La fin d’année se profile doucement pour les élèves et étudiants. Un moment délicat où les questions existentielles sur l’avenir se (re)dessinent. Car les études nous façonnent et nous offrent de multiples ouvertures, mais tendent aussi paradoxalement à nous enfermer dans des façons de faire et de penser. 

Il est donc important de pouvoir cultiver ces compétences qui ne sont pas mises en avant par le système scolaire. Celles que l’on apprend au fil de nos expériences et non pas dans ce cadre disciplinaire qui étouffe bien souvent notre capacité à être nous-même.
Ces compétences ont plusieurs noms mais le plus commun est leur dénomination anglaise : « soft skills ».Traduite littéralement, cette expression signifie « compétences douces ». Il ne s’agit pas ici de penser une forme de hiérarchisation des compétences en situant les soft skills en dessous des compétences disciplinaires. Bien au contraire. Elles sont toutes aussi importantes, seulement différentes et développées autrement que pendant les heures de classes passées au sein d’un établissement.  

Quelle(s) définition(s) ? 

Les soft skills restent complexes à définir. Ne relevant ni du savoir ni du savoir-technique, on peut les aborder sous l’angle du savoir-être : des compétences humaines mais aussi des compétences sociales, relationnelles et même émotionnelles. Autrement dit, elles relèvent de chaque individu et de leur façon de s’intégrer dans un contexte, et de s’adapter à ses évolutions. Il existe donc une variété de définitions, ce qui démontre bien notre difficulté à normaliser une notion qui justement met en valeur l’impossibilité de standardiser l’humain ! 

Miser sur les soft skills, dès l’école ?

Cette notion est très populaire dans la presse managériale et articles universitaires car elle remet en question notre système éducatif et la hiérarchisation que l’on avait pu faire autour des compétences liées au savoir. Parmi ces compétences douces, nous pourrions citer la créativité, l’empathie, la résolution de problème complexe, la gestion du temps et du stress, le sens du collectif ou encore la patience et la curiosité.

Les différents articles qui s’intéressent au sujet sont unanimes. Ils démontrent tous l’importance de développer, comme de s’appuyer sur ces soft skills, pour permettre à chacun de s’épanouir et de révéler son potentiel. Alors comment les valoriser pour que les élèves intègrent l’idée que ce qui les constitue en tant qu’individu sera assez puissant pour leur permettre de trouver un travail mais aussi leur place dans la société ? Comment se servir de ce concept des softs skills pour permettre aux élèves éloignés du système scolaire de croire en leurs capacités ?

Des initiatives inspirantes

Il apparaît nécessaire de ne plus séparer les soft skills des compétences disciplinaires mais d’œuvrer pour que l’apprentissage se fasse à travers des parcours personnalisés et que chacun puisse développer son éventail de compétences… Que chacun puisse explorer son potentiel. 

L’Autre École fondée notamment par Alexandre Pachulski a cette ambition d’offrir un maximum de possibles aux élèves. Les Apprentis d’Auteuil ont eu aussi cette volonté à travers leur programme sur le spectacle vivant de permettre aux élèves de développer ces compétences et de reprendre confiance en eux. 

Quant aux équipes de Pro Bono Lab, elles ont elles aussi pris conscience de l’importance des soft skills à travers les différents formats d’engagement qu’elles opèrent. Elles les placent donc au cœur de leur démarche de réflexion et d’intelligence collective afin de favoriser la prise de confiance et le dynamisme au sein des groupes de travail, dès le plus jeune âge. 

▷ Auteure : Meghann Dehais, Chargée de Développement
▷ Source : pro-bono.co, juin 2019