Rencontre avec Marielle, permanente à la Base, pour découvrir ce lieu de l’engagement parisien qui accueille aujourd’hui dix organisations en lutte pour une justice sociale et climatique.

© Crédit photo Chris Charousset

La Base : une porte d’entrée pour l’engagement

Accueillir de manière décomplexée toutes les personnes qui veulent s’engager à travers des moments conviviaux, informels  

La Base est avant tout un lieu de rencontre qui permet d’accueillir de manière décomplexée toutes les personnes qui souhaitent s’engager. Avant même l’ouverture, les premiers bénévoles se sont retrouvés pour faire les travaux. Rien de mieux pour créer du lien ! 

“Entre la signature du bail le 15 février 2019 et l’ouverture le 1er mars, il y avait quinze jours pour mettre en place le lieu : faire de la peinture, récupérer des meubles, etc. Cela a créé une équipe soudée de personnes […] beaucoup sont restés à la suite de cela et se sont engagés d’abord à la Base et certains ensuite dans d’autres organisations.” 

Le bar associatif participe aussi à cet investissement de façon avant tout conviviale. Ce sont des bénévoles qui le tiennent et se relaient, ce qui leur permet de rencontrer à la fois les organisations présentes, mais aussi des personnes qui souhaitent elles-aussi franchir le pas de l’engagement. Un lieu accessible, simple, qui permet de s’imprégner de l’ambiance et créer les premiers liens.  

L’importance du lieu comme espace de rencontre, de proximité pour capter un nouveau public …

 Durant la journée, c’est aussi un lieu qui vit, puisque “beaucoup d’ateliers ont eu lieu ici, de nombreux bénévoles viennent travailler au quotidien toute la journée, avec un espace de réunion qui est ouvert.”  

Ce lieu attire des publics divers, entre les travailleurs de la journée, mais aussi les voisins qui viennent découvrir un espace de rencontre. En plus du bar, la Base organise de nombreux événements, avec une programmation éclectique, faite de conférences, d’ateliers, de projections ouvertes à tous. 

« Il y a des personnes qui nous rejoignent parce qu’elles habitent à côté et cela les motive pour franchir la porte. De même, le côté éphémère peut motiver certaines personnes, car c’est maintenant qu’il faut venir : dans un an le lieu sera peut-être fermé ! » 

…mais aussi pour s’organiser et créer des espaces communs

Et ce n’est pas pour rien que les équipes parlent d’un QG de l’engagement : la Base, c’est aussi le lieu au cœur des mobilisations. Les équipes des différentes organisations peuvent ainsi s’organiser en amont, préparer les événements, et servir de base arrière durant les manifestations diverses, voire de lieu de convivialité ensuite, pour que les bénévoles puissent échanger. 

« Avoir un lieu commun a facilité l’organisation de certains événements, notamment sur l’organisation d’ateliers, de réunions, un espace de travail pour les bénévoles. C’est un point de ralliement durant la préparation, et lors des mobilisations, les équipes de communication sont à la Base. » 

Un lieu de rencontres et de connexions 

Ce lieu de rencontres se veut comme facilitateur et permet la mise en relation à toutes les échelles. « l, cependant l’idée n’est pas que les gens s’engagent forcément à la Base mais qu’ils s’engagent d’une façon générale, même au sein des organisations de la Base ou extérieures. » C’est aussi un endroit où l’on discute de l’engagement, sous toutes ses formes, avec des soirées débat sur l’effondrement, sur la sensibilisation, l’écoféminisme et autres. 

 

 

Émulation collective et partage de compétences

Toutes les compétences sont les bienvenues :  

Cependant, la majorité des bénévoles sont des primo-engagés (personnes s’engageant pour la première fois). Et c’est cette rencontre entre des milieux divers, militants ou non, qui permet d’enrichir la vision de chacun. 

Même si le projet est initialement porté par des personnes déjà engagées, les bénévoles qui viennent, eux, cherchent à s’engager pour la première fois et la Base leur permet d’avoir un point précis et concret pour ce premier engagement. » 

Pour s’engager, la qualité première est la motivation rappelle Marielle : “Il y a une place pour toutes et tous. Il y a besoin de compétences, mais les gens se forment aussi petit à petit, que ce soit sur la communication, la logistique, faire des banderoles, gérer des tableaux Excel, s’organiser, faire des réunions….” Quelques soient ses compétences, l’important est donc d’avoir envie de les mettre au service d’un mouvement, d’être volontaire (dans tous les sens du terme !). 

Des initiatives spontanées  :

Au-delà des outils mis en places, des espaces de réunions etc… les bénévoles eux-mêmes peuvent être force de proposition pour développer les activités de la Base et partager des compétences « Il y a aussi un groupe spontané qui s’est créé : « la Base de la solidarité ». Pour l’instant, les structures présentes s’investissent beaucoup sur la justice climatique, mais il y encore du travail à faire sur la justice sociale. Ce groupe-là s’est constitué en faisant des maraudes, en organisant de la récupération alimentaire, en créant une boîte à dons et bientôt un frigo solidaire. 

Des projets à développer pour organiser le partage de compétences  :

Reste que la principale force de la Base est le nombre de personnes prêtes à s’engager (plus de 700 ont déjà rempli le formulaire et le lieu compte plus de 5000 adhérents, dont certains ont participé à la campagne de crowdfunding qui a permis de louer l’espace). Ainsi, de nouveaux outils sont envisagés par les équipes, avec notamment la mise en place prochaine d’un mur de l’engagement. “L’idée est qu’il y ait, à même le mur, un calendrier des mobilisations et des programmations de la Base ce qui permet d’avoir une vue globale de ce qui va arriver et de permettre à des organisations hors Base d’ajouter leurs événements. Et surtout, un espace « Je recherche » et « J’offre » sera créé avec d’un côté les appels à bénévoles pour organiser tel événement, pour obtenir telle compétence ou matériel, et de l’autre des offres comme « j’offre du temps », « je sais faire de la communication », etc. 

Cela permettra aux bénévoles de proposer directement leurs compétences, répondre aussi au mieux aux besoins des organisations, pour faire avancer les nombreux projets portés, et notamment les mobilisations de septembre avec les mouvements de la jeunesse et les grèves du climat. 

 

© Crédit photo Chloé Pumani

La Base est un QG de la mobilisation citoyenne sur la justice sociale et climatique. Ce lieu éphémère est ouvert depuis le 1er mars 2019 pour une durée de treize mois. 

La Base a été fondée par 10 organisations : Alternatiba, Action Climat Paris, le Consulat, Le Mouvement, FAIR[e] un monde équitable, Mouvement Utopia, Nature Rights, Notre Affaire à Tous, Partager c’est sympa, 350.org. 

Ce lieu a plusieurs objectifs :  

  • Être une porte d’entrée vers l’engagement auprès des citoyens et des citoyennes. Il est notamment composé d’un bar associatif. Cela permet de venir simplement pour boire des verres, mais aussi de venir voir des conférences, des ateliers, des projections de films, d’autres types d’événements qu’ils soient organisés par des organisations de la Base, la Base elle-même ou des organisations extérieures. 
  • Être un appui logistique à la mobilisation en étant un lieu, avec notamment des salles de réunion, un espace de travail, des bureaux et un espace de coworking. Les salles de réunion sont utilisées par les organisations présentes, mais elles sont aussi ouvertes à d’autres organisations, que ce soient des associations ou des entreprises. Pour les premières, c’est à prix libre donc accessible à toutes, pour les entreprises, c’est à prix fixe ce qui permet de financer le lieu. Les organisations doivent respecter certains critères, définis par ce que la Base refuse : il ne faut pas que ce soient des structures dépendantes de certaines entreprises climaticides, liées aux OGM, etc.  
  • Être une synergie entre les organisations, à la fois les organisations de la Base ou d’autres, en étant un lieu où les gens travaillent ensemble de façon directe ou indirecte. Le bar qui est ouvert en journée est un vrai espace de travail, et c’est une occasion de se connaître personnellement. La Base incite les personnes organisatrices d’événements à les faire de façon commune pour qu’il y ait des rencontres entre elles, et pour que le public puisse avoir des avis différents et complémentaires sur certains sujets.