La France vit ses premiers jours de confinement. Si le planning reste encore incertain, le quotidien doit dès à présent se réorganiser en fonction de ces circonstances inédites. A nous de réinventer de nouveaux repères, de nouvelles manières de communiquer, de faire ensemble.

Car la distanciation sociale n’exclue pas le lien, ni la solidarité. Au contraire, elle nous impose de trouver des solutions collectives à notre échelle et avec nos moyens.

Cette distance imposée, nous fait réaliser toute l’importance du contact humain. Un constat, certes, plutôt convenu… mais que peu d’entre nous ont l’occasion de vérifier de manière si radicale.

L’isolement est bien sûr connu pour tous ses méfaits sur le moral et sur la santé des individus. A l’heure du confinement généralisé, il met aussi à l’épreuve de multiples chaînes de solidarité qui existent et résistent partout dans le pays. Comment aider aujourd’hui si on ne peut plus littéralement tendre la main ? Les collectes, les maraudes sont forcément impactées par les consignes sanitaires et les acteurs associatifs multiplient les appels pour prévenir d’un certain repli sur soi qui mettrait en péril les plus démunis.

Cette chronique est justement là pour observer, du balcon, au fil des jours, les initiatives qui permettent à la solidarité d’exister, malgré tout. Elle est aussi là pour poser des questions sur nos manières de vivre ensemble. Pour partager les bonnes ondes dont tout le monde a besoin.

#RejoignonsNousAutrement

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J3

Chers confinés, chers non-confinés pour bonne raison,

A 20h au balcon, les gens applaudissent. L’appel a été lancé sur les réseaux, certains l’accrochent à leur fenêtre « Tous les soirs, on applaudit le personnel soignant ». Ça ne dure que quelques minutes, mais la rue si calme la journée devient la caisse de résonance des manifestations de soutien. Et ça fait du bien.

Initiés en Espagne, ces rassemblements spontanés et quotidiens se multiplient maintenant dans les villes d’Europe. Alors qu’en France, le manque de moyens, de places, de personnel risque de faire plonger l’hôpital public, la solidarité est ce qu’il nous reste dans l’urgence.

Applaudir à sa fenêtre paraît anodin, par rapport à la lutte que s’apprêtent à mener les professionnels de santé, mais aussi au regard de celle qu’ils endurent depuis des années. Les politiques publiques et réformes successives ont largement fragilisé les hôpitaux, qui ne cessent d’alerter sur la dégradation des conditions de travail.

Aujourd’hui, si le grand Est est déjà submergé, une grande partie du personnel soignant attend encore la vague. Ils se préparent. Souvent, cela signifie improviser avec les moyens du bord.

Alors oui, applaudir à sa fenêtre paraît anodin. Oui, c’est peut-être un « petit geste » comme on les appelle. Mais c’est aussi essentiel, pour faire entendre tout notre soutien.

Pour que les applaudissements résonnent plus fort, voici quelques pistes pour s’engager et aider le personnel soignant !

#RESTEZCHEZVOUS bien sûr

On peut aussi donner un peu de temps libre pour le personnel via la plateforme en première ligne 

Et si vous le pouvez, donnez votre sang ! La collecte doit se poursuivre, malgré le confinement

 

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J4.. (ressenti 6)

Une initiative a particulièrement été médiatisée ces derniers jours et a attiré mon attention.
Au fur et à mesure que la pandémie avance, les pénuries se sont déclarées un peu partout. Non je ne parle pas ici de pâtes ou de papier toilette, mais plutôt des masques et respirateurs artificiels. Les stocks s’épuisent à une vitesse folle, suscitant une incompréhension générale.

Alors que le monde industriel déploie des plans massifs pour équiper l’ensemble des hôpitaux, d’autres solutions dites « open-source » sont apparues pour compléter l’offre et répondre à l’urgence.
La communauté des makers a été particulièrement réactive et saluée pour son implication. Au nord de l’Italie, une dizaine de fablabs se sont mobilisés pour produire grâce à l’impression 3D des valves d’équipement respiratoire dont les soignants manquaient. Cette alternative, locale et à petite échelle, a lancé une mobilisation plus vaste en Europe, aussi impulsée par la Commission Européenne, pour recenser les acteurs de l’impression 3D susceptibles d’agir contre ces pénuries.

Ailleurs, sur la toile, les fichiers open-source, des tutos ou même des patrons de couture pour masques ont circulé pour pallier au manque d’équipement. Une nouvelle vague Do It Yourself pour le bien public ?

Mettre ses compétences, quelles qu’elles soient au service de ceux qui en ont besoin est le principe même du pro bono, qui en cette période compliquée trouve un écho particulier. Les savoir-faire de chacun peuvent avoir un impact considérable, s’ils sont partagés. Ces initiatives en sont la preuve.

#RejoignonsNousAutrement

 

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▷ Source : pro-bono.co, mars 2020.
▷ Auteure : Nina Danet