen de développement de la Sociale Tech ; organiser une Social Good Week européenne ; mieux faire connaître les modalités de soutien technologique aux acteurs de l’économie sociale ; favoriser la création de fonds public-privé…)

2 – Critères et modèles économiques : Faire reconnaître l’innovation sociale et environnementale comme égale à l’innovation technologique, comme une forme transversale et systémique (intégrer les modèles non lucratifs aux dispositifs de soutien public de l’innovation ; encourager l’intégration de critères d’impact social et environnemental dans les marchés et appels d’offres ; promouvoir un modèle européen de licence libre dédiée à l’économie sociale et solidaire ; favoriser l’émergence de licornes de l’innovation sociale européenne…)

3 – Formation et partage de compétences : Faciliter l’échange de compétences et la co-innovation entre les détenteurs de compétences technologiques et les détenteurs de compétences sociales/environnementales (favoriser les programme d’échanges de compétences et de Probono, développer les clusters et pôles de compétitivité croisés, adapter le référentiel de compétences numériques européen à l’innovation sociale…)

Si vous aussi souhaitez défendre cette vision et proposer des pistes concrètes aux futurs élus et commissaire européens, signez le Manifeste et rejoignez le mouvement #MakeItForGood.

Je signe le manifeste #MakeItForGood

– A propos du Social Good Accelerator Europe –

Le Social Good Accelerator EU est une association européenne née entre Paris, Lisbonne et Bruxelles. A son origine : une initiative collective d’entrepreneurs sociaux et de réseaux philanthropiques français et portugais, créée lors du Web Summit 2017 en accompagnement de la délégation de François Hollande et de sa Fondation La France s’engage.

Notre ambition est de contribuer à ce que l’innovation sociale puisse changer d’échelle en Europe, grâce à des outils et compétences technologiques mis au service du Bien Commun. Notre mission est de créer des ponts et des conditions de coopérations entre les acteurs de l’innovation sociale et les acteurs de la Tech en Europe. Connecter, informer, plaider auprès des décideurs sont nos 3 axes d‘actions. Nous nous appuyons sur une communauté européenne croissante constituée de réseaux et d’acteurs européens des deux mondes.

▷ Auteur : Jeanne Brétecher, Fondatrice et Directrice associée chez SCOP Génération2Conseil et Administratrice de Pro Bono Lab
▷ Source : Social Good Accelerator (16 mai 2019)
▷ Contact presse : Jeanne Brétecher jeanne@socialegoodaccelerateor.eu / 06.07.95.21.40


Une coalition d’entreprises engagées... pour tout changer !

Ce mardi 28 mai, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire et Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’Économie sociale et solidaire, réunissaient plus d’une centaine de pionniers de l’engagement social et sociétal des entreprises pour lancer une grande « coalition d’entreprises engagées pour une révolution écologique et sociale ».

Après des mois de réflexion menée avec plus d’une centaine de pionniers de l’engagement social et sociétal des entreprises (acteurs de l’ESS, institutionnels, experts, universitaires, entreprises, etc.) et au lendemain d’une élection européenne qui aura révélé, plus que jamais, l’urgence d’une action forte et coordonnée en faveur de la cause écologique, le Gouvernement passe à la vitesse supérieure et incite les acteurs économiques français à relever collectivement le grand défi d’une « révolution écologique et sociale ». « Il est urgent que les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile se mobilisent ensemble pour cela ». Un message reçu cinq sur cinq par toute la communauté des « pionniers » réunie, encouragée à poursuivre ses efforts et à faire jouer toute sa force de prescription. Car oui, « le momentum actuel, la volonté d’action des acteurs économiques pour embarquer plus largement leurs pairs, l’attente d’une politique publique accélératrice de ce nouveau rôle de l’entreprise, et – plus que tout – l’urgence écologique et sociale, obligent à agir collectivement plus vite, plus fort ».

Du cadre législatif au passage à l’acte collectif ?

L’adoption de la loi PACTE avait déjà permis, en avril dernier, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable. Après avoir posé ce cadre inédit et ambitieux, à l’heure où nombreuses sont les entreprises de toutes tailles qui se rêvent « à mission » et s’organisent pour définir au plus vite leur propre « raison d’être », vient indéniablement le temps du passage à l’acte. « Agir vite pour répondre à l’urgence. S’engager collectivement (grandes entreprises, ETI, PME, TPE, start-up). Penser Globale la révolution écologique et sociale ». Face aux urgences qui menacent les équilibres de notre société, les ambitions sont désormais clairement posées.

Oui, l’entreprise est un acteur de l’intérêt général à part entière. Oui, le pouvoir des entreprises qui font le choix de s’engager collectivement, au-delà des clivages de la concurrence, autour d’un même référentiel que constituent notamment les ODD (Objectifs de Développement Durable), est immense. Oui, le pouvoir décuplé d’un collectif d’acteurs économiques génère un impact social d’une puissance rare. Au-delà d’une RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) normée et contrainte, les entreprises françaises disposent d’un très large panel d’investissements citoyens pour exprimer cet engagement de manière plus proactive. La France est en cela un véritable laboratoire d’innovation sociale. Le mécénat d’entreprise (porté en direct, par l’intermédiaire d’une fondation ou de tout autre véhicule), l’impact investing, l’open-innovation sociale, les JVS (Joint Venture Sociale), les contrats à impact social, le développement de produits « inclusifs »… Qu’ils consistent à mobiliser des financements, des compétences de collaborateurs ou des apports en nature, tous sont autant de leviers d’investissement pour incarner la vocation sociale des entreprises et leur permettre, à terme, d’exprimer leur « raison d’être ».

5 grands enjeux, 10% pour tout changer

Ainsi, comme toutes celles et ceux qui étaient réunis, nous saluons cette initiative du Gouvernement et encourageons, partout en France, ce passage à l’acte collectif. Dans la continuité des enjeux fixés par le Haut-commissaire, Christophe Itier – « passer d’une mobilisation de pionniers à une mobilisation générale », « soutenir le financement de l’économie à impact », « objectiver l’impact de l’engagement des entreprises », faire de « chaque activiste en entreprise un acteur du changement » et que les « territoires deviennent pleinement les échelons pertinents pour l’engagement des entreprises » -, Pro Bono Lab (spécialiste français de l’engagement par le partage de compétences – bénévolat/mécénat de compétences), intensifiera ses efforts et s’inscrira pleinement dans cette feuille de route. Pour que 10% des entreprises françaises aient aussi le pouvoir de « tout changer »… par la transmission des compétences de leurs salariés.

Nous sommes en effet convaincus que pour « tout changer », l’engagement pro bono, qui consiste pour des citoyens à transmettre gratuitement leurs compétences à des causes à impact social – et qui rassemble en France les dispositifs du bénévolat et du mécénat de compétences – constitue l’une des réponses les plus puissantes et vertueuses. Une réponse complémentaire aux autres leviers financiers. Car le premier capital qu’une entreprise puisse transmettre, sa première ressource, c’est bien la combinaison des compétences des hommes et des femmes qui la compose. Car il n’y a rien de plus structurant pour une association que d’être accompagnée directement par des talents issus du monde de l’entreprise. Et car la meilleure manière d’exprimer ou de partager sa « raison d’être », c’est de permettre à chaque collaborateur de pouvoir être pleinement acteur de cette citoyenneté, de pouvoir s’engager et s’inscrire pleinement dans ce nouveau projet de société. De pouvoir prendre part à cette inévitable « révolution écologique et sociale ».

Pro Bono Lab :

Pro Bono Lab est le spécialiste de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences). Partout en France, comme dans 30 autres pays du monde via le Global Pro Bono Network, nous portons cette conviction que « toute compétence est un bien public », celle-là même qui dès 2011 avait motivé la création de l’association par nos cofondateurs.

Nous permettons aux grandes causes sociétales de se développer durablement en réunissant pour chacune d’entre elles, les compétences que des femmes et des hommes engagés sont en capacité de leur offrir gratuitement, en pro bono.

Notre ambition ? Que chacune de ces causes ait accès aux compétences dont elle a besoin pour se réaliser et puisse générer le plus vaste impact social.

▷ Auteurs : Sylvain Reymond directeur général de Pro Bono Lab, et Marie Jouhault, directrice de la Prospective et des Partenariats de Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co (29 mai 2019)
▷ Contact presse : Nina DANETnina@probonolab.org / 06.64.09.43.53


New-York : Réunion au sommet du Global Pro Bono Network

Le Global Pro Bono Network s’est réuni les 7, 8 et 9 mai derniers lors du Global Pro Bono Summit à New-York : 3 jours pour penser l’avenir du réseau … et surtout du pro bono !

Le Global Pro Bono Network (GPBN), créé en 2013 par Taproot Foundation et BMW Foundation est un réseau international dédié au pro bono. Tous les ans, il se rassemble à l’occasion de sommets régionaux (européen, sud-américain, asiatique…) mais aussi internationaux ! En mai dernier, c’est à New-York que les 48 organisations membres du réseau (réparties dans une trentaine de pays) se sont rassemblées, aux côtés de dizaines d’entreprises et intermédiaires du pro bono américains. Dieynaba, Directrice des Opérations et de l’Accompagnement de Pro Bono Lab, et Marie, Directrice de la Prospective et des Partenariats, vous proposent de revivre les temps-forts de ce sommet unique en son genre.

Jour 1 : un mouvement collaboratif

La première journée du sommet international est réservée au réseau du GPBN : un temps d’échange précieux et fédérateur qui permet à chacun autour de la table de partager ses expériences.

La discussion entre les membres du réseau est animée et les idées ne manquent pas ! Renforcer le réseau, créer des connexions internationales, développer des partenariats et renforcer les dynamiques d’innovation… Les sujets à aborder sont nombreux. Et ils permettent de mettre en lumière certaines belles réussites au sein du réseau. 

Prenons l’exemple du projet européen Beese, dont l’objectif est de booster l’employabilité des étudiants et de rendre possible leur engagement social dans des parcours universitaires grâce au pro bono. Mené conjointement par plusieurs membres européens du GPBN – Work for social, önkentés, TimeHeroes et Pro Bono Lab -, en partenariat avec des universités et grandes écoles à Madrid, Porto, Budapest et Paris, le projet est un bel exemple innovant de coopération…

Et c’est justement sur ce sujet que Leonardo Maldonado, entrepreneur social et Directeur exécutif de Ciuadades+B continue la journée. Raison, affect, volonté d’agir… quelle est la source de l’engagement de chacun ? C’est autour du concept de radical collaboration que Leonardo a engagé les membres du GPBN à partager leurs challenges, leurs besoins et ce qu’ils peuvent offrir. L’objectif : identifier des pistes concrètes et immédiates de collaboration.

Jour 2 … au coeur des enjeux de demain !

La deuxième journée rassemble de nouveau les membres du GPBN, mais également des entreprises et intermédiaires américains du pro bono. Des formats variés, alternants interventions d’experts et discussions en petits groupes, permettent à tous les participants d’en apprendre davantage sur les pratiques du pro bono et surtout de partager leurs expériences et ambitions concernant la pratique. Marie et Dieynaba reviennent sur deux interventions qui les ont particulièrement marquées.

• Quel lien entre le pro bono et les Objectifs de Développement Durable (ODD) ?

Cette question était au coeur de l’intervention d’Impact2030. Les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus amenées à construire des politiques d’engagement citoyen concrètes, répondant à certains grands enjeux environnementaux. Dans ce contexte, le cadre des ODD peut être un véritable repère.

Ça a été le cas pour Hemang Desai, qui a développé au sein de SAP un programme d’engagement par le partage de compétences (Social Sabbatical Portfolio) s’articulant pleinement avec les ODD du groupe, en termes d’industrie(s), d’infrastructure(s), d’innovation, etc.

Une attention toute particulière a également été portée aux logiques partenariales, faisant écho à l’Objectif 17 des ODD décrétés par l’ONU : « Des partenariats efficaces entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile sont nécessaires pour un programme de développement durable réussi. Ces partenariats inclusifs construits sur des principes et des valeurs, une vision commune et des objectifs communs qui placent les peuples et la planète au centre, sont nécessaires au niveau mondial, régional, national et local. » (Source : https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/). L’occasion pour les entreprises américaines d’évoquer et d’expliquer les nombreux partenariats qu’elles nouent avec les structures associatives et publiques, via des programmes de pro bono !

• Le pro bono a-t-il un rôle à jouer dans la construction du travail de demain ?

Comment peut-il garantir une meilleure ouverture ? Une plus grande diversité ? Une véritable justice sociale ?

Sur la base de cas concrets et témoignages, Deloitte, Realized Worth et JFFLabs ont apporté un éclairage sur le potentiel du pro bono. Anna Schmidt, en charge du pro bono chez Deloitte, a notamment expliqué comment son engagement auprès d’une association de réinsertion de personnes détenues lui avait fait adapter son processus de recrutement : elle a cessé de vérifier si les personnes avaient préalablement été incarcérées. Le partage de compétences permet ainsi l’ouverture à d’autres mondes, à d’autres réalités, et peut engendrer une réelle prise de conscience de la richesse qu’apporte la diversité. C’est à dire qu’au-delà des bénéfices connus et reconnus pour l’entreprise et pour la société, le pro bono est donc un formidable outil de disruption des pratiques au sein-même des organisations !

Jour 3 : le pro bono en action !

Toujours en présence des membres du GPBN, des entreprises et intermédiaires américains, cette journée a été placée sous le signe de l’action. Autour de formations au pro bono, entre partage d’expériences et de bonnes pratiques, plusieurs sujets ont émergés.

Notamment le rôle du pro bono face à des défis multiples : catastrophes naturelles, pauvreté dans les rues new-yorkaises… Pour les entreprises américaines engagées, comme pour les associations qui bénéficient d’un accompagnement en pro bono, les expériences sont riches d’enseignement et de temps de partage, essentiels.

Et les participants se sont interrogés sur leur impact : comment le maximiser pour être à la hauteur de ces défis ? La question du changement d’échelle et l’implication des équipes des Ressources Humaines et de la RSE sont aujourd’hui déterminants. Un challenge qui anime tous les membres du GPBN et qui doit répondre à la fois à la nécessité et au désir croissant d’engagement en pro bono, dans tous les territoires de manière locale, nationale et internationale !

Pour retrouver plus d’informations et de contenus sur ce sommet, n’hésitez pas à consulter le site du GPBS et le blog de Taproot Foundation.

▷ Source : pro-bono.co (mai 2019)
▷ Auteur
s : Marie Jouhault, directrice de la Prospective et des Partenariats, et Dieynaba Sall, directrice des Opérations et de l’Accompagnement


Décloisonner les mondes pour mieux rassembler : l’enjeu de la Fondation du Nord

Développement de l’engagement par le partage de compétences, nécessité d’aller vers plus de décloisonnement... Sarah Philippe, Chargée de mécénat au sein du Département du Nord ainsi que de l’animation et de l’accompagnement des projets portés par la Fondation du Nord, croit pleinement en l’importance de ces nouvelles synergies entre les sphères publique et privée. Elle nous explique pourquoi.

Faire dialoguer le monde de l’entreprise classique, celui des collectivités territoriales et celui de l’Économie Sociale et Solidaire : c’est l’un des enjeux ayant émergé de l’étude territoriale menée par Pro Bono Lab en Hauts de France. C’est également l’une des ambitions de la Fondation du Nord.

La création d’une Fondation territoriale

En 2016, le Département du Nord crée un service dédié au mécénat, dans l’objectif de développer la pratique au sein de la collectivité. Sarah Philippe accompagne sa création et l’intègre en tant que chargée de mécénat. « Il a fallu structurer un certain nombre de choses, nous avons d’abord développé le mécénat culturel, mais très vite est arrivé le projet de la Fondation du Nord », explique-t-elle. L’idée a été impulsée par le Président du Conseil Départemental du Nord, Jean-René Lecerf. Son ambition : décloisonner et rapprocher la sphère publique de la sphère privée, notamment dans le cadre de la politique de retour à l’emploi des allocataires du RSA, l’une des priorités de la collectivité.

Très vite, l’implication des entreprises du territoire dans le projet est une évidence. « La réflexion a été plus loin, avec l’objectif d’expérimenter des solutions nouvelles dans le domaine des solidarités. Il s’agissait d’imaginer un espace qui permette de créer des synergies entre le public et le privé, pour apporter des solutions innovantes et accompagner des projets impactants sur le territoire ». Les domaines de l’insertion professionnelle et de l’autonomie des personnes âgées et en situation de handicap ressortent particulièrement des échanges. « C’est sur cette base que se lance la création d’une Fondation territoriale en 2018, sous l’égide de la Fondation FACE », raconte Sarah Philippe.  

Aujourd’hui présidée par Mathias Povse (Délégué Régional Hauts-de-France d’EDF), la Fondation du Nord, collectif de 10 entreprises aux côtés du Département du Nord, soutient un grand nombre de projets impactants. « Par exemple ? Un centre de vacances un peu original verra prochainement le jour dans le Douaisis : une ancienne ferme est en cours de réhabilitation pour pouvoir accueillir des personnes en situation de handicap et leurs proches aidants, mais pas que ! Le lieu sera également ouvert au grand public et des activités seront proposées à tous. Un endroit innovant et inclusif pour des vacances sous le signe du partage ! Nous soutenons également un projet d’habitat partagé destiné à des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou encore le projet de la fédération Soliha, à destination des personnes âgées. »

Le choix de la complémentarité entre mécénat financier et de compétences

La synergie entre Pro Bono Lab et la Fondation du Nord apparaît évidente dès les premiers mois d’existence de la Fondation. Comme le souligne Sarah Philippe, « Il était clair que la Fondation du Nord accompagnerait financièrement des projets du territoire. Mais très rapidement, la volonté de développer le pro bono et de venir en appui à des structures à finalité sociale par le partage de compétences s’est imposée ! ».

Cela se concrétise en décembre 2018, avec l’association ETHAP, que la Fondation du Nord souhaitait soutenir, et qui œuvre pour l’emploi de personnes fragilisées par un handicap. L’association se lançait dans un nouveau projet d’accompagnement de personnes allocataires du RSA par des personnes fragilisées par un handicap, et présentait une pluralité de besoins en compétences. Grâce au soutien de la Fondation du Nord, l’association bénéficie du Programme Booster de Pro Bono Lab : un accompagnement personnalisé, prodigué en pro bono par des volontaires d’horizons différents, pendant 6 mois.

Le pro bono pour décloisonner les mondes et réunir autour d’une cause

L’accompagnement d’ETHAP n’est pas achevé, mais les retours sont déjà positifs ! « Qu’ils soient salariés ou non de nos entreprises membres, retraités, ou étudiants, on retrouve au sein des groupes de travail un panel très varié de profils, acteurs, univers… Tous mobilisés autour du même objectif », témoigne Sarah Philippe, qui elle-même a souhaité s’engager auprès d’ETHAP en tant que volontaire, afin “de tester le mécénat de compétences et de vivre ce projet de l’intérieur”.  

Une nouvelle expérience qui résonne particulièrement avec son expérience et son goût pour les rencontres : « J’aime m’ouvrir aux autres et être en contact avec des personnes d’horizons différents : j’ai fait un tour du monde en 2002, j’accueille chez moi des étudiants étrangers durant plusieurs mois, et, de façon plus ponctuelle, je suis également engagée auprès de l’association SINGA ! »

« L’engagement par le partage de compétences permet de créer un espace et un temps où des volontaires apportent leurs propres compétences ET développent eux aussi de nouvelles compétences, au contact des structures à finalité sociale accompagnées et des autres volontaires mobilisés. Au travers de ce que propose Pro Bono Lab, on est en plein là-dedans, dans l’envie de décloisonner, de réunir, et de créer un espace de bienveillance où les barrières sautent, où les forces et compétences s’unissent toujours au service d’une grande cause, d’un projet qui a du sens. »

▷ Source : pro-bono.co, mai 2019.
▷ Auteur : Camille Méneret, chargée d’Accompagnement et de Projets chez Pro Bono Lab.

L’engagement par le partage de compétences permet de créer un espace et un temps où des volontaires apportent leurs propres compétences ET développent eux aussi de nouvelles compétences, au contact des structures à finalité sociale accompagnées et des autres volontaires mobilisés.

Sarah Philippe, chargée de mécénat au sein du Département du Nord et de l’animation/l’accompagnement des projets portés par la Fondation du Nord


Les pionniers du pro bono d’aujourd’hui impulsent le pro bono de demain sur les territoires

Alliant utilité et performance, le pro bono est un engagement fédérateur qui apporte des réponses concrètes à diverses problématiques actuelles : redéfinition du rôle de l’entreprise, volatilité des talents, mutations du travail, métamorphoses des parcours, transformation des métiers ou recherche de sens dans la vie active.

De par le développement de nouvelles compétences et les perspectives d’actions qu’il ouvre, le pro bono est un outil qui contribue indéniablement à nous préparer à ces transformations. C’est pourquoi en juin 2018 Pro Bono Lab lance un Club de prospective rassemblant les acteurs pionniers – entreprises, fondations, acteurs publics… – autour d’une réflexion collective sur le partage de compétences de demain. Après un lancement en juin 2018 à Clichy en présence de Christophe Itier s’en sont suivies des expériences inédites sous différents formats d’intelligence collective autour des perspectives du pro bono.

Échelon le plus pertinent pour apporter des réponses à des besoins sociétaux mal ou non satisfaits, les territoires sont les premiers terrains de jeux de l’innovation sociale. Les pratiques du pro bono y existent, bien qu’elles restent encore peu formalisées, encadrées, accompagnées ou valorisées. Dans chacun de ses territoires d’ancrage, Pro Bono Lab inscrit son action en complémentarité de celles d’autres acteurs de l’écosystème afin de maximiser son impact avec, entre autres, la Fondation du Nord et AG2R LA MONDIALE en Hauts-de-France, le Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle (LICA) à Marseille ou la Fondation Somfy en Auvergne-Rhône-Alpes.

Parce que cette année est celle des territoires au Lab, nos Grands Programmes, comme la Probono Factory, seront déclinés dans nos antennes lyonnaise, marseillaise et lilloise autour de grands défis sociétaux régionaux et incluront des temps forts de prospective. Le Club de prospective s’est lui déjà adapté aux réalités territoriales lors de son lancement à Lyon, Marseille et Lille, pour évoquer des sujets de prospective reflétant les besoins de chacun des écosystèmes sur le partage de compétences. En présence de membres tels que AG2R LA MONDIALE, le Crédit Agricole et les fondations EDF, EY, Nexity et Schneider Electric, le format convivial et hors cadre des déjeuners s’est avéré particulièrement propice à ces entrées en matière !

Probono Lunch à Lyon – 11 avril 2019

Les bonnes pratiques du mécénat de compétences ont intéressé les participants du Club lors de son lancement en Auvergne-Rhône-Alpes. Certains résultats de la nouvelle édition du Panorama du pro bono ont suscité des réactions comme le fait que seulement 20% des entreprises mécènes pratiquent le mécénat de compétences, confirmant le potentiel de développement du pro bono au sein des entreprises françaises, là où 61% des Français déclarent s’être déjà engagés ou être intéressés par cette pratique. Autour de la Fondation Somfy, l’intérêt de proposer un programme d’actions de mobilisation à la carte a été rappelé car il permet de répondre aux différentes aspirations des collaborateurs et de positionner les structures bénéficiaires au cœur de la démarche. Les organisations les plus avancées dans leur stratégie d’engagement ont partagé leurs réflexions et leurs besoins concernant l’identification des compétences disponibles en interne avec pour objectif de pouvoir toujours mieux accompagner les structures à finalité sociale.

Probono Lunch à Marseille – 23 avril 2019

S’inscrivant dans la réflexion prospective actuelle de la #TechforGood et avec l’expertise du LICA, le Club s’est penché sur la potentialité d’usage et d’impact des nouvelles technologies telles que la blockchain ou les open badges dans la valorisation et la reconnaissance des compétences développées lors de Missions Probono. L’occasion de rappeler que la notion même de compétence revêt une importance clé dans l’engagement par le partage de compétences, notion chère à Pro Bono Lab dans son ambition de faire de « toute compétence un bien public ». Elle constitue d’ailleurs l’une des propositions de notre Manifeste. Si 78 % des volontaires que nous accompagnons déclarent développer de nouvelles compétences lors de leur participation à nos Missions Probono, ces compétences restent aujourd’hui peu ou mal valorisées, notamment lorsqu’il s’agit de compétences dites comportementales (« soft skills ») pourtant cruciales dans le contexte actuel.

Probono Lunch à Lille – 26 avril 2019

Pour son lancement en Hauts-de-France, le Club est revenu sur les fondamentaux du pro bono autour de notre publication « Le pro bono (pour tous) en pratique » et du témoignage de la Fondation EY. L’occasion d’échanger autour des multiples interrogations que peuvent avoir les entreprises et les fondations qui choisissent de s’engager par le partage de compétences : la nécessité et les manières d’envisager la structuration d’un tel dispositif, le rôle de l’entreprise à l’égard de l’engagement citoyen de ses collaborateurs, les mécanismes qui permettent de faire correspondre les compétences à partager des collaborateurs avec les besoins et compétences des structures à finalité sociale, la valorisation de l’engagement des collaborateurs et son intégration aux objectifs RH, la création d’une réelle dynamique de l’engagement englobant l’ensemble des collaborateurs au-delà des cadres.

Ce tour d’horizon illustre la manière dont Pro Bono Lab en général et le Club de prospective en particulier mettent au point des outils complémentaires qui concourent à un même objectif, celui de la démocratisation du pro bono. Les différentes études produites, l’édition 2019 du Panorama du pro bono, notre guide pratique et notre Manifeste, ont ainsi permis d’initier une conversation entre pionniers qui ne fait que commencer !

Plusieurs événements et sujets de réflexion sont déjà prévus d’ici la fin de l’année : les structures à finalité sociale issues de la communauté du Lab « en mode #probono » pour accompagner les membres du Club (Paris le 25 juin), les perspectives de la Silver Economy pour le partage de compétences (Nice le 27 juin) et le mécénat de compétences senior : opportunité ou risque ? (Lille le 25 septembre, Lyon le 12 septembre). 

Grâce à la variété de ses formats, le Club pourra facilement se décliner dans les territoires d’une même région et soutenir le développement infrarégional du Lab : Marseille, Aix, Nice; Lyon, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand; Lille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque ou Saint-Quentin. Il permet déjà à certains de nos membres de mobiliser leurs antennes régionales !

L’équipe du Lab remercie chaleureusement ses partenaires, les membres du Club, les intervenants et participants pour une première année si fructueuse. Afin de poursuivre sur cette lancée, nous vous invitons à rejoindre le Club de Prospective !

Télécharger la plaquette du Club de Prospective de Pro Bono LabPlus d'informations

▷ Source : pro-bono.co (mai 2018)
▷ Auteur : Dounia El Aflahi, chargée de Prospective chez Pro Bono Lab


MICRODON | Auto diagnostic : Une entreprise sur deux ne propose pas d’actions solidaires aux collaborateurs faute de temps

Une entreprise sur deux ne propose pas d’actions solidaires aux collaborateurs par manque de temps. C’est l’un des enseignements de l’auto diagnostic d’engagement solidaire des entreprises développé par microDON et Pro Bono Lab. Depuis son lancement, l’outil a permis à 172 entreprises de faire un premier état des lieux et d’obtenir des pistes pour développer ou approfondir leurs actions solidaires. Retour sur les résultats qui ont retenu notre attention.

Lire l'article en intégralitéDécouvrez l'auto-diagnostic d'engagement solidaire de Pro Bono Lab et MicroDON

▷ Source : MicroDON, (21 mai 2019)
▷ Auteur : Lucie Gaudens, responsable Communication chez microDON


Le pro bono : une opportunité globale d’engagement et de co-développement par les acteurs publics et leurs agents

Retour sur l’une des propositions de notre Manifeste pour le développement du pro bono en France et dans le monde.

Dans une tribune publiée dans le Monde le 7 mai dernier, Thibaut Guilluy et Stéphanie Goujon, respectivement Président et Directrice générale du French Impact, proposent de mettre en place une « mobilité formatrice » entre hauts fonctionnaires et entrepreneurs de l’ESS (économie sociale et solidaire).

Au moment où la cohésion sociale s’effrite et où la défiance envers les élites atteint des seuils critiques dans notre pays, cette mobilité permettrait à « différentes réalités » de travailler ensemble. Par l’instauration de va et vient dès les parcours de formation des écoles de la fonction publique, puis de missions de terrain régulières auprès de structures à finalité sociale.

Un exemple d’enrichissement mutuel cité est celui de la coopération entre Emmaüs Connect – association accompagnée par Pro Bono Lab – et la Direction générale des finances publiques, et dont l’objectif est  de mieux accompagner les citoyens dans leurs démarches en ligne.

Chez Pro Bono Lab, nous partageons et saluons cette idée, celle que le processus d’innovation sociale et la co-construction de solutions répondant au mieux aux attentes de la société se nourrissent mutuellement.

Nous proposons et travaillons pour aller même plus loin. Dans la pratique du pro bono, les acteurs publics (Etat, administrations, établissements publics, collectivités territoriales…) et leurs agents se situent des deux côtés de l’équation. Ils se retrouvent à la fois bénéficiaires par l’engagement civique de volontaires qui, tout en portant l’idéal d’administrés, prennent part à la réalisation d’une action publique. Parallèlement, ils jouent le rôle de structures employeuses dont les agents ont la possibilité de s’engager par le partage de leurs compétences, particulièrement adaptées et structurantes pour les structures à finalité sociale.

Pour nous, le pro bono revêt ainsi une double opportunité de co-développement et d’innovation sociale pour les acteurs publics et leurs agents. IIs peuvent se doter en compétences sur des projets de politiques publiques face à la baisse des dotations étatiques et de l’autre développer les ressources humaines des agents, valorisant ainsi les compétences de femmes et d’hommes ayant déjà fait le choix de l’intérêt général.

Cet engagement, Pro Bono Lab le porte dans le cadre de ses différentes missions. En Conseil et Formation en accompagnant des acteurs publics dans la structuration de programmes de mobilisation de leurs agents ou dans l’encadrement de Missions Probono. La trajectoire de notre partenariat avec l’établissement public Paris la Défense en est une bonne illustration. Depuis 2015, leur soutien a évolué, passant d’un mécénat financier et de dons en nature à une mobilisation de ses agents en pro bono, notamment dans le cadre de la Probono Factory à la Défense. Au sein de notre Club de prospective qui rassemble les acteurs pionniers en matière de pro bono, dont les établissements publics engagés, et offre un cadre propice à une réflexion stratégique et globale sur les perspectives d’engagement par le partage de compétences pour/par les acteurs publics. Avec nos Grands programmes via la Probono Factory justement, Fabrique du bien public par et pour les territoires, qui permet chaque année sur chacune de nos régions d’ancrage d’orchestrer des mobilisations de grande envergure par ce partage, autour de grandes causes sociétales comme “lever les freins à l’emploi”, avec des acteurs publics locaux et régionaux. Sans oublier nos actions de média et plaidoyer avec la remise en janvier dernier de 20 propositions concrètes pour le développement du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences) en France et dans le monde à Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse lors de sa visite officielle dans nos locaux.

L’une de ces propositions s’attache justement à expliciter la façon dont pourrait se développer et mettre en place le pro bono auprès des « acteurs qui font le bien public » (proposition 10 du Manifeste). La prochaine Pro Bono Week, semaine internationale du bénévolat/mécénat de compétences qui se tiendra en octobre prochain, sera l’occasion de faire le point avec nos partenaires français et internationaux.  

Recréer du lien entre les citoyens et la puissance publique par l’action et la transmission de compétences est l’un des bénéfices les plus salutaires du pro bono pour et par les acteurs publics. Au Lab, nous en sommes pleinement convaincus !

▷ Auteur : Dounia El Aflahi, Chargée de Prospective chez Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co 


ADMICAL | Pratiques des entreprises et aspirations des collaborateurs... Quels liens, quelles pratiques et quels impacts sur les individus et au sein de l'organisation ?

Cette étude, conduite par le Pr. Serge Perrot dans le cadre d'un partenariat entre l'Observatoire de l'Engagement et l'Université Paris Dauphine, propose une analyse qualitative des pratiques de 10 entreprises pour comprendre les impacts différenciés que peuvent avoir celles-ci sur les collaborateurs.

De nombreuses pratiques peuvent illustrer le concept d’engagement pluriel (dons, parrainages, projets solidaires, courses solidaires, actions liées à une politique RSE, bénévolat, mécénat de compétences, team building solidaires, etc.). Afin de dépasser la logique d’un simple benchmark, l’étude propose une analyse plus qualitative des pratiques de 10 organisations (AXA, BNP Paribas, Danone, Kaporal, Le Lab RH, Leroy Merlin, Sanofi, SAP, Sodexo, Somfy) pour comprendre les impacts différenciés que peuvent avoir celles-ci sur les collaborateurs. A noter que sont exclues du champ de cet article les actions purement à l’initiative des salariés (ex : engagement personnel dans l’associatif hors du travail).

Notre étude propose d’interroger la (re)conception des pratiques d’engagement pluriel autour de trois questions qui nous ont paru structurantes. Ces trois questions constituent autant de curseurs permettant de positionner ou de caractériser les pratiques d’engagement pluriel :

  • Quelle est la résonance entre d’une part, les pratiques mises en place et l’entreprise (son métier, sa culture, sa mission), et d’autre part, entre l’offre d’engagement et les appétences des salariés ?
  • Les offres d’engagement suscitent-elles un ensemble hétérogène d’engagements individuels ou des occasions d’engagements collectifs ?
  • Dans quelle mesure les actions d’engagement pluriel sont-elles intégrées dans l’écosystème de l’entreprise ?

Nous défendons l’idée que, selon le positionnement des pratiques d’engagement pluriel sur ces 3 axes, leur impact sur les collaborateurs ne sera pas le même. Cet article utilise une théorie de la motivation (la théorie de l’auto-détermination) pour expliquer comment la manière de (re)concevoir les pratiques d’engagement pluriel permet (ou non) de renforcer la motivation des collaborateurs. Pour illustrer, nous proposons un focus sur la première question, liée à la résonance des pratiques d’engagement pluriel avec l’entreprise et avec les collaborateurs.

La première résonance est celle entre les pratiques d’engagement pluriel et l’entreprise. Partons d’un exemple concret de pratique comme le bénévolat. On peut imaginer un dispositif dans lequel une entreprise propose à des salariés de s’engager pour une cause choisie à travers des actions comme une course solidaire (recueil de fonds), du soutien scolaire, du parrainage d’associations, etc. Dans ce cas, le lien avec le métier n’est a priori pas évident, et la résonance avec l’entreprise plus faible. A l’inverse, le bénévolat peut se traduire par la réalisation de projets illustrant la mission, la culture, ou le métier de l’entreprise. La résonance avec l’entreprise est alors plus forte. Si toutes ces actions peuvent être considérées comme intrinsèquement positives, elles n’ont pas le même impact auprès des salariés. Les pratiques en forte résonance avec l’entreprise favorisent le développement d’un sentiment d’appartenance. Dans le cas d’un mécénat de compétences par exemple, le sentiment et la fierté d’appartenance à l’entreprise sont renforcés si les compétences correspondent au cœur métier. L’appartenance est l’un des besoins évoqués dans la théorie de l’auto-détermination.

Ainsi, les pratiques d’engagement pluriel en résonance avec l’entreprise pourront davantage favoriser la motivation des collaborateurs que celles déconnectées de l’entreprise (au sens de son métier, sa culture, sa mission …). Un deuxième besoin lié à la motivation est le sentiment de compétence : à nouveau, une connexion avec les compétences métiers de l’entreprise est de nature à avoir un impact plus fort sur l’engagement global des salariés. Le troisième besoin est l’autonomie, qui suggère que les pratiques d’engagement pluriel permettront mieux de (re)motiver les salariés si elles sont suffisamment déconnectées de leur manager !

La deuxième résonance s’entend entre l’offre d’engagement et les appétences des salariés. La théorie de l’auto-détermination identifie des sources de stimulation d’importance variable selon les personnes : il s’agit des sensations, des connaissances, et de l’accomplissement. A titre d’exemples, la participation à une course parlera ainsi davantage aux personnes sensibles aux sensations, le mécénat de compétences à ceux stimulés par les connaissances, et les challenges de résolution de problèmes ou l’aboutissement de projets concrets à ceux sensibles à l’accomplissement. Afin de répondre au défi d’une certaine résonance entre l’offre d’engagement et les salariés, il est donc pertinent d’avoir une offre multi facettes jouant sur les différentes sources de stimulation.

Il est possible de poursuivre un raisonnement similaire autour des autres questions présentées initialement. Ainsi, les pratiques d’engagement qui offrent des occasions d’engagements collectifs ont un plus grand potentiel pour susciter un engagement global des salariés que celles qui se traduisent par une simple addition d’engagements individuels hétérogènes. De même, les actions intégrées dans un écosystème plus large offrent des occasions d’oxygénation, de renouvellement des liens à la fois internes et externes, d’innovations, etc. bénéfiques non seulement aux salariés mais sans doute également à l’entreprise.

Lire l'étude de Serge PerrotLire l'étude quantitative d'Opinion Way pour l'Observatoire de l'Engagement

▷ Source : Admical, mai 2019
▷ Auteur : Serge Perrot, Professeur de management à l’Université Paris Dauphine