« Pro bono » est l’abréviation de l’expression latine pro bono publico, signifiant « pour le bien public ». Contrairement aux idées reçues, le pro bono n’est pas « un concept anglo-saxon apparu dans les années 70 » et ne se « limite pas au domaine juridique ». C’est dans la Grèce antique (les fonctionnaires de la cour fournissaient une aide à la représentation aux plus démunis), la Rome antique (les personnes vulnérables s’attachaient à des hommes de pouvoir qui leur fournissait l’aide juridique voulue en échange de divers services) et le Moyen Âge (la pratique pro bono apparaît alors sous une forme qui est nous est plus familière), qu’il puise en réalité ses origines. A partir des années 70, il connaît une phase de développement fulgurante, dans les pays anglo-saxons comme en Europe. Et si les avocats sont les premiers à s’en emparer, c’est bien son développement à toutes les autres professions (marketing, communication, stratégie, informatique et ressources humaines notamment) qui caractérise cette nouvelle phase de démocratisation de la pratique.

Depuis 2013, le Global Pro Bono Network porte le développement de cette pratique dans 30 pays du monde. Plus de 50 organisations, dont Pro Bono Lab, membre français de la Gouvernance du réseau, se fédèrent autour d’une seule et même définition du pro bono, celle qui fait foi dans le monde entier : l’engagement pro bono consiste à mettre gratuitement ses compétences au service d’une cause à finalité sociale (personnalité morale et/ou physique).

Naturellement, la France s’étant dotée en 2003 d’un dispositif fiscal en faveur du mécénat des entreprises parmi les plus généreux sur le plan international, la pratique du pro bono y intègre pleinement les dispositifs du mécénat de compétences comme du bénévolat de compétences. Et Pro Bono Lab porte depuis 2011, aux côtés d’Admical et des principaux acteurs de l’accompagnement (membres du G10 de l’accompagnement parmi lesquels la Fonda, Le RAMEAU, le Mouvement Associatif ou encore l’Avise), la démocratisation de ces dispositifs et le développement du pro bono dans l’hexagone. En 2019, fort de ce modèle unique au monde, Pro Bono Lab deviendra la structure hôte du Global Pro Bono Network, ce dernier lui reconnaissant un rôle et un cadre parmi les plus inspirants pour l’ensemble de ses intermédiaires. En 2020, le Sommet International du pro bono sera d’ailleurs organisé à Paris afin d’officialiser et d’asseoir la structuration du réseau en France, au sein même du Lab.

Le pro bono n’est donc pas un « concept » à opposer avec d’autres. Il n’est pas un dispositif de plus à ranger dans les cases de l’existant. C’est un modèle d’engagement citoyen à part entière permettant à chaque individu, chaque femme ou homme qui souhaite s’engager autrement que par un don financier (ou de manière complémentaire), chaque salarié, ou chaque entreprise à travers ses salariés, de s’engager pour le bien public. D’investir le vaste champ de la citoyenneté en transmettant ce qui fonde notre capital humain : nos compétences, nos connaissances. Car toute compétence qui n’est pas transmise est une compétence détruite pour notre société dans son ensemble. C’est aussi et surtout un modèle d’accompagnement à part entière, permettant à chaque structure à finalité sociale d’obtenir toutes les compétences dont elle a besoin pour se développer et générer le plus vaste impact social. Dans le contexte actuel et au sein d’une société fragmentée, le pro bono permet aussi et surtout de rétablir le dialogue entre des acteurs de cultures différentes, par le partage des savoir-faire, savoir-être et connaissances. D’innover collectivement. L’acte 2 du Manifeste de Pro Bono Lab, remis au Gouvernement en janvier dernier, ouvre les perspectives d’une nouvelle phase de développement du pro bono sans précédent en France et dans le monde à travers 20 propositions.

L’open source de l’engagement par le partage de compétences, pro-bono.co, propulsée par le Global Pro Bono Network et Pro Bono Lab en février 2019, est vouée à enrichir sans cesse ces propositions et à mettre en lumière les initiatives les plus innovantes en la matière.

En avril dernier, le Panorama du pro bono réalisé par Pro Bono Lab (avec l’Ifop, l’Admical et Le RAMEAU) permettait de (re)contextualiser le développement du pro bono en France. Ce « guide pratique de l’engagement par le partage de compétences » vous donne désormais toutes les définitions et bonnes pratiques qui vous permettront, à vous volontaires, entreprises et structures à finalité sociale, d’obtenir toutes les clefs de sa mise en oeuvre rapide et efficace. Bénévolat/mécénat de compétences, prêt de main d’oeuvre, etc., emparez-vous de ce guide pratique pour démultiplier votre impact par le partage de compétences ! En 2020, l’ensemble de ces bonnes pratiques seront déclinées à travers un MOOC, en open source, sur pro-bono.co. C’est ainsi que nous démocratiserons la pratique du pro bono, du bénévolat et du mécénat de compétences. C’est ainsi que nous parviendrons, au-delà des clivages et des conceptions arrêtées sur le don de compétences, à diffuser ce projet de société et le message universel, intemporel et désormais porté dans le monde entier via le Global Pro Bono Network : que toute compétence doit être un bien public.

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▷ Auteur : Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab
▷ Sources : Guide pratique : le pro bono (pour tous) en pratique