Replay du second épisode d’Impact & Co avec :
Pascal Demurger, Directeur Général du Groupe MAIF
Nicolas Chabanne, co-fondateur de « C’est Qui le Patron ?! » la marque du consommateur

une émission présentée par Cyrielle Hariel
réalisée dans le cadre de la Coalition « 10% pour tout changer », en partenariat avec le French Impact et Pro Bono Lab.

Pascal Demurger [extraits]

« Pour moi il était hors de question que mon entreprise puisse s’enrichir à la faveur de la crise. Plus de 100M d’euros d’économies réalisées sur les accidents de voitures ont été reversés à nos sociétaires, qu’ils peuvent d’ailleurs reverser à différentes causes identifiées en lien avec la crise.

En interne, la priorité était la protection des collaborateurs. La protection de leur santé, la protection financière. 100% des salaires seront assurés, ceci jusqu’à la fin du confinement, quelle que soit la situation du collaborateur. Nous avons décidé de ne pas avoir recours au dispositif de chômage partiel proposé par le gouvernement, même si nous sommes éligibles. J’estime que nous ne sommes pas prioritaires et préfère laisser l’accès à ce dispositif aux entreprises qui en ont réellement besoin et qui, sans ça, seraient obligées de licencier. Ce n’est pas notre cas.

Nous essayons d’une manière générale de faciliter la vie de ceux qui sont au front, en première ligne, notamment le personnel soignant. Nous élargissons les garanties de leurs contrats, mais aussi les horaires pour qu’ils puissent nous joindre en fonction de leurs disponibilités. Nous multiplions les gestes, comme par exemple le don de masques que nous avions à disposition.

Je pense que le secteur est au rendez-vous.

Beaucoup de choses vont changer. Demain ne sera pas comme hier. Nous sommes en train de réfléchir à l’après-11 mai. La crise continuera d’être là. Nous avons vu des process se mettre en place, des alternatives qui sont parfois extrêmement pertinentes. Nous devrons en tirer des leçons. 

Nous sommes une entreprise à mission, avec la volonté d’un engagement fort au service de la société. Je crois que la crise a bien révélé de manière encore plus éclatante les faiblesses de notre système actuel et la nécessité d’aller encore plus loin, plus vite dans la transition. »

 

Nicolas Chabanne [extraits]

« Par rapport au succès de la marque du consommateur : on est sortis d’un monde qui était piloté par quelques-uns pour rentrer dans l’ère du « bon sens collectif ». Il y a beaucoup de bienveillance, chez tout le monde. Ce succès, on le rattache souvent à nous, co-fondateurs et à la marque. Mais nous ne sommes rien à côté de ce que c’est devenu.

Quand on a vu ces chiffres de vente, avec 200 0000 euros de gains supplémentaires liés à cette crise terrible, on s’est dit naturellement que ce n’était pas possible de garder cet argent, qu’il fallait le reverser à ceux qui en ont besoin. Il provient d’une crise globale, nous sommes tous impliqués, il faut qu’on soit solidaires ! On a consulté l’ensemble des sociétaires sur cette question, qui a répondu oui massivement (97,8%). […] Il y a des drames tous les jours en France, il est de notre responsabilité de considérer ça.

Il est l’heure je pense de reconnecter les consommateurs avec les fabricants dans cette part d’action et de responsabilité. Par ailleurs, ce fonds de solidarité des consommateurs et des citoyens est indépendant. Ce sont des consommateurs qui se rassemblent pour identifier en France les gens en difficulté, s’assurer que les aides sont bien parvenues jusqu’à eux… On est dans une proximité, une transparence, une traçabilité directes. « C’est qui le patron ?! » y participe, mais bien d’autres peuvent le faire !

Consommateurs, citoyens, on a une énergie phénoménale, qu’on n’a pas forcément utilisée jusque-là. Mais si les choses sont claires, qu’elles ont du sens, qu’elles aident des gens, on est prêts à faire plein de choses.

Manger local a tellement de vertus. Encore une fois, on rentre dans l’ère du bon sens collectif, de l’évidence. Il y a une crise, nous avons besoin de points d’appuis concrets, qui ne soient pas des visions marketing.

On a besoin des producteurs. Si on veut que ce soit eux qui nous nourrissent et pas des gens à l’autre bout du monde, sans savoir comment sont faits les produits, il faut qu’on les protège. Ces gens qui sont si importants pour nous, sont souvent dans des situations dramatiques tout en travaillant 7j/7. Le bon sens va imposer le fait de protéger cette famille de producteurs et d’agriculteurs, parce que c’est juste normal.

Quand la crise s’est déclenchée, les producteurs laitiers qui subissent moins la crise se sont immédiatement mobilisés pour aider d’autres producteurs plus impactés. Si eux, producteurs qui ne roulent pas sur l’or, sont capables d’aller aides des personnes en difficulté, tout le monde peut, tout le monde doit le faire.

Demain ne sera plus possible pour des fabricants, des marques refermées sur elles-mêmes. Il faut agir à une autre échelle que sa propre échelle. »