La France au rythme du confinement. Si le planning reste encore incertain, le quotidien doit dès à présent se réorganiser en fonction de ces circonstances inédites. A nous de réinventer de nouveaux repères, de nouvelles manières de communiquer, de faire ensemble.

Car la distanciation sociale n’exclue pas le lien, ni la solidarité. Au contraire, elle nous impose de trouver des solutions collectives à notre échelle et avec nos moyens.

Cette distance imposée, nous fait réaliser toute l’importance du contact humain. Un constat, certes, plutôt convenu… mais que peu d’entre nous ont l’occasion de vérifier de manière si radicale.

Cette chronique est justement là pour observer, du balcon, au fil des jours, les initiatives qui permettent à la solidarité d’exister, malgré tout. Elle est aussi là pour poser des questions sur nos manières de vivre ensemble, de travailler autrement. Pour partager les bonnes ondes dont tout le monde a besoin.

#RejoignonsNousAutrement

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J16 ?

Depuis quelques années, les « compétences douces » ou soft skills ont le vent en poupe. Dans un récent article paru dans les pages du Monde, le professeur Pierre-Yves Gomez les désigne comme « les capacités personnelles constitutives du savoir-être d’un collaborateur au nombre desquelles on compte l’agilité intellectuelle, la résilience face à l’échec ou la bienveillance dans les relations. »
Complémentaires aux savoir-faire, ces compétences sont censées garantir une certaine adaptabilité, voire une flexibilité vis-à-vis des mutations du travail et des organisations. Car l’OCDE est formelle ! Rendez-vous compte : en 1987, une compétence technique avait une durée moyenne de 30 ans. Aujourd’hui, on parle de quelques années tout au plus. Puisque l’obsolescence programmée des compétences techniques s’intensifie, cela paraît logique de miser davantage sur l’humain.

Esprit d’équipe, créativité, intelligence émotionnelle… la liste des soft skills est longue et fait référence à des qualités intrinsèques que l’on ne développe d’ailleurs pas forcément exclusivement dans le monde du travail. Les expériences, les engagements personnels, les voyages ou les loisirs peuvent jouer un rôle conséquent et nous apporter à tous des compétences qui seront valorisées professionnellement.

Encore faut-il bien les identifier me direz-vous. Parfois nos meilleures qualités sont celles que l’on a intériorisées au point de ne plus les considérer comme telles. Nous n’avons pas forcément le recul nécessaire pour les valoriser, puisqu’elles sont l’expression parfois inconsciente de nos valeurs, notre environnement, nos expériences.

Pourtant, au regard de la situation exceptionnelle que nous vivons, il me semblait justement intéressant d’essayer de cibler les compétences douces que nous mobilisons, voire que nous développons. Pauline, sales manager, travaille dans le secteur du transport, particulièrement impacté comme on s’en doute. Elle a dû revoir ses habitudes de travail, organiser son quotidien au gré des annonces successives et s’adapter en flux.

 « Au niveau des rendez-vous clients, ça change beaucoup de choses du point de vue relationnel. L’empathie est essentielle, je passe du temps auprès de chacun d’eux sur des sujets parfois personnels, ou pour parler de l’actualité et créer un lien de confiance dans ce contexte. On en a tous besoin. Et professionnellement, se focaliser sur le business en faisant abstraction des émotions en ce moment serait vraiment mal venu ! Alors que l’activité est quasiment stoppée, il faut au moins faire perdurer les relations humaines, c’est essentiel. Cela demande un investissement personnel particulier, de l’empathie bien sûr en fonction des clients et des réalités qu’ils traversent. »

Même ressenti pour Emilie : le principal est d’être réactif et surtout à l’écoute.

« Je travaille pour une épicerie fine en ligne en direct des producteurs. Si l’on était déjà pour eux un partenaire, on se sent aujourd’hui investi d’une mission. En plus du contact téléphonique, je traque les appels à l’aide sur les réseaux, je reprends contact avec les anciens afin de voir si l’on peut temporairement les aider… On oublie les codes et les exigences purement commerciales, il faut comprendre et rassurer pour pouvoir rapidement réagir et trouver des solutions, orthodoxes ou non. Plus que jamais il s’agit d’un rôle d’écoute, de soutien, de compréhension et d’épaule sur laquelle s’appuyer »

Yassmine est directrice commerciale pour une entreprises spécialisée dans le recrutement des millenials. Pour elle, l’épreuve du confinement est avant tout collective :

« Avec mes congés, je n’avais pas vu mes collègues et les membres de mon équipe pendant plus de deux semaines avant qu’on ne soit tous confinés, certains en télétravail et d’autres en chômage partiel dans deux pays différents. Le plus compliqué était de pouvoir reprendre des projets après cette absence et pouvoir les gérer à distance, avec parfois des horaires décalés tout en conservant une réelle dynamique d’équipe. Nous avons tous dû nous adapter à cette nouvelle situation et tous veiller à ce que chacun d’entre nous ne souffre pas d’isolement ou de baisse de motivation à cause de la situation. Je pense que cela renforce considérablement l’esprit d’équipe ! »

Les témoignages ne manquent pas. Ils traduisent tous la nécessité de s’adapter à une nouvelle réalité, qu’on ne maîtrise pas. Si l’impression de naviguer à vue peut être déstabilisante, elle nous permet aussi de réinventer des manières de faire et des savoir-être au travail inédits, où l’humain a toute sa place.

Pour aller + loin :

Lire l’article sur probono.co : Les compétences comportementales ou « soft skills », enjeu RH et facilitateur d’engagement

 

#RejoignonsNousAutrement

▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Nina Danet