La 16ème semaine dédiée à la Qualité de Vie au Travail (QVT) permet de collectivement nous interroger sur ce que recouvre la performance au travail et de partager de bonnes pratiques. L’occasion idéale de revenir sur l’événement de lancement du Festival des Vocations (30, 31 mai et 1er juin 2020) qui entend « réenchanter le travail par le talent ».

Le 28 mai dernier, dans l’amphithéâtre Abbé Grégoire du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM), a eu lieu l’événement de lancement du Festival des Vocations destiné à « réenchanter le travail par le talent » du 30 mai au 1er juin 2020 dans le village drômois de Mirmande.

Le Festival des vocations, un festival pour remettre le talent au centre du travail

Face à la profonde crise actuelle du travail (chômage, crise de sens, burn-out, pénuries de candidats dans les filières techniques…), le Festival des Vocations ambitionne de remettre au coeur des représentations le travail comme expression d’un talent, « action sur le monde » (construire, réparer, transmettre, réunir…) et intégration dans la société. Sa première édition sera dédiée au talent de « réparer ». Le talent, parce qu’il est transversal et multiple, permet de souligner les profondes similitudes entre différents métiers et de pulvériser les cases. Par exemple, le talent de « réparer » se retrouve aussi bien chez un plombier, une chirurgienne qu’une assistante sociale ! Cette transversalité sera au service d’une triple ambition : rendre sens au travail, revaloriser le travail manuel et technique, aujourd’hui déconsidéré, et faciliter l’orientation et la reconversion professionnelle.

Le travail d’aujourd’hui, ses enjeux de demain

La conférence et les tables rondes ont été l’occasion de dresser un rapide état des lieux du travail et de revenir sur certains enjeux cruciaux : la nécessité d’historiciser le propos, la difficile articulation entre l’autonomie et la créativité d’un côté et les contraintes de l’autre, la question des représentations et de la formation, l’hypervalorisation du diplôme en France, les pressions relationnelles, les émotions ou le pouvoir en entreprises qui restent tabous et peu théorisés.

La binarité du système scolaire français alimente la soi-disant impossible réconciliation entre l’intellectuel et le manuel […] Les jeunes Français ne s’orientent pas en fonction de leurs désirs mais en fonction de leur niveau scolaire. Ce qui explique en partie le phénomène croissant des reconversions. Laurence Decréau, Déléguée Générale du Festival des Vocations

La reconversion : question de bon sens ?

La Festival est porté par l’association Les Chemins du Faire qui réunit des femmes et des hommes au parcours transverses et atypiques, mus par la passion de la transmission : un néo-artisan, ancien cadre supérieur chez un grand groupe reconverti plombier à 40 ans, une ingénieure devenue romancière, un ex-patron d’entreprise de mécanique automobile devenu philosophe de renom, une inspectrice de lettres classiques reconvertie dans la fabrication de barbecues !

Le renforcement des logiques financières et virtuelles de l’entreprise m’a poussé à m’interroger sur le sens de mon métier. La reconversion dans un métier manuel répondait alors tant à ma quête de sens que d’une volonté d’indépendance, de pouvoir répondre de mes propres actes. Le métier de plombier allie justement manuel, réutilisation des sens et utilité sociale. Olivier Beurton, ancien cadre supérieur devenu plombier-chef d’entreprise

 

Appel aux soutiens et partenaires

Pour devenir une belle réalité à la Pentecôte 2020, le Festival des Vocations a besoin de financeurs, mécènes et partenaires. N’hésitez pas à contacter Laurence Decréau, déléguée générale du Festival des Vocations et l’association Les Chemins du Faire contact@vocationslefestival.com

La conférence de lancement « Comment, pourquoi réenchanter le travail aujourd’hui ? » était animé par Etienne Klein, philosophe des sciences, producteur de La Conversation scientifique (France Culture) en présence de Michel Lallement, titulaire de la chaire d’Analyse sociologique du travail, de l’emploi et des organisations du CNAM, de Laurence Decréau, professeure de Lettres et auteure d’essais sur la vocation et les reconversions, de Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre et consultant en entreprises, et de Thierry Weil, titulaire de la chaire Futurs de l’Industrie et du Travail de Mines ParisTech. Olivier Beurton, plombier-chef d’entreprise, ancien cadre supérieur, et Arthur Lochmann, charpentier, ex-étudiant en philosophie, ont apporté leurs témoignages de « reconvertis ».

A lire également : Travail manuel, arrêtons de le déconsidérer ! Une interview de Laurence Decréau pour Capital (15.05.19)

▷ Auteur : Dounia El Aflahi, Chargée de Prospective 
▷ Source : pro-bono.co, juin 2019
▷ Crédits photos : https://www.vocationslefestival.com