Réduire le chômage des jeunes en Europe ? Recréer du lien entre les mondes académiques, privés et publics ? Ce sont les objectifs du programme européen Beese, lancé en septembre 2018 et soutenu par Erasmus +.

Un programme lancé dans 5 pays européens

Le 20 avril 2019, 9 étudiants bulgares se rassemblaient autour des ONG Générations Together, Factory for Ideas et Alzheimer Bulgaria Association pour améliorer leurs communication et marketing digital. Ils étaient entourés de 3 professionnels du secteur de la communication.

Le 24 avril, à Porto cette fois-ci, ce sont une dizaine d’étudiants, un avocat du cabinet Vieira de Almeida & Associados et deux enseignants d’une école de droit qui se sont regroupés pour travailler sur les problématiques économique et juridique de l’association Mundo a Sorrir.

Le 27 avril, à Paris, même expérience, rassemblant des étudiants de Sciences Po et des professionnels autour des associations EIAPIC et Plastic Odyssey.

Etudier, s’engager pour le bien public et côtoyer des professionnels, tout ça en même temps, est-ce donc possible ? C’est en tout cas le pari que fait le consortium – constitué de 5 universités, une association d’étudiants et 4 intermédiaires du pro bono (membres du Global Pro Bono Network) –  à la source du Beese project (Boosting Employability and Empowering Social Commitment through Pro Bono). Développé à l’échelle européenne, et soutenu par Erasmus +, ce programme se déploie dans 5 pays : la Bulgarie, la Hongrie, la France, l’Espagne et le Portugal.

L’objectif ? Utiliser le pro bono pour remédier au chômage des jeunes européens tout en leur donnant les moyens de s’engager pour le bien public.

Remédier au chômage par le pro bono, mais pas que

Selon Eurostat, en décembre 2018, le taux de chômage au sein de l’Union Européenne était de 6,6%. Ce chiffre est multiplié par deux chez les jeunes. Parallèlement, les organisations à finalité sociale ne font pas le poids dans la “course aux talents” menée actuellement : elles n’ont pas assez de ressources pour être compétitives face à des sociétés privées de plus en plus soucieuses du bien-être de leurs collaborateurs.

Pour remédier à cela, le Beese project propose aux étudiants de mettre leurs compétences au service d’organisations à finalité sociale lors de missions pro bono encadrées par des professionnels. Et l’impact est multiple. Pour les étudiants, qui consolident leurs compétences, en développent de nouvelles, et se créent un réseau, renforçant ainsi leur employabilité… et leur engagement – celui-ci est d’ailleurs reconnu puisque les missions réalisées sont traduites en crédit ECTS. Pour les structures à finalité sociale, qui ont accès à des compétences et des services en pro bono, gratuitement. Et pour les professionnels, qui peuvent mettre du sens dans leur travail et améliorer l’image (et l’attractivité) de leur société auprès de futurs jeunes talents.

Dans une société de plus en plus fragmentée, n’oublions pas l’un des enjeux essentiels de cette démarche : la création de lien social entre différentes tranches de la population.

L’objectif : que tous puissent s’emparer du sujet

Après une phase de recherche sur les motivations des étudiants qui voudraient s’engager au pro bono, lancée en septembre 2018, l’expérimentation est en pleine phase pilote : plusieurs programmes, et différentes méthodologies, sont développés dans chacun des établissements d’enseignement supérieur impliqués en Bulgarie, Hongrie, France, Espagne et Portugal.

Au terme de ce programme, en juillet 2021, des guides seront diffusés en open source à tous les établissements d’enseignement supérieur en Europe. Tous pourront ainsi, à leur tour, mettre en place des programmes de la sorte.

« Dans un monde aussi mouvant qu’aujourd’hui, le pro bono apparaît comme une évidence pour mettre ses connaissances théoriques en pratique et développer les compétences transversales qui permettront de s’adapter au monde de demain. D’ailleurs, certaines écoles l’ont très vite intégré à leur cursus en développant leur propre tissus associatif étudiant mais cela reste encore trop peu diffusé et valorisé. Je suis ravie que nous puissions mener cette expérimentation au niveau européen. » Marine Pichon, Responsable des Programmes et de l’Evaluation d’Impact, Pro Bono Lab.

▷ Source : pro-bono.co, mai 2018.
▷ Auteurs : Elsa Chaucesse, responsable communication et RP chez Pro Bono Lab

"Dans un monde aussi mouvant qu’aujourd’hui, le pro bono apparaît comme une évidence pour mettre ses connaissances théoriques en pratique et développer les compétences transversales qui permettront de s’adapter au monde de demain."

Marine Pichon, Responsable des Programmes et de l’Evaluation d’Impact, Pro Bono Lab