Le mécénat de compétences, réservé aux grands groupes ? Sonia Lourenço, Directrice du Développement chez Pro Bono Lab nous prouve le contraire et livre ses conseils pour que chaque entreprise, à son échelle, puisse s’engager concrètement.

Les TPE/PME emploient généralement moins de 250 salariés, mais représentent plus de 90% du nombre total d’entreprises et la moitié du PIB mondial, pour 60-70% des emplois dans le monde*. C’est dire !

La raison d’être, quelle que soit la taille 

Acteurs économiques majeurs, mais pas que… Les TPE/PME, comme toute entreprise, sont aujourd’hui questionnées sur leur raison d’être.

Depuis l’adoption de la loi PACTE en avril dernier, l’entreprise n’est plus seulement définie par ses performances économiques, elle doit aussi prendre en compte son impact au niveau social et environnemental. Et pour celles qui souhaitent aller encore plus loin, la modification de leur statut permet de devenir des entreprises dites « à mission ». Cela concerne les entreprises de toutes tailles. 

Bien qu’il existe différentes formes d’engagement au service de l’intérêt général pour les entreprises, l’engagement pro bono, qui consiste à transmettre gratuitement ses compétences à des causes à impact social – et qui rassemble en France les dispositifs du bénévolat et du mécénat de compétences – constitue l’une des réponses les plus puissantes et vertueuses qu’une entreprise puisse adresser. Le premier capital qu’une entreprise puisse transmettre, ce sont bien les compétences de celles et ceux qui la composent.

Bien sûr, cette pratique est complémentaire aux leviers financiers de soutien, comme le mécénat financier, l’impact investing, l’open innovation sociale etc.

Le mécénat de compétences : une pratique à développer

Le mécénat de compétences représente  un intérêt particulier pour les TPE/PME qui ne disposent pas toujours de ressources financières suffisantes pour effectuer un don financier. Il est d’autant plus essentiel qu’il a une forte tendance à s’opérer au niveau territorial et qu’il est un atout pour le développement des actions locales. Pourtant, mettre un place des actions pro bono et plus spécifiquement un dispositif de mécénat de compétences au sein d’une TPE/PME peut s’avérer complexe et demande des aménagements spécifiques.

Quels leviers pour encourager le mécénat de compétences dans ces entreprises ?

  • Tout d’abord, faire la pédagogie et la promotion des récentes évolutions appliquées au mécénat de compétences, concernant le nouveau plancher de dépenses ouvrant droit à réduction d’impôt liée au mécénat. S’il ne s’agit presque jamais du premier levier de motivation d’une entreprise pour engager ses collaborateurs dans des actions pro bono, l’argument de la défiscalisation peut permettre de rassurer sur la faisabilité économique d’un tel projet. 
  • Ensuite et surtout, il faut créer ou favoriser le plus possible les dynamiques collectives entre TPE/PME qui pratiquent le mécénat de compétences, à l’échelle des territoires. D’ailleurs, on voit émerger de plus en plus de clubs de mécènes, de patrons de TPE/PME qui se rassemblent pour mettre en commun leurs moyens, la plupart du temps financiers, pour soutenir ensemble des projets à finalité sociale. Pourquoi ne pas créer/renforcer les mêmes dynamiques autour du mécénat de compétences – et les valoriser pour leur donner titre d’exemple ?

Pour aller plus loin : 

 

*https://www.un.org/fr/events/smallbusinessday/ 

▷ Auteure : Sonia Lourenço, Directrice du Développement chez Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co, juillet 2019