Retour sur l’une des propositions de notre Manifeste pour le développement du pro bono en France et dans le monde.

Dans une tribune publiée dans le Monde le 7 mai dernier, Thibaut Guilluy et Stéphanie Goujon, respectivement Président et Directrice générale du French Impact, proposent de mettre en place une « mobilité formatrice » entre hauts fonctionnaires et entrepreneurs de l’ESS (économie sociale et solidaire).

Au moment où la cohésion sociale s’effrite et où la défiance envers les élites atteint des seuils critiques dans notre pays, cette mobilité permettrait à « différentes réalités » de travailler ensemble. Par l’instauration de va et vient dès les parcours de formation des écoles de la fonction publique, puis de missions de terrain régulières auprès de structures à finalité sociale.

Un exemple d’enrichissement mutuel cité est celui de la coopération entre Emmaüs Connect – association accompagnée par Pro Bono Lab – et la Direction générale des finances publiques, et dont l’objectif est  de mieux accompagner les citoyens dans leurs démarches en ligne.

Chez Pro Bono Lab, nous partageons et saluons cette idée, celle que le processus d’innovation sociale et la co-construction de solutions répondant au mieux aux attentes de la société se nourrissent mutuellement.

Nous proposons et travaillons pour aller même plus loin. Dans la pratique du pro bono, les acteurs publics (Etat, administrations, établissements publics, collectivités territoriales…) et leurs agents se situent des deux côtés de l’équation. Ils se retrouvent à la fois bénéficiaires par l’engagement civique de volontaires qui, tout en portant l’idéal d’administrés, prennent part à la réalisation d’une action publique. Parallèlement, ils jouent le rôle de structures employeuses dont les agents ont la possibilité de s’engager par le partage de leurs compétences, particulièrement adaptées et structurantes pour les structures à finalité sociale.

Pour nous, le pro bono revêt ainsi une double opportunité de co-développement et d’innovation sociale pour les acteurs publics et leurs agents. IIs peuvent se doter en compétences sur des projets de politiques publiques face à la baisse des dotations étatiques et de l’autre développer les ressources humaines des agents, valorisant ainsi les compétences de femmes et d’hommes ayant déjà fait le choix de l’intérêt général.

Cet engagement, Pro Bono Lab le porte dans le cadre de ses différentes missions. En Conseil et Formation en accompagnant des acteurs publics dans la structuration de programmes de mobilisation de leurs agents ou dans l’encadrement de Missions Probono. La trajectoire de notre partenariat avec l’établissement public Paris la Défense en est une bonne illustration. Depuis 2015, leur soutien a évolué, passant d’un mécénat financier et de dons en nature à une mobilisation de ses agents en pro bono, notamment dans le cadre de la Probono Factory à la Défense. Au sein de notre Club de prospective qui rassemble les acteurs pionniers en matière de pro bono, dont les établissements publics engagés, et offre un cadre propice à une réflexion stratégique et globale sur les perspectives d’engagement par le partage de compétences pour/par les acteurs publics. Avec nos Grands programmes via la Probono Factory justement, Fabrique du bien public par et pour les territoires, qui permet chaque année sur chacune de nos régions d’ancrage d’orchestrer des mobilisations de grande envergure par ce partage, autour de grandes causes sociétales comme “lever les freins à l’emploi”, avec des acteurs publics locaux et régionaux. Sans oublier nos actions de média et plaidoyer avec la remise en janvier dernier de 20 propositions concrètes pour le développement du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences) en France et dans le monde à Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse lors de sa visite officielle dans nos locaux.

L’une de ces propositions s’attache justement à expliciter la façon dont pourrait se développer et mettre en place le pro bono auprès des « acteurs qui font le bien public » (proposition 10 du Manifeste). La prochaine Pro Bono Week, semaine internationale du bénévolat/mécénat de compétences qui se tiendra en octobre prochain, sera l’occasion de faire le point avec nos partenaires français et internationaux.  

Recréer du lien entre les citoyens et la puissance publique par l’action et la transmission de compétences est l’un des bénéfices les plus salutaires du pro bono pour et par les acteurs publics. Au Lab, nous en sommes pleinement convaincus !

▷ Auteur : Dounia El Aflahi, Chargée de Prospective chez Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co