Retour sur le premier webinar du Club du pro bono ! Au programme, les fondamentaux de l'engagement par le partage de compétences avec les membres de l'équipe Pro Bono Lab ainsi que Manuel Pomardirecteur d’Unis-Cité Solidarité Entreprises. 

Retrouvez les prochains webinaires du Club du pro bono

Un retour aux fondamentaux pour le lancement de ce cycle de webinaires du Club du pro bono ouvert au-delà de sa communauté de membres.  

Passage obligéle rappel de définitions : le bénévolat de compétences s’effectue sur le temps personnelle mécénat de compétences sur celui professionnel tandis que le terme pro bono regroupe indifféremment les deux. Ces différents partages de compétences partagent une même finalité : répondre aux besoins des structures à finalité sociale 

Rappelant la variété d’études menées par Pro Bono LabAnaïs Vincent-Luce est revenue sur les principaux résultats du Panorama du pro bono en 2018-19 auprès des trois publics concernés par le pro bono : les structures à finalité socialeles volontaires et les entreprises 

82% des SFS ont un ou plusieurs besoins en compétences ;
86,5% d’entre elles pensent que l’accès aux compétences est l’une des principales forces du pro 
bono ;
85% des personnes qui s’engagent ou se sont engagés en pro 
bono disent utiliser des « soft skills »,
20% des entreprises mécènes en France proposent à leurs 
collaborateur.rices de mettre leurs compétences au service de causes d’intérêt général ; 61% des actifs français ont déjà fait du pro bono ou sont intéressés
. 

Pour toute démarche pro bono réussie en entreprise, il faut savoir porter les programmes d’engagement au cœur et au plus haut niveau, mobiliser largement au sein de l’entreprise et ancrer cette démarche au sein d’un écosystème.  

Manuel Pomar a rappelé le rôle d’Unis-Cité (« un hub de l’engagement ») son articulation avec Unis-Cité Solidarité Entreprises, sorte de « service civique pour les collaborateur.rices d’entreprise ». Son métier ? « Un métier d’artisan », celui d’accompagner les entreprises dans leur programme d’engagement de leurs collaborateur.rices avec la mise en place de journées solidaires. Cela passe par la détection des associations en fonction de l’entreprise, l’identification et sonder les besoins des associations afin d’imaginer une action faisable (« une promesse tenue ») en une journée. Chaque année, ce sont ainsi près de 15 à 20 000 collaborateurs mobilisés par an sur au moins une journée d’engagement, et ce, sur l’ensemble du territoire. Deux convictions fortes portées par Unis-Cité Solidarité Entreprises. La première est que ces journées d’engagements solidaires sont propices à générer le « déclic de l’engagement », un premier pas pour faire découvrir la réalité de l’engagement de façon simple, facile et accompagnée. Pour permettre ensuite aux volontaires de basculer sur des modalités d’engagement plus régulières et plus longues La seconde conviction est « le faire ensemble » sur le terrain qui permet de côtoyer la diversité et quigrâce aux émotions qu’il procurepemet de créer une envie, peut-être plus forte, que l’ «engagement derrière un écran » 

Pour Sylvain Reymond, « la meilleure manière de déclencher le déclic de l’engagement est d’avoir un programme d’engagement le plus complet possible proposant un maximum de formats » 

Depuis un plus d’un an, Unis-Cité Solidarité Entreprise porte le collectif « Pour des journées solidaires à impact » réunissant de manière paritaire des associations, intermédiaires et entreprises en charge de réfléchir à ce que l’utilité de ces actions soit toujours au cœur de la demande et de la réalisation de l’action de l’entreprise, en particulier pour les entreprises moins aguerries à cet exercice (plus petites et moyennes entreprises). L’un de ses premiers chantiers a consisté à l’élaboration d’un questionnaire en direction des entreprises « novices » dans ce type de démarche.  

Pour Sylvain Reymond, la question centrale est en effet celle d’ « impact» et comment des intermédiaires tels que Pro Bono Lab ou Unis-Cité Solidarité Entreprise en sont les garants pour les associations, tant sur des missions de terrain que sur des missions pro bono. Le rôle de ceux qui impulsent l’engagement au sein de leur entreprise est de « donner le goût de l’engagement » via les compétences de leurs équipes. Dans un parcours d’engagement des collaborateur.rices, le rôle des intermédiaires est aussi de pouvoir répondre à toutes les aspirations à l’engagement des collaborateurs, que ce soit du temps, de l’argent et/ou des compétences.  

Dans un contexte de multiplication des plateformes numériques et de risque de désintermédiation, le tiers de confiance humain et le présentiel (notamment via l’ancrage territorial) restent essentiels tant dans le diagnostic des besoins à un temps T que l’accompagnement sur mesure des structures à finalité sociale. Le parallèle avec les ressources humaines est parlant. S’il ne viendrait pas à l’esprit de ne pas rencontrer une nouvelle recrue, pour le pro bono c’est pareil. «  Le pro bono, le bénévolat de compétences, le mécénat de compétences, c’est une manière pour une association de se doter momentanément, via des missions très courtes ou très longues, d’une ressource supplémentaire » précise Sylvain Reymond.

Pour mesurer le suivi et le « déclic de l’engagement » dans la durée, il est important de sonder les collaborateur.rices (au moment où il.elles s’engagent puis 6 mois et un an après) et les associations (des collaborateur.rices sont-ils revenus dans l’association ? préparation d’une liste de besoins en bénévolat préparée par l’association le jour J). Sur l’évaluation de l’impact et de l’engagement, Pro Bono Lab évalue toutes ses missions via des questionnaires court et moyen-termes envoyés aux représentants associatifs ayant participé à la mission (bonne définition atteinte des objectifs de la mission, transmission des compétences auprès de l’association, rencontre des difficultés dans la mise en place des recommandations, nouveaux besoins en accompagnement par les compétences, etc. ) et aux volontaires (envie de réengagement des volontaires après la mission auprès de l’association accompagnée ou d’une autre, habitude d’engagement avant la mission, engagement après la mission, etc.). Il arrive de plus en plus aux intermédiaires du pro bono comme Pro Bono Lab de refuser certains partenariats ne s’inscrivant pas dans une réelle démarche d’accompagnement des associations (prismes principalement fiscal ou RH). Au niveau communicationnel, les témoignages des collaborateurs engagés et les réponses apportées à des besoins concrets associatifs jouent un rôle clé pour permettre au déclic de perdurer via par exemple la création et l’animation de communautés d’ambassadeurs en interne.  

Inscription aux prochains webinaires

▷ Source : pro-bono.co, avril 2020.
▷ Auteure : Dounia El Aflahi, chargée de prospective et de projets chez Pro Bono Lab