Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab, introduit la Soirée Annuelle 2020  :

Chères toutes, chers tous,  

Je suis ravie de vous accueillir ce soir car je trouve précieux de savoir à la fois célébrer les succès et imaginer l’avenir, et de le faire de manière collective, rassembleuse, chaleureuse. C’est donc un véritable plaisir, pour moi et pour toute l’équipe de Pro Bono Lab, de vous retrouver pour notre traditionnelle Soirée Annuelle, qui chaque année réunit nos plus proches partenaires pour à la fois faire le bilan de l’année passée et se projeter sur celle à venir.  

2019 était placée au Lab sous le signe des territoires. Des territoires précurseurs, des territoires pionniers en termes d’engagements citoyens. Des territoires que nous avons décidé d’investir, en consolidant nos antennes déjà existantes et en développant notre ancrage territorial : après Auvergne-Rhône-Alpes, après la région Méditerranée, après les Hauts-de-France, c’est en Grand Ouest, à Nantes, que nous avons ouvert une nouvelle antenne en 2019.  

Dans la continuité de 2019, et ce sera ce soir ma première annonce, nous ouvrirons officiellement, en juin prochain, l’Antenne Nouvelle Aquitaine à Bordeaux. Au-delà des régions, nous investirons également de nouvelles métropoles, en intensifiant nos efforts de développement au sein de nos territoires historiques : Toulouse, Clermont-Ferrand et Nice notamment. Je le redis ce soir, Pro Bono Lab, ce n’est pas un laboratoire national du pro bono, ce sont bien des laboratoires territoriaux du bénévolat et du mécénat de compétences, qui adaptent leurs réflexions et actions en fonction des spécificités de chaque territoire.  

Je ne peux vous parler de territoires sans vous parler de notre programme phare, la Probono Factory, littéralement Fabrique du bien public, par les territoires, pour les territoires. Face à des enjeux de société complexes et cruciaux, l’engagement collectif des acteurs du territoire est essentiel pour relever ces défis. Grâce à ce programme, Pro Bono Lab identifie ces causes prioritaires et engage les compétences des parties prenantes locales (citoyens, entreprises, collectivités, services de l’Etat, structures à finalité sociale, établissements publics, écoles, universités, etc.) en faveur de projets ou structures qui ont fait la preuve de leur impact. 

L’année 2019 aura permis à ce programme de passer à l’échelle et de démultiplier son impact comme jamais auparavant. En 2020, à l’image de notre développement territorial, le programme sera décliné à l’échelle de 5 nouveaux territoires.  

L’impact. Je tiens à m’arrêter quelques instants sur ce terme, car l’impact du pro bono, et plus spécifiquement du mécénat de compétences, a plus que jamais été questionné en 2019. C’est même la finalité du dispositif qui a été remis en cause.  

“Le mécénat de compétences n’est qu’un moyen pour les entreprises de résoudre des problématiques RH, de se donner bonne conscience” a-t-on pu entendre. Chez Pro Bono Lab, nous sommes persuadés, vous le savez, que cela est faux. Et nous l’avons réaffirmé le 18 octobre dernier, lors du Pro Bono Day. Le mécénat de compétences, et plus largement le pro bono, est un dispositif d’intérêt général dont l’objectif est de répondre aux besoins de structures qui œuvrent chaque jour pour le bien public. Nous l’avons réaffirmé, mais nous avons aussi porté un message d’alerte. 

Car ce dispositif peut en effet être détourné pour répondre prioritairement à des enjeux internes propres à une entreprise par exemple. Car il est alors dévoyé et c’est ce que nous dénonçons 

Bien sûr, le pro bono répond à d’autres besoins que ceux des structures accompagnées. Comme toute démarche altruiste, il peut être bénéfique en retour pour toutes les parties prenantes qui l’exercent : trouver du sens, développer des compétences, fédérer ou fidéliser des équipes…Mais l’expérience la plus riche, celle que nous valorisons avec Pro Bono Lab et avec d’autres, est celle qui ne perd pas de vue son objectif : répondre d’abord aux besoins de structures d’intérêt général, pour le bien public. Alors, le mécénat de compétences et le pro bono deviennent un réel levier de développement des structures de l’ESS.  

C’est le message que nous avons porté toute l’année auprès du gouvernement, mais aussi des députés et des sénateurs qui nous ont sollicités sur le sujet. Dès janvier 2019, d’ailleurs, à la sortie de notre Manifeste, nous avions proposé de clarifier les règles de mise en œuvre du mécénat de compétences pour pouvoir maintenir ce dispositif unique au monde, en garantir l’éthique et éviter les dérives. 

C’est une position que nous continuerons à défendre en 2020, sur le territoire national, mais pas seulement. Car c’est par-delà les frontières françaises que nous nous dirigeons. Après les territoires, place à l’international. Cap sur le Monde du pro bono. Avec en point d’orgue le Global Pro Bono Summit, du 13 au 15 mai prochain, à Paris. 2020 s’annonce riche et mémorable. Avec nous, embarquez pour un tour du monde du pro bono en 2020.  

Ce Sommet International ne sera que le point de départ d’une nouvelle phase de développement du Lab au niveau international. Avec les Administrateurs de Pro Bono Labnous avons souhaité la mise en place d’une véritable stratégie de rayonnement international du Lab, dans la continuité du travail de nos cofondateurs en la matière. Pro Bono Lab figure parmi les intermédiaires les plus en pointe dans le monde, nous devons en être fier. Nous devons prendre nos responsabilités du fait de ce statut. Notamment pour coordonner, comme nous l’avons fait en 2019, de nouveaux grands programmes d’engagement internationaux.  

Pour asseoir nos fondamentaux, c’est également le continent européen que nous devons mieux couvrir. A cette échelle, Pro Bono Lab a la capacité de diffuser ses grands programmes d’intérêt général, sa vocation d’opérateur social, et de fédérer les acteurs en présence autour d’une véritable politique européenne du pro bonoC’est ce challenge que Sylvain Reymond a choisi de confier à l’une de nos directrices : Ségolène Bunel, actuellement directrice de notre antenne Hauts-de-France, prend dès aujourd’hui la tête de la direction des affaires internationales de Pro Bono Lab pour œuvrer en ce sens. 

 Au niveau national, cette année nous réserve également de belles perspectives.  

Dans la continuité des engagements que nous avions pris il y a un an quasiment jour pour jour auprès du Secrétaire d’Etat, Gabriel Attal, lors de sa visite chez Pro Bono Labnous continuerons à démocratiser le pro bono de toutes les organisations 

Des PME/ETI bien sûr, parce que le mécénat, ce n’est pas qu’une histoire de grandes entreprises. L’équipe a d’ailleurs déjà travaillé sur un programme dédié à ces acteurs et les premières actions ont été menées en fin d’année dernière. 

Mais également le pro bono des agents du service public, qui devrait être rendu possible dès 2020 par le Gouvernement. Nous y avons beaucoup travaillé. Nous nous tenons prêts à accompagner les acteurs publics en conséquence. Nos antennes sont prêtes et ont aussi été positionnée au cœur des territoires pour cela. Une étude en cours sur le pro bono des agents du service public et leurs attentes en matière d’engagement sera d’ailleurs présentée prochainement. Oui, le pro bono sera dans les années qui viennent un véritable levier de réhabilitation des compétences de ces agents du service public, essentiel au bien public. Et les compétences de ces agents, un nouveau vivier pour chaque structure à finalité sociale en quête de ressources humaines. 

L’année 2020 sera une étape également d’un point de vue technologique pour le Lab. En interne comme en externe, tous les supports digitaux aujourd’hui déployés sont en cours de refonte. Dont un nouveau site internet, destiné à devenir la “marketplace” du pro bono, qui proposera à chacune de nos communautés, de partenaires, d’associations et de volontaires une expérience renouvelée. En 2020 et durant plusieurs années, nos investissements dans la Tech se poursuivront pour démultiplier l’impact de notre accompagnement humain. Et je tiens à réaffirmer cette conviction : ces outils digitaux ne doivent en aucun cas se substituer au travail des intermédiaires, des accompagnateurs. Mais bien faciliter ce travail, l’optimiser. C’est pour cela que le Lab dévoilera progressivement de nombreuses nouvelles fonctionnalités innovantes, en priorité pour les structures à finalité sociale qui cherchent à définir leurs besoins en compétences et pour animer notre communauté de volontaires. Pour cela, nous officialiserons des partenariats forts avec les acteurs du secteur déjà existants. Ces nouveaux produits digitaux s’inscriront en complémentarité avec les solutions existantes, jamais en concurrence. Y compris vis-à-vis de la méta plateforme publique de la Réserve Civique, dont le développement est porté par notre cofondateur, Yoann Kassi-Vivier et dont nous avons encouragé le déploiement dans le cadre du Manifeste. 

Chers amis et partenaires, j’espère que 2020 sera synonyme de collaborations nouvelles ou renforcées entre Pro Bono Lab et chacun/chacune d’entre vous pour qu’ensemble nous allions encore plus loin dans la démocratisation du pro bono et l’apport de solutions et de compétences aux causes sociétales. 

Je me réjouis de nos prochains échanges riches, débats vifs et moments partagés. Je mesure ma chance et celle de Pro Bono Lab d’être entourée de personnes clés, expertes et profondément humaines.  

Puisse 2020 vous apporter toujours plus d’envie de porter haut et fort notre credo que “toute compétence est un bien public”. 

A toutes et tous, je vous souhaite une merveilleuse, heureuse, enthousiasmante année 2020 ! 

De gauche à droite : Céline Laurichesse, Christophe Itier et Sarah El Hairy.

Auteure : Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab
▷ Source : discours prononcé lors de la Soirée Annuelle de Pro Bono Lab, le mardi 28 janvier 2020 à la Fabrique de la Solidarité
▷ Crédit photo : Victorine Alisse