Retour sur le webinaire du Club du pro bono : avec Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de microDonAnne-Laure Mesguen, cofondatrice de Benevolt.fr & Elsa Chaucesse, responsable de mission auprès du directeur général et de la communication à Pro Bono Lab. 

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Constat largement partagé, ce contexte inédit d’urgence sanitaire et de confinement voit se matérialiser une envie et un véritable élan de solidarité dans notre société 

En tant que cheffe d’équipe d’entreprise solidaire, Anne-Laure Mesguen a expliqué la réorganisation de sa petite équipe et l’adaptation de la plateforme de bénévolat Benevolt.fr, à l’origine ouverte aux jeunes retraité.es et retraité.es actif.ves (moyenne d’âge de 63 ans et 3200 bénévoles) et aujourd’hui ouverte à tous les publics indifféremment de leur âge. Dorénavant ne sont affichées que les missions à distance (« télébénévolat ») soit environ 800 missions partout en France (aide juridique, communication…). En complémentarité de la réserve civique, la plateforme propose des missions de non première nécessité et de proximité en respectant les règles de sécurité comme la préparation de paniers pour la RucheEn partenariat avec la Ruche et la Croix Rouge française, Benevolt.fr propose aux associations de mettre directement leurs missions sur leurs propres sites. Selon Anne-Laure Mesguen, cette situation d’urgence pousse à l’innovation numérique au service de l’intérêt général, en sachant très agilement nouer de nouveaux partenariats et marier présentiel et numérique !  

Côté organisationnel interne, microDON & Benevolt.fr, acteurs numériques, ont pu facilement réorganiser le travail de leurs équipes confinéesrespectivement 25 et 7 personnes.  

Pierre-Emmanuel a partagé sa surprise, celle de ne jamais avoir autant travaillé : réponses aux attentes et aux besoins de leurs clients en activant des campagnes d’urgence pour lutter contre le covid-19 ou via la mise en place des programmes de volontariat/bénévolat. Les enseignes non alimentaires étant fermées, leur « dispositif de l’arrondi solidaire » dans la distribution ne fonctionne plus que dans la distribution alimentaire. Leurs enseignes clientes alimentaires leur ont toutes demandé d’activer des programmes exceptionnels. Ce sont ainsi près de 170 000 euros qui ont été collectés fin mars au profit de la Fondation de recherche de l’APHP à des campagnes chez Monoprix, Franprix (campagne également au profit du Secours Populaire français pour accompagner les personnes les plus isolées également), Naturalia (qui a décidé de façon inédite de doubler les dons de ses client.es) et Biocoop. Autre dispositif qui s’adresse aux DRH, « la plateforme de l’engagement » avec différents modules : dons d’argent dont le plus connu est l’arrondi sur salaire pour la Fondation de France ou la Fondation de l’APHP, activation par les entreprises de pages de collecte ou des dons de temps. microDON s’est également rapproché dacteurs du financement participatif  en lançant de la campagne des Paniers solidaires en partenariat avec Kiss Kiss Bank Bank & Ulule dont la moitié des fonds levés seront versés à la Conciergerie solidaire de la Croix Rouge afin d’apporter des paniers aux personnes les plus fragiles, l’autre moitié à la Fondation de l’APHP en collaboration par exemple avec Frichti (livraison de 1000 paniers par semaine) 

Elsa Chaucesse est revenue sur l’effet démultiplicateur du pro bono par rapport au don financier. L’objectif est que les citoyen.nes et les collaborateur.rices d’entreprise qui souhaitent s’engager par leurs compétences puissent le faire. 7 associations qui portent  le bénévolat ou le bénévolat de compétences en France (Benenova, France Bénévolat, Passerelles & compétences, Tous bénévoles, Web Assoc, Latitudes & Pro Bono Lab) ont lancé ensemble la plateforme benevolat.fr afin de porter l’idée que les associations qui ne sont pas « en première ligne » puissent continuer à être aidées, avec l’idée de préparer à l’après-crise.  Spécialiste des formats collectifs en présentiel, Pro Bono Lab a adapté ses formats en transformant par exemple certaines des missions à distance (« e-pro bono ») et en mettant en place de hotlines à destination des associations, volontaires et entreprises. S’adapter au jour le jour pour mieux préparer l’après.  

A retenir :  

La participation de microDon, Benevolt.fr & Pro Bono Lab au lancement de la réserve civique sur des missions d’urgence ;  

Le portage d’initiatives collectives avec des acteurs dits « concurrents » (Paniers solidaires, benevolat.fr) ;  

Le développement de solutions à distance pour certaines missions (« télébénévolat », « e-pro bono ») ;  

Un certain décalage entre la volonté d’aider et la capacité des associations à proposer des missions  correspondant à leurs besoins en accompagnement. Autrement dit, un déficit entre l’offre et la demande en accompagnement par les compétences ;  

Conseil à une entreprise qui souhaiterait se lancer : repérer les salarié.es « moteurs » déjà engagés sur leur temps personnel au niveau local, garder à l’esprit que l’engagement doit rester volontaire, ne pas avoir peur de « commencer petit », ne pas culpabiliser celles et ceux qui ne souhaiteraient pas s’engager, rappeler la réalité complexe de certains d’interlocuteurs d’entreprises (DRH, direction de la RSE) qui font face à des urgences complexes, et surtout savoir préparer la suite !   

Inscription aux prochains webinairesDécouvrez aussi les échanges du webinaire : pro bono, kézako ?

▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Dounia El Aflahi, chargée de prospective et de projets chez Pro Bono Lab