Face aux grands défis sociaux et sociétaux auxquels nous sommes toutes et tous confrontés, le pro bono constitue à la fois un moyen, une solution et une finalité. Le moyen de rétablir le dialogue entre les différentes parties prenantes d’une société de plus en plus fragmentée et de (re)construire des « communs », au-delà des clivages, autour de causes fédératrices et du développement des structures à finalité sociale qui les portent. Une solution concrète de mobilisation collective, par la confrontation des compétences, autour des Objectifs de Développement Durables qui donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Enfin, une finalité pour celles et ceux qui, à titre personnel ou professionnel, cherchent une place dans notre société, veulent redonner du sens à leur travail, souhaitent conforter ou développer de nouvelles compétences ou tout simplement se rendre « utile aux autres ».

Cette nouvelle édition du Panorama du pro bono conforte les convictions et confirme pleinement les intuitions que nous avions au contact des volontaires, structures à finalité sociale et entreprises que nous accompagnons au quotidien. Le pro bono est l’engagement citoyen le plus riche et vertueux pour chaque volontaire qui s’en empare parce qu’il exige de donner profondément de soi, de se remettre en cause et à la cause. Cet engagement n’est pas assez connu et reconnu alors même que 6 français sur 10 s’engagent déjà par le partage de compétence ou souhaitent pouvoir le faire demain. Pro Bono Lab, dans la continuité de la campagne toutecompetenceestunbienpublic.org, avec ses partenaires institutionnels, va intensifier, dès 2019, ses efforts de communication afin de sensibiliser le grand public à l’importance et aux vertus de cet engagement. Le pro bono, c’est aussi et surtout, plus qu’une alternative, un nouveau levier de développement extrêmement structurant pour les organisations à finalité sociale qui s’en emparent. 82% d’entre elles disent avoir des besoins en compétences. Et celles qui ont accès à ces accompagnements le recommandent et en redemandent. Problème : l’accès à ces compétences reste complexe et les accompagnements ne permettent pas de répondre à l’ensemble de leurs besoins. Le rôle des intermédiaires du pro bono et celui des acteurs de l’accompagnement en France est, de fait, de plus en plus essentiel, reconnu en tant que tel par les volontaires comme par les structures accompagnées. Pouvoirs publics et entreprises doivent pleinement le reconnaître et miser sur ces acteurs pour démultiplier l’impact du pro bono.

Enfin, nous sommes convaincus que les entreprises de toutes tailles ont un véritable rôle à jouer dans la démocratisation de cette pratique, or seulement 20% des entreprises mécènes permettent à leurs salariés de mettre leurs compétences au service de l’intérêt général à ce jour. Transmettre les compétences de leurs collaborateurs à des structures qui font le bien public, n’est-ce pas pour elles, la première des « raisons d’être ». Cette étude démontre que leurs « actifs » sont en demande, qu’ils sont prêts à s’engager (61% le souhaitent) par le partage de compétences. En réponse à des enjeux micros, elle confirme que l’engagement pro bono est un formidable outil de formation et de développement des ressources humaines. Surtout et en réponse à des enjeux de société plus macros, elle donne des orientations qui leur permettront de construire des dispositifs plus adaptés et plus ambitieux, pour elles comme pour les structures à finalité sociale qu’elles accompagnent dans ce cadre. Le meilleur investissement qui soit pour avoir un impact direct et fort au sein de son écosystème, c’est ainsi d’investir directement son écosystème, en confiant à ses collaborateurs la responsabilité de trouver, par le partage de compétences, les solutions les plus efficaces et immédiates. Là est la première mission sociale et sociétale de toute entreprise engagée.

▷ Source : pro-bono.co (04 avril 2019)
▷ Auteur : Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab