Retour sur le sommet européen du pro bono à Madrid, évènement riche et dense qui a aussi été l’occasion de mener la première Probono Expedition du Club de Prospective de Pro Bono Lab.

Après avoir été mis en place à Paris, par Pro Bono Lab, en 2016, puis à Budapest par Volunteering Hungary (ÖKA), en 2017, c’est à Madrid que le Sommet européen du pro bono a pris place, les 3, 4 et 5 octobre 2018. Il a été organisé par Hazloposible et Work For Social. Les intermédiaires européens du pro bono, membres du Global Pro Bono Network, s’y sont réunis pour réfléchir sur les grandes tendances du secteur au côté d’entreprises européennes et d’organisations de la société civile espagnole. Un premier temps de rencontre, au Caixa Forum, a permis aux membres du réseau de se retrouver avant les deux journées de conférences et d’ateliers. 

Le pro bono : élément de transformation positif de nos sociétés et entreprises (Jeudi 4 octobre 2018)

Accueilli dans les locaux de Bankinter, le Sommet a débuté sur le retour d’expérience de Teresa Coles qui a démontré le rôle bénéfique qu’avait pu jouer le pro bono dans l’entreprise Riggs Partners grâce au concept du « CreateAthon », un projet pro bono de 24 heures. Grâce à ce dernier, l’entreprise a pu offrir des services marketing à des associations de son territoire. Cela a eu pour conséquence de transformer en profondeur Riggs Partners dans la manière de travailler en mettant les valeurs fondamentales de l’entreprise au cœur dans la co-construction des projets, mais aussi dans la façon même d’interagir avec leurs clients. 

La deuxième plénière fut un véritable dialogue sur le pro bono et son développement dans différentes parties du monde avec les membres du Global Council dont András F. Tóth (Hongrie), Mamerito Ssenfuma (Ouganda), Mina Lopez-Lugo (Mexique) et Yan Peng (Chine) et autour d’une question : quel rôle des États dans ce développement ? Les échanges menés par Cristina Sancho Ferrán ont souligné qu’en fonction des pays les États n’avait pas le même rôle et que les intermédiaires n’avaient pas les mêmes attentes.

Après quelques sessions d’ateliers au choix pour les participants, les échanges de l’après-midi ont révélé l’impact positif du pro bono tant pour les sociétés que pour les individus. L’objectif des intermédiaires étant d’engager le plus d’individus possibles et donc de sociétés, Guadalupe de la Mata, entrepreneure et chercheuse, a rappelé qu’il était scientifiquement prouvé qu’être généreux augmentait le bien-être et qu’en conséquence, agir pour le bien commun rend plus heureux.   

Matthew Manos, en revenant sur son expérience à travers son entreprise sociale Verynice, qu’il a fondé et dont il est Directeur aujourd’hui, a expliqué qu’il y avait un préjugé énorme consistant à penser que seulement certaines entreprises ou certains individus pourraient avoir un impact social positif. Or cela est faux affirme Manos : tout le monde peut avoir un impact social, positif qui plus est. Il lui apparaît alors nécessaire de développer différentes formes d’engagement pour s’adapter aux individus et de mettre en place des méthodologies où l’humain est au cœur de la démarche !

Cette journée dense et intense s’est terminée sur un dernier temps d’échanges et un cocktail à l’Impact Hub, en plein cœur de Madrid. Une dernière discussion qui a mis en lumière l’importance de développer son réseau et sa communauté à travers le partage des savoirs.

Pro bono et leadership (Vendredi 5 octobre 2018)

Le dernier jour du Sommet s’est ouvert sur une conférence dynamique d’Élizabeth Schwan-Rosenwald, de la Taproot Foundation, autour du rôle du pro bono dans le développement du leadership des structures à finalité sociale. Autrement dit, le pro bono est un outil de développement des compétences pour ces structures, notamment de ce que l’on appelle les « soft skills » dont fait partie le leadership. Pour développer cette compétence qu’est le leadership, Elizabeth Schwan-Rosenwald souligne qu’il est primordial de donner la possibilité et l’opportunité à l’autre de faire et de ne pas avoir peur des risques. Et, parce qu’il renforce leurs compétences, le pro bono permet, en conséquence, de renforcer le secteur des structures à finalité sociale.

Des temps d’échange autour du Global Pro Bono Network et du rôle des entreprises ont été ensuite mis en place, puis le Sommet s’est conclu sur un cocktail déjeunatoire offrant la possibilité à chacun de pouvoir discuter de cet événement passionnant.

▷ Source : probonolab.org (octobre 2018)
▷ Auteur : pro-bono.co
▷ Crédit photo : Pro Bono Lab

Pro bono services changed who we were as a person and as a company.

Teresa Coles, Présidente Riggs Partners