Le Global Pro Bono Network s’est réuni les 7, 8 et 9 mai derniers lors du Global Pro Bono Summit à New-York : 3 jours pour penser l’avenir du réseau … et surtout du pro bono !

Le Global Pro Bono Network (GPBN), créé en 2013 par Taproot Foundation et BMW Foundation est un réseau international dédié au pro bono. Tous les ans, il se rassemble à l’occasion de sommets régionaux (européen, sud-américain, asiatique…) mais aussi internationaux ! En mai dernier, c’est à New-York que les 48 organisations membres du réseau (réparties dans une trentaine de pays) se sont rassemblées, aux côtés de dizaines d’entreprises et intermédiaires du pro bono américains. Dieynaba, Directrice des Opérations et de l’Accompagnement de Pro Bono Lab, et Marie, Directrice de la Prospective et des Partenariats, vous proposent de revivre les temps-forts de ce sommet unique en son genre.

Jour 1 : un mouvement collaboratif

La première journée du sommet international est réservée au réseau du GPBN : un temps d’échange précieux et fédérateur qui permet à chacun autour de la table de partager ses expériences.

La discussion entre les membres du réseau est animée et les idées ne manquent pas ! Renforcer le réseau, créer des connexions internationales, développer des partenariats et renforcer les dynamiques d’innovation… Les sujets à aborder sont nombreux. Et ils permettent de mettre en lumière certaines belles réussites au sein du réseau. 

Prenons l’exemple du projet européen Beese, dont l’objectif est de booster l’employabilité des étudiants et de rendre possible leur engagement social dans des parcours universitaires grâce au pro bono. Mené conjointement par plusieurs membres européens du GPBN – Work for social, önkentés, TimeHeroes et Pro Bono Lab -, en partenariat avec des universités et grandes écoles à Madrid, Porto, Budapest et Paris, le projet est un bel exemple innovant de coopération…

Et c’est justement sur ce sujet que Leonardo Maldonado, entrepreneur social et Directeur exécutif de Ciuadades+B continue la journée. Raison, affect, volonté d’agir… quelle est la source de l’engagement de chacun ? C’est autour du concept de radical collaboration que Leonardo a engagé les membres du GPBN à partager leurs challenges, leurs besoins et ce qu’ils peuvent offrir. L’objectif : identifier des pistes concrètes et immédiates de collaboration.

Jour 2 … au coeur des enjeux de demain !

La deuxième journée rassemble de nouveau les membres du GPBN, mais également des entreprises et intermédiaires américains du pro bono. Des formats variés, alternants interventions d’experts et discussions en petits groupes, permettent à tous les participants d’en apprendre davantage sur les pratiques du pro bono et surtout de partager leurs expériences et ambitions concernant la pratique. Marie et Dieynaba reviennent sur deux interventions qui les ont particulièrement marquées.

• Quel lien entre le pro bono et les Objectifs de Développement Durable (ODD) ?

Cette question était au coeur de l’intervention d’Impact2030. Les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus amenées à construire des politiques d’engagement citoyen concrètes, répondant à certains grands enjeux environnementaux. Dans ce contexte, le cadre des ODD peut être un véritable repère.

Ça a été le cas pour Hemang Desai, qui a développé au sein de SAP un programme d’engagement par le partage de compétences (Social Sabbatical Portfolio) s’articulant pleinement avec les ODD du groupe, en termes d’industrie(s), d’infrastructure(s), d’innovation, etc.

Une attention toute particulière a également été portée aux logiques partenariales, faisant écho à l’Objectif 17 des ODD décrétés par l’ONU : « Des partenariats efficaces entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile sont nécessaires pour un programme de développement durable réussi. Ces partenariats inclusifs construits sur des principes et des valeurs, une vision commune et des objectifs communs qui placent les peuples et la planète au centre, sont nécessaires au niveau mondial, régional, national et local. » (Source : https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/). L’occasion pour les entreprises américaines d’évoquer et d’expliquer les nombreux partenariats qu’elles nouent avec les structures associatives et publiques, via des programmes de pro bono !

• Le pro bono a-t-il un rôle à jouer dans la construction du travail de demain ?

Comment peut-il garantir une meilleure ouverture ? Une plus grande diversité ? Une véritable justice sociale ?

Sur la base de cas concrets et témoignages, Deloitte, Realized Worth et JFFLabs ont apporté un éclairage sur le potentiel du pro bono. Anna Schmidt, en charge du pro bono chez Deloitte, a notamment expliqué comment son engagement auprès d’une association de réinsertion de personnes détenues lui avait fait adapter son processus de recrutement : elle a cessé de vérifier si les personnes avaient préalablement été incarcérées. Le partage de compétences permet ainsi l’ouverture à d’autres mondes, à d’autres réalités, et peut engendrer une réelle prise de conscience de la richesse qu’apporte la diversité. C’est à dire qu’au-delà des bénéfices connus et reconnus pour l’entreprise et pour la société, le pro bono est donc un formidable outil de disruption des pratiques au sein-même des organisations !

Jour 3 : le pro bono en action !

Toujours en présence des membres du GPBN, des entreprises et intermédiaires américains, cette journée a été placée sous le signe de l’action. Autour de formations au pro bono, entre partage d’expériences et de bonnes pratiques, plusieurs sujets ont émergés.

Notamment le rôle du pro bono face à des défis multiples : catastrophes naturelles, pauvreté dans les rues new-yorkaises… Pour les entreprises américaines engagées, comme pour les associations qui bénéficient d’un accompagnement en pro bono, les expériences sont riches d’enseignement et de temps de partage, essentiels.

Et les participants se sont interrogés sur leur impact : comment le maximiser pour être à la hauteur de ces défis ? La question du changement d’échelle et l’implication des équipes des Ressources Humaines et de la RSE sont aujourd’hui déterminants. Un challenge qui anime tous les membres du GPBN et qui doit répondre à la fois à la nécessité et au désir croissant d’engagement en pro bono, dans tous les territoires de manière locale, nationale et internationale !

Pour retrouver plus d’informations et de contenus sur ce sommet, n’hésitez pas à consulter le site du GPBS et le blog de Taproot Foundation.

▷ Source : pro-bono.co (mai 2019)
▷ Auteur
s : Marie Jouhault, directrice de la Prospective et des Partenariats, et Dieynaba Sall, directrice des Opérations et de l’Accompagnement