ESS, pro bono et solidarité dans la Métropole Aix-Marseille-Provence : entretien avec Silvia BENEDETTI, Attachée de direction & Responsable RSE chez Provepharm

Suite à la publication officielle des résultats de son étude territoriale intitulée « Comment les entreprises s’engagent-elles en faveur du territoire Aix-Marseille-Provence ? », portant sur les pratiques de coopération entre les entreprises et les structures de l’ESS du territoire, Pro Bono Lab partage un entretien réalisé auprès d’un acteur de l’engagement citoyen et du bénévolat : Silvia BENEDETTI, Attachée de Direction & Responsable RSE chez Provepharm nous livre sa vision du pro bono sur le territoire.

Quelle est la politique d’engagement de l’organisation ? 
Nous menons des actions depuis longtemps et nous avons formalisé une politique RSE en 2011. La RSE est Intégrée chez nous. C’est même devenu un critère de recrutement. Nous sommes attentifs aux candidats qui ont un engagement à titre personnel. Nous menons des actions sociales, environnementales (notamment sur la réduction des déchets) et en lien avec le domaine de la santé.

Quelles sont les actions menées par l’entreprise en faveur de (ou avec) des structures à finalité sociale ?                                                                                                                         Nous travaillons avec Emergences (PLIE Marseille Provence Centre) et l’association Nos Quartiers ont des Talents pour le parrainage de personnes éloignées de l’emploi et l’accompagnement de jeunes diplômés issus de territoires défavorisés. Nous avons cinq salariés actuellement engagés comme parrains sur ces deux actions. Par ailleurs nous avons participé à la Course du Don en 2019. 24 salariés se sont inscrits comme coureurs. Nous avions passé un partenariat avec notre banque pour abonder chaque kilomètre parcouru. Cette initiative nous a permis de collecter une somme de 9 000€ pour l’association HOPE Project qui agit pour améliorer les conditions d’accueil des enfants malades à l’Hôpital de la Timone.

Enfin un axe important de notre politique RSE et de faire découvrir le secteur de l’industrie pharmaceutique et faire connaître nos métiers à des collégiens issus de zone d’éducation prioritaire. Nous avons récemment organisé un forum des métiers et nous recevons régulièrement des stagiaires de 3eme.

Quelles sont les actions d’engagement citoyen menées avec les collaborateurs ?
En plus du parrainage et des actions solidaires comme la Course du Don, nous organisons chaque année dans le cadre de nos actions environnementales une Green Week. Il s’agit d’une semaine de sensibilisation visant à interpeller nos collaborateurs sur les éco-gestes en entreprise. Cet événement nous permet de communiquer, en interne, sur notre politique de réduction des déchets et notre objectif zéro plastique ; un des prochains objectifs sera d’étendre cette démarche à nos parties prenantes. Nous réfléchissons à d’autres manières d’encourager l’implication de nos salariés.

Dernièrement, la Course du Don a été l’événement le plus fédérateur. Si le projet a été impulsé par l’entreprise ça s’est très vite étendu. Les salariés sont venus en famille. Ils se sont impliqués sur leur temps personnel, le week-end. Des collaboratrices sont venues spontanément animer le stand de l’association Hope Project. C’est presque devenu un événement familial. L’engouement a été si fort que nous renouvelons l’action en 2020.

Quelles sont les motivations et les avantages à pratiquer du mécénat de    compétences ?
Aujourd’hui quand on passe des entretiens de recrutement vient toujours le moment où c’est à l’entreprise de se vendre. Les candidats ont changé. On a en face de nous une génération de plus en plus engagée à titre personnel. Les gens nous demandent d’exposer très concrètement nos engagements en matière de RSE. Ils nous interrogent sur ce que nous mettons en place en termes de qualité de vie au travail. Dernièrement on a même eu une candidate qui nous a demandé si elle pouvait travailler quatre jours chez nous et une journée par semaine dans une association. Même nos actionnaires nous réclament des audits sur nos engagements RSE. On a changé d’époque !

Quels sont les freins rencontrés dans la mise en oeuvre du pro bono ?
Je n’ai rencontré aucun obstacle. Chaque fois que je diffuse des appels à volontaires les salariés répondent présents. Nos engagements en matière sont portés par le PDG. Ce que nous mettons en œuvre est valoriser tous les ans auprès du Conseil d’Administration.

Quelle est votre perception du territoire de la Métropole Aix Marseille Provence ?
Notre territoire à une grande force c’est la mixité. On a été plusieurs fois scotchés par des remarques et la pertinence de collégiens issus de quartiers défavorisés. On a des pépites sur notre territoire ! Il ne faut pas avoir peur d’aller les chercher notamment dans les quartiers prioritaires. Il faut qu’on valorise davantage notre territoire en particulier dans les médias. Même si le Marseille bashing s’est un peu calmé on a encore plein de choses à mettre en valeur. Nous avons plein de trésors cachés. Pour les révéler il faut favoriser la mixité et l’entrepreneuriat. Il y a plein de gens qui veulent monter des projets. Nous sommes sur un territoire dynamique ! Enfin, dans le domaine de santé, il faudrait mettre des moyens pour améliorer l’état des hôpitaux.

Quelle est votre perception des collaborations entreprises/ structures de l’économie sociale et solidaire ?
Aujourd’hui c’est primordial de coopérer avec des associations. L’entreprise est centrée sur son business. C’est grâce aux associations que nous apprenons à mieux connaître et comprendre les besoins du territoire car elles sont sur le terrain, au contact des personnes. Les associations nous aident à comprendre les besoins du territoire et du coup à structurer une politique RSE pertinente. Il ne faut pas avoir peur ! Ça ne prend pas tant de temps que cela et le retour sur investissement est énorme. On développe des relations humaines très enrichissantes. Ça ouvre d’autres horizons ; on rencontre des personnes qui ont parfois des difficultés énormes. Ça permet de garder les pieds sur terre, de relativiser et d’apprécier ce qu’on a dans l’entreprise. Et puis il y a la satisfaction personnelle quand une personne arrive, après un parrainage, a décroché un emploi.

CONSULTER L'ÉTUDE TERRITORIALE Aix-Marseille-Provence - VERSION COMPLÈTE

▷ Source : pro-bono.co, juin 2020.
▷ Auteur : Pro Bono Lab