Ce mardi 28 mai, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire et Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’Économie sociale et solidaire, réunissaient plus d’une centaine de pionniers de l’engagement social et sociétal des entreprises pour lancer une grande « coalition d’entreprises engagées pour une révolution écologique et sociale ».

Après des mois de réflexion menée avec plus d’une centaine de pionniers de l’engagement social et sociétal des entreprises (acteurs de l’ESS, institutionnels, experts, universitaires, entreprises, etc.) et au lendemain d’une élection européenne qui aura révélé, plus que jamais, l’urgence d’une action forte et coordonnée en faveur de la cause écologique, le Gouvernement passe à la vitesse supérieure et incite les acteurs économiques français à relever collectivement le grand défi d’une « révolution écologique et sociale ». « Il est urgent que les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile se mobilisent ensemble pour cela ». Un message reçu cinq sur cinq par toute la communauté des « pionniers » réunie, encouragée à poursuivre ses efforts et à faire jouer toute sa force de prescription. Car oui, « le momentum actuel, la volonté d’action des acteurs économiques pour embarquer plus largement leurs pairs, l’attente d’une politique publique accélératrice de ce nouveau rôle de l’entreprise, et – plus que tout – l’urgence écologique et sociale, obligent à agir collectivement plus vite, plus fort ».

Du cadre législatif au passage à l’acte collectif ?

L’adoption de la loi PACTE avait déjà permis, en avril dernier, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable. Après avoir posé ce cadre inédit et ambitieux, à l’heure où nombreuses sont les entreprises de toutes tailles qui se rêvent « à mission » et s’organisent pour définir au plus vite leur propre « raison d’être », vient indéniablement le temps du passage à l’acte. « Agir vite pour répondre à l’urgence. S’engager collectivement (grandes entreprises, ETI, PME, TPE, start-up). Penser Globale la révolution écologique et sociale ». Face aux urgences qui menacent les équilibres de notre société, les ambitions sont désormais clairement posées.

Oui, l’entreprise est un acteur de l’intérêt général à part entière. Oui, le pouvoir des entreprises qui font le choix de s’engager collectivement, au-delà des clivages de la concurrence, autour d’un même référentiel que constituent notamment les ODD (Objectifs de Développement Durable), est immense. Oui, le pouvoir décuplé d’un collectif d’acteurs économiques génère un impact social d’une puissance rare. Au-delà d’une RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) normée et contrainte, les entreprises françaises disposent d’un très large panel d’investissements citoyens pour exprimer cet engagement de manière plus proactive. La France est en cela un véritable laboratoire d’innovation sociale. Le mécénat d’entreprise (porté en direct, par l’intermédiaire d’une fondation ou de tout autre véhicule), l’impact investing, l’open-innovation sociale, les JVS (Joint Venture Sociale), les contrats à impact social, le développement de produits « inclusifs »… Qu’ils consistent à mobiliser des financements, des compétences de collaborateurs ou des apports en nature, tous sont autant de leviers d’investissement pour incarner la vocation sociale des entreprises et leur permettre, à terme, d’exprimer leur « raison d’être ».

5 grands enjeux, 10% pour tout changer

Ainsi, comme toutes celles et ceux qui étaient réunis, nous saluons cette initiative du Gouvernement et encourageons, partout en France, ce passage à l’acte collectif. Dans la continuité des enjeux fixés par le Haut-commissaire, Christophe Itier – « passer d’une mobilisation de pionniers à une mobilisation générale », « soutenir le financement de l’économie à impact », « objectiver l’impact de l’engagement des entreprises », faire de « chaque activiste en entreprise un acteur du changement » et que les « territoires deviennent pleinement les échelons pertinents pour l’engagement des entreprises » -, Pro Bono Lab (spécialiste français de l’engagement par le partage de compétences – bénévolat/mécénat de compétences), intensifiera ses efforts et s’inscrira pleinement dans cette feuille de route. Pour que 10% des entreprises françaises aient aussi le pouvoir de « tout changer »… par la transmission des compétences de leurs salariés.

Nous sommes en effet convaincus que pour « tout changer », l’engagement pro bono, qui consiste pour des citoyens à transmettre gratuitement leurs compétences à des causes à impact social – et qui rassemble en France les dispositifs du bénévolat et du mécénat de compétences – constitue l’une des réponses les plus puissantes et vertueuses. Une réponse complémentaire aux autres leviers financiers. Car le premier capital qu’une entreprise puisse transmettre, sa première ressource, c’est bien la combinaison des compétences des hommes et des femmes qui la compose. Car il n’y a rien de plus structurant pour une association que d’être accompagnée directement par des talents issus du monde de l’entreprise. Et car la meilleure manière d’exprimer ou de partager sa « raison d’être », c’est de permettre à chaque collaborateur de pouvoir être pleinement acteur de cette citoyenneté, de pouvoir s’engager et s’inscrire pleinement dans ce nouveau projet de société. De pouvoir prendre part à cette inévitable « révolution écologique et sociale ».

Pro Bono Lab :

Pro Bono Lab est le spécialiste de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences). Partout en France, comme dans 30 autres pays du monde via le Global Pro Bono Network, nous portons cette conviction que « toute compétence est un bien public », celle-là même qui dès 2011 avait motivé la création de l’association par nos cofondateurs.

Nous permettons aux grandes causes sociétales de se développer durablement en réunissant pour chacune d’entre elles, les compétences que des femmes et des hommes engagés sont en capacité de leur offrir gratuitement, en pro bono.

Notre ambition ? Que chacune de ces causes ait accès aux compétences dont elle a besoin pour se réaliser et puisse générer le plus vaste impact social.

▷ Auteurs : Sylvain Reymond directeur général de Pro Bono Lab, et Marie Jouhault, directrice de la Prospective et des Partenariats de Pro Bono Lab
▷ Source : pro-bono.co (29 mai 2019)
▷ Contact presse : Nina DANETnina@probonolab.org / 06.64.09.43.53